PLEION SA - Gestion De Fortune

Un hub romand de la prévoyance voit le jour

A l’initiative de la banque Gonet, une nouvelle plateforme de prévoyance est lancée. Celle-ci intègre deux nouvelles fondations. Mirabaud, ainsi que Plurigestion rejoignent le mouvement

La prévoyance traverse une profonde mutation sous l’effet de la mobilité professionnelle, de la diversité des employeurs, du versement anticipé de l’épargne de la prévoyance et, bien sûr, de l’échec de la réforme Berset. Du côté des entreprises, la tendance est à la réduction du risque (de-risking) et, au sein des assureurs, à une concentration de l’offre, ainsi qu’en témoigne la sortie d’Axa Winterthur des solutions d’assurance complète.

C’est le moment choisi par la banque genevoise Gonet & Cie pour communiquer la création d’une nouvelle plateforme de prévoyance en Suisse romande. L’idée consiste à proposer la création de deux fondations qui, par l’ouverture de leur structure, pourraient provoquer «un regroupement des forces et potentiellement l’établissement d’un hub romand de la prévoyance», indique Alexandre Michellod, président des deux nouvelles fondations et ancien responsable de la prévoyance auprès du groupe Edmond de Rothschild, à Genève. «Les assurés aspirent aujourd’hui à intervenir activement dans la gestion de leur épargne de prévoyance, alors qu’une pression générale se fait à la baisse, au sein des caisses de pension, sur le taux d’escompte permettant de calculer les capitaux de prévoyance et les provisions techniques», explique ce dernier.

Une initiative genevoise
L’initiative genevoise se concrétise par la création de la Fondation romande en faveur de la prévoyance individuelle (FRPI) et de la Fondation Lemania de libre passage (FLLP) et par le rapprochement de celles-ci avec la Fondation pour cadres et dirigeants d’entreprises (FCDE), créée en 2004 par Mirabaud. La FCDE est une fondation collective surobligatoire qui propose des plans de prévoyance 1e (nommés «bel étage»). Un plan 1e permet aux assurés d’influencer leur stratégie de placement, à condition d’avoir un salaire supérieur à 126 900 francs (soit 1,5 fois le salaire maximum LPP).

Les fondations FRPI et FLLP seront gérées par une même direction administrative et commerciale, basée à Genève. Chargé de leur communication, Laurent Pittet en est un des administrateurs.

 

Ouvert à d’autres partenaires

Dans un premier temps, cette nouvelle plateforme se veut régionale. Jusqu’à maintenant, les solutions de prévoyance offertes à un Romand qui veut gérer activement son capital sont généralement alémaniques, à l’image de Liberty ou PensExpert. «La proximité est l’une de nos valeurs cardinales. Elle fait la différence en termes de confiance et de niveau de service», souligne Alexandre Michellod.

 

Architecture ouverte

Les banques privées genevoises Gonet et Mirabaud sont impliquées dans la gestion de fortune comme prestataires mais pas de façon exclusive, la plateforme privilégiant les placements de fortune en architecture ouverte.

C’est dans ce contexte que le gérant indépendant Plurigestion, un leader de la branche en Suisse romande, a également joint la plateforme fonctionnant comme un véritable hub de gestion de fortune. «D’autres partenaires devraient prochainement rejoindre les deux instituts, attirés par l’idée d’un rassemblement des forces romandes et une réponse aux besoins du marché», avance Alexandre Michellod. Les initiants ne tiennent pas à préciser les branches dans lesquelles opèrent les potentiels nouveaux membres de cette plateforme.

«Ce schéma s’inscrit dans une vision qui intègre les nouveaux enjeux de la prévoyance et donne une vraie liberté de choix au client», déclare Nicolas Gonet, directeur général de Gonet & Cie.

 

«L’objectif est de dépasser le milliard de francs d’actifs»

Alexandre Michellod, président de la FRPI et de la FLLP, explique l’intérêt pour les assurés de la création d’un hub romand et ses objectifs à terme.

 

A quel besoin répond le lancement d’un hub romand de la prévoyance?

Ces dernières années aucune initiative n’a été prise depuis la Suisse romande pour la mise en place d’un tel hub réunissant véritablement la diversité des prestataires de prévoyance issus de la région lémanique. Le momentum est désormais tout à fait unique dans le contexte conjoncturel actuel des taux bas et de l’incertitude relative au «dossier» du 2e pilier. Les défenseurs du financement par la capitalisation des prestations issues de la prévoyance professionnelle doivent désormais assumer leur conviction en proposant des solutions concrètes pour la prévoyance professionnelle (libre passage), surobligatoire (1e) et individuelle (3a).

 

Quel est l’intérêt pour les assurés d’assister à un regroupement des trois fondations citées plus haut?

Il y a clairement un besoin de proximité et d’un concept de «one stop shop» exprimé maintes fois par les professionnels du 2e pilier. Le regroupement des trois fondations va être doublement bénéficiaire pour les assurés. Au plan tout d’abord de la tarification de la gestion de fortune, nettement moindre, grâce à des tarifs très compétitifs provoqués par l’émulation de la concurrence entre les prestataires de gestion de fortune agréés OPP2 du hub; au niveau ensuite du client facing et du suivi personnalisé des asset managers des fondations désirant pouvoir interagir avec les assurés de celles-ci.

 

Est-ce que la création de ce hub traduit la volonté de de-risking de plus en plus d’institutions?

Non, pas forcément, seule une fondation 1e (la FCDE) active dans le régime surobligatoire est à même de proposer des solutions de de-risking. La mobilité, la diversité des employeurs ou encore une certaine forme de précarité des emplois des travailleurs seniors du secteur tertiaire sont des incitations, pour les prestataires dans le domaine de la prévoyance, pour intégrer dans leurs propositions des solutions en matière de libre passage ou de prévoyance individuelle devenues incontournables suite à l’échec du projet Prévoyance vieillesse 2020. C’est à ce titre et dans cette perspective que les fondations de libre passage FLLP et de prévoyance individuelle FRPI intègrent ce premier hub romand.

 

Quelle taille devrait atteindre ce hub dans trois ans?

Nous avons clairement l’ambition de devenir la plateforme leader en la matière sur le marché romand avec la volonté de pouvoir à moyen terme occuper une place de choix au niveau national. Dans ce contexte, il convient de pouvoir nous assurer très rapidement d’une assise financière importante. A l’horizon 2026, au plus tard, notre objectif est de réunir sous le contrôle et la supervision de la plateforme plus d’un milliard de francs d’actifs, toutes fondations confondues. Pour ce faire, ce nouveau hub devrait pouvoir regrouper sous lui une dizaine de structures, une taille qui nous paraît idéale. D’autres rapprochements sont en cours de négociations. Ils devraient faire l’objet d’une annonce cet automne et, si tout se déroule comme escompté, la plateforme pourra ainsi véritablement décoller et trouver son rythme de croisière.