PLEION SA - Gestion De Fortune

Stratégie d’investissement – septembre 2018

Macroéconomie

Vision et proactivité

Le cycle conjoncturel américain a été particulièrement soutenu récemment. La croissance et l’inflation dépassent largement les autres pays développés. Les États-Unis ne flirtent plus avec la déflation, considérée à juste titre comme le pire mal pour une société démocratique. Certes, une partie de l’élan est dû au spectaculaire paquet fiscal de Trump. Il n’empêche… les États-Unis sont la seule économie à avoir émergé de la Grande crise financière (2008-2009) avec des secteurs financiers et privés en bonne santé, dont la compétitivité et la rentabilité dépassent clairement celles de leurs homologues internationaux.

Ce succès est largement dû à la Fed, qui a opté pour une approche visionnaire de la politique monétaire au cours de la dernière décennie, à savoir la répression financière. En bref, il s’est agi d’imposer des taux d’intérêt réels négatifs afin de rétablir la santé des banques et de fournir un financement bon marché aux entreprises et au gouvernement. La banque centrale américaine s’est engagée hardiment et en pionnier dans cette politique monétaire non-conventionnelle. Depuis ces deux dernières années, elle tente d’en sortir progressivement. D’autres banques centrales du G20 ont suivi la Fed, mollement et avec un retard important, notamment la BCE. La plupart des pays émergents se sont abstenus de le faire.

Les États-Unis sont en plein essor, tandis que les autres pays du G20 continuent d’accumuler du retard

Les risques commerciaux demeurent

Les tensions commerciales devraient s’atténuer avec le temps, à mesure que les dommages causés par l’escalade des tensions commerciales deviendront visibles pour la Maison-Blanche. En dépit de l’affirmation du président Trump selon laquelle il est favorable au libre-échange, il semble avoir l’esprit protectionniste et considère clairement les relations commerciales en termes de gagnants et de perdants. Compte tenu de cette vision perverse sur le commerce, les risques d’une guerre commerciale préjudiciable ne sont pas aussi bas qu’ils devraient l’être. Les récents développements géopolitiques et les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, ainsi que les négociations en cours entre les États-Unis et le Canada concernant la refonte de l’ALENA resteront les principaux moteurs.
Stratégie

Les craintes d’une rupture du cycle économique sont fondées

Trump veut une croissance – débridée – à n’importe quel prix. Il a imposé à son gouvernement de baser sa politique sur des prévisions de croissance durable de plus de 3% au cours des prochaines années. D’une certaine manière, il poursuit les mêmes objectifs cycliques (et électoraux) que Burns, avec 2020 en point de mire. Mais, jusqu’à présent, il n’a absolument pas utilisé de moyens d’action similaires. Certes, l’accélération de l’expansion est bien avancée en 2018, mais essentiellement grâce à l’hyperstimulation fiscale.

Ce processus, très tardif dans le cycle, pourrait bien interrompre la « grande modération » – en place depuis une décennie – voire provoquer la fin du cycle économique. Dans un tel scénario, une phase temporaire d’« irritation » de l’inflation ne serait pas comparable à l’hyperinflation de 70/80.

Probabilité de récession pour l’économie américaine

Source : modèle Guggenheim

Sous Burns (Conseiller spécial du Président Nixon et Président de la Fed de 1970 à 1978), il a fallu quelques années de politique laxiste pour générer une inflation galopante.

Les forces structurelles vont contenir l’inflation américaine.

L’administration américaine cherche plutôt à : a) tracer une ligne rouge à Powell, et b) désigner un bouc émissaire commode, avant le ralentissement inévitable de la croissance en 2019.

Trump ne représente pas un danger pour l’indépendance de la Fed. Il est prématuré de dénoncer son intrusion dans la politique monétaire

La politique économique actuelle augmente les chances d’une rupture du cycle économique Les taux du Trésor américain et le USD ne seront pas impactés par ces « péripéties », du moins en 2018

 

En 2018, peu d’actifs sont positifs

En résumé, si les investisseurs n’ont pas investi de manière significative dans certaines actions américaines ou dans les titres américains à haut rendement, ils sont probablement en territoire négatif depuis le début de l’année. Même une vision positive sur le pétrole était difficile à transformer en gains en capital, car les actifs connexes (actions pétrolières) sont toujours en souffrance.

La faute en incomberait notamment aux véhicules d’investissement passif, aux fonds quantitatifs et aux algorithmes. C’était en fait même un sujet du conclave annuel des banquiers centraux (Jackson Hole). Toute la question concerne les liquidités, qui pourraient de facto disparaître si les gestionnaires des ETF étaient obligés de vendre en période de crise. Les investissements passifs sont accusés d’ignorer les fondamentaux, de favoriser l’instinct grégaire et de provoquer des risques systémiques… Selon JPM, seuls environ 10% des investissements en actions américaines sont désormais réalisés par des investisseurs discrétionnaires traditionnels. Ce n’est pas nouveau. Il s’agit probablement d’un ¨tail risk¨ à prendre en compte dans la construction de portefeuille, en investissant une partie importante en cash, en obligations souveraines US, en or et en véhicules activement gérés…

L’éclatant USD a dévasté les marchés émergents, qui dépendent potentiellement du financement américain et du niveau des taux d’intérêt. Le risque politique / guerre commerciale a également joué un rôle dans le découragement des investisseurs. Au-delà de la surface (c’est-à-dire au-delà des pressions très fortes sur TRY et RUB), les sorties de capitaux ont également concerné les marchés d’actions d’Asie du Sud-Est, où les droits de douane de Trump pourraient éventuellement peser sur les échanges. Tout cela semble exagéré.

Les obligations longues américaines offrent toujours une bonne diversification. Mais un changement structurel de régime est possible à l’approche de 2019

Cela créerait de graves tensions sur les marchés Une fenêtre d’opportunité s’ouvre pour les actifs émergents

 

Surpondération

Neutre

  • Liquidité
  • Investissement alternatifs
  • Actions

Sous-pondération

  • Obligations

 

Devises

Les développements locaux sont les principaux moteurs pour l’instant

L’USD continue de s’apprécier dans l’ensemble alors que les marchés se focalisent sur des conflits commerciaux potentiels avec la Chine, l’UE et le Canada et que les pressions sur les devises émergentes demeurent une préoccupation essentielle pour les investisseurs.

L’euro reste sous pression après le rejet des 1,17. L’USD progresse par défaut dans une certaine mesure, mais les tensions commerciales entre les États-Unis et l’UE demeurent une préoccupation évidente pour les investisseurs après que l’offre de l’UE sur des droits douaniers nuls sur le commerce des produits industriels avec les États-Unis ait été repoussée par la Maison Blanche. Fitch a revu à la baisse les perspectives de long terme de l’Italie et actualisera sa notation à la mi-octobre. Les pressions extérieures pourraient inciter le gouvernement italien à présenter un budget en conformité avec les règles de l’UE.

Les événements en Italie et en Turquie ont joué leur rôle dans le rebond du CHF, tout comme la menace de nouvelles sanctions sur la Russie. La Banque nationale suisse a déclaré que sa politique de taux négatifs et d’intervention sur le marché des changes est toujours opérationnelle. L’EUR/CHF est proche des 1.1250, son niveau d’août 2017, niveau auquel la BNS a commencé à intervenir et pourrait le faire de nouveau.

Barnier, le négociateur de l’UE sur le Brexit, a « sauvé » (selon les mots d’un journaliste) le plan de Brexit de Theresa May des attaques de son ex-ministre des Affaires étrangères, Johnson, qui la critiquait pour sa position de négociation. Il est difficile de voir vers quelle position May va adopter; sa base pour négocier le Brexit avec l’UE est faible face à Bruxelles et inacceptable pour une grande partie de son propre parti.

Comme prévu, la RBA a maintenu son taux de référence à un niveau record de 1,5%. La déclaration n’a pas beaucoup changé. La banque centrale demeure positive sur l’environnement économique et prévoit une croissance légèrement supérieur à 3% en 2018 et 2019. De même, l’institution s’inquiète des perspectives de consommation des ménages, le revenu des ménages augmentant lentement tandis que le stock de dette est élevé. Sur le front de l’inflation, le gouverneur Lowe a maintenu sa prévision de 1,75% pour 2018.

L’USD/CNY a connu une période de volatilité et a atteint un pic à 6,9376, la tension commerciale s’étant poursuivie et la divergence de politique monétaire entre les États-Unis et la Chine devenant plus évidente. La reprise des négociations commerciales n’a produit aucun résultat. La vigueur de l’économie américaine a encouragé l’administration Trump à poursuivre sur la même voie, à un moment où les récents indicateurs avancés et les données d’activité en juillet montrent un ralentissement de l’économie chinoise. Les autorités chinoises, après avoir laissé le yuan s’affaiblir en réponse aux Etats-Unis, ont maintenant indiqué qu’elles ne souhaitaient pas laisser la monnaie passer au-delà du niveau des 6,95–7,00 atteint la fin de 2016. La réintroduction d’une marge de 20% sur les transactions à terme, soutient un yuan plus fort.
Surpondération

  • USD

Neutre

  • EUR, CHF
  • AUD, CAD, EMFX

Sous-ponderation

    • GBP, JPY

     

    Obligations

    Les banques centrales à la manœuvre

    La Fed considère toujours sa politique monétaire comme accommodante et compte poursuivre ses hausses de taux progressivement. Cela correspond à une hausse de 25 pbs par trimestre. En effet, la dynamique reste forte avec une croissance économique de 4,2% au T2 2018. Les réductions d’impôts soutiennent les dépenses de consommation et la rentabilité des entreprises américaines. L’inflation globale pourrait avoir atteint un pic transitoire, mais l’inflation de base devrait continuer à progresser. Par conséquent, nous prévoyons des hausses en septembre et en décembre. Nous anticipons un léger resserrement de la politique en 2019 – seulement deux hausses de taux. L’activité économique devrait ralentir en 2019, les effets décalés du resserrement monétaire et du renforcement de l’USD agissant comme un frein alors que le soutien budgétaire et les mesures de relance disparaîtront progressivement. Le protectionnisme commercial pourrait également peser de plus en plus sur le sentiment et les dépenses, de sorte que les craintes d’inflation devraient se résorber progressivement.

    Grâce à l’annonce en juin d’une réduction anticipée de son programme d’achat mensuel à 15 milliards dès septembre et avec un terme en fin d’année, la BCE s’est mise sur pilote automatique. En fait, tant qu’il n’y a pas de véritables accidents économique ou d’évolution de l’inflation, la BCE peut rester détendue. Même si les hausses de salaires dans plusieurs pays ne se sont pas encore traduites dans l’inflation sous jacente et que les tensions commerciales ou le budget italien risquent d’accroître l’incertitude, la reprise sousjacente de la zone euro devrait conforter la BCE. Avec la fin du QE en vue, le marché se focalisera sur le moment de la première hausse des taux. Le président de la BCE a été très clair: les taux d’intérêt resteront inchangés au moins jusqu’à l’été 2019.

    La Banque du Japon continue de se rapprocher de la fin de son QE tout en prétendant qu’elle fait exactement le contraire. La dernière décision de la BoJ en juillet comportait un modeste ajustement de son discours tout en assouplissant son objectif sur les taux gouvernementaux japonais. Les taux à 10 ans sont restés au-dessus de zéro depuis plusieurs semaines et 0,1% est devenu la nouvelle cible de facto. Le forward guidance reste contenu. Parallèlement à un léger assouplissement de l’engagement de la BoJ à maintenir les taux proches de zéro, le bilan global de juillet était en fait légèrement plus belliciste. Il serait préférable pour eux de faire preuve de clarté et d’admettre que l’assouplissement quantitatif se poursuit à un rythme moins soutenu qu’auparavant, et qui devra inévitablement être interrompu à un moment donné. En passant, cela serait beaucoup plus facile d’atteindre leur objectif d’inflation de 2%.

    La BNS maintiendra sa politique monétaire ultraaccommodante. Lors de sa réunion de juin, la BNS a maintenu ses principaux taux directeurs inchangés en territoire négatif. La BNS a également réitéré sa volonté d’intervenir au besoin sur le marché des changes. Compte tenu de l’ouverture de l’économie suisse et de sa dépendance à l’UE pour le commerce, le pire cauchemar de la BNS est une appréciation trop forte du CHF. La BNS estime que le franc est « trop cher » et qu’il est toujours considéré comme un actif refuge par les investisseurs. En effet, lorsque les risques mondiaux augmentent, le CHF s’apprécie considérablement, en particulier face à l’euro. La crise turque a clairement illustré cette tendance. Par conséquent, nous n’attendons rien de nouveau de la part de la BNS lors de sa réunion de septembre, en dehors de l’importance accordée au franc. Nous ne prévoyons pas de hausse des taux avant que la BCE ne débute son propre cycle de hausse de taux. Étant donné que la BCE ne devrait pas commencer avant l’été 2019, la BNS ne devrait pas les relever avant décembre 2019.

    Au cours des deux dernières années, nous avons assisté à un aplatissement prononcé de la courbe des taux américains, où le différentiel entre les taux américains à 10 ans et 2 ans est passé de 125 pbs au début de 2017 à environ 20 pbs actuellement. Il est bien connu, tant par les universitaires que les marchés financiers, qu’une inversion de la courbe des taux ces 50 dernières années a permis d’anticiper les récessions un à deux ans à l’avance. Par conséquent, l’inversion elle-même peut influer sur la manière dont le marché évalue les attentes de Fed Funds et, en fin de compte, sur la politique monétaire réelle. Si la courbe s’inversait, la Fed serait probablement plus réticente à relever ses taux.

    Nous ne prévoyons pas une inversion de la courbe des taux avant la fin de l’année. En outre, nous continuons de penser que les taux des bons du Trésor à 10 ans ne dépasseront pas le niveau des 3% -3,25% ces 12 prochains mois. La courbe sera très plate et nous devrions nous attendre à une discussion animée pour savoir s’il s’agit d’un signal indiquant que la nouvelle récession américaine se rapproche ou non. Les taux souverains européen et suisse resteront bas et dans les mêmes zones que ces 12 derniers mois.

    Le crédit sous différentes pressions

    Les spreads US High Yield (HY) sont restés très stables même dans la récente période de volatilité. Le différentiel avec le crédit Investissement Grade (IG), 250 pbs, représente moins de la moitié de ce qu’il était voilà 10 ans. Sur cette seule mesure, le US HY parait cher, de sorte que les investisseurs devraient privilégier le crédit IG. Cependant, comme nous l’avons exprimé à maintes reprises, le marché du crédit a muté et sa qualité s’est dégradée. Le segment BBB représente désormais plus de 45% du marché, contre moins de 35% il y a 10 ans, tandis que le CCC est passé de 16% à 12%.

    En plus d’avoir un risque de duration et de crédit plus important qu’il y a 10 ans, le crédit IG devra faire face à une période de refinancement compliquée. La dette a fortement augmenté ces 10 dernières années, les entreprises profitant de taux de refinancement extrêmement bas. L’an dernier, les sociétés américaines IG ont émis plus de 1 400 milliards d’obligations contre 850 dans le creux de 2010-2011 et de 1 100 en 2009 après la crise financière. Dans le même temps, les émissions HY sont restées stables autour de 350 milliards, pénalisées par la crise de la dette, l’effondrement des prix du pétrole et le stress des entreprises de 2014-2015. Le marché du crédit est devenu plus homogène.

    Les tensions financières persistantes sur les marchés émergents, les tensions commerciales croissantes et le réajustement du marché du crédit chinois, en raison de défauts plus élevés, ont entraîné un important élargissement du spread EM HY. Il dépasse les 525 pbs contre le Trésor américain, soit un élargissement de 170 pbs depuis avril 2018.
    Surpondération

    • US Treasury
    • High Yield, Hybrid/Sub,

    Neutre

    • Investment Grade,
    • Emergents devises fortes

    Sous-pondération

    • Bund Allemand, Inflation
    • Périphérie, Emergents en monnaies locales

     

    Actions

    Le gagnant est … les Etats-Unis

    L’année 2018 est clairement l’année des Etats-Unis avec des records battus tant sur les niveaux que sur la longévité pour le S&P 500, le Nasdaq et le Russell 2000. Sauf pour le Dow Jones Industrial (à fin août), mais qui en est très proche, en raison de l’absence d’Amazon dans l’indice, Amazon ayant contribué pour plus 30% de la performance du S&P 500 en 2018 ! La performance positive du S&P 500 est principalement due à 8 valeurs : Amazon, Microsoft, Alphabet, Apple, Netflix, Mastercard et Visa. Certains investisseurs considèrent la fin du bull market US en raison de son âge (10 ans) et des niveaux historiques battus, un raccourci facile puisque les 2 paramètres dominants et incontestés qui expliquent l’évolution des indices boursiers – les anticipations de croissance des profits et les évaluations boursières – restent favorables aux actions.

    Le bull market séculaire reste valide

    Aux Etats-Unis, la hausse des profits a été exceptionnelle avec +24% au 1er semestre, soutenue par la réforme fiscale (diminution du taux d’imposition de 35% à 21%), qui prévoit $1’500 milliards d’allégements fiscaux pour les particuliers et les entreprises, et un programme d’assouplissement des contraintes administratives. La réforme fiscale s’est également traduite par une accélération des programmes de rachats d’actions, estimés à $850 milliards en 2018, et une hausse substantielle des dividendes. Malgré une hausse de 4.2% du PIB US au 2ème trimestre et du pétrole, l’inflation reste contenue et le taux US 10 ans en-dessous des 3%, justifiant les évaluations boursières actuelles. Nous ne percevons pas une situation de bulle. A 12 mois, un environnement d’inflation basse et de hausse des profits restera favorable aux actions.

    On pourrait observer en 2019, une récession de la croissance, c’est-à-dire non pas une contraction des profits, mais une hausse plus modérée. Grâce à la réforme fiscale, les profits US ont grimpé de 24% au 1er semestre 2018 et sont attendus en hausse de 20% au 2ème semestre. Les analystes tablent sur +10% en 2019 et en 2020.

    Un des principes de Finance 101 (le fameux cours enseignant les 10 principes de base de gestion des finances des ménages américains) : si les profits des sociétés montent, les actions montent, si les profits baissent, les actions baissent. Simple.

    Une autre question revient souvent : est-ce que la bourse américaine va chuter si Donald Trump est destitué ? La réponse est non. Trump est un maître dans le show et la communication, en essayant de convaincre les Américains que les Etats-Unis court à sa perte sans lui, mais les bons fondamentaux économiques vont rester. Mike Pence garderait les 2 mesures fortes de Donald Trump, la réforme fiscale et le programme d’allégement des contraintes administratives. Et il devrait calmer le jeu dans la guerre commerciale, sans rien lâcher dans les domaines de la technologie et de la sécurité nationale.

    Pas de bull market séculaire pour les autres places boursières

    On parle beaucoup des Etats-Unis, car 1) les performances économiques et boursières sont exceptionnelles, 2) les actions américaines comptent pour 65% du MSCI Monde et 3) il n’y a pas (ou peu) de sociétés équivalentes dans le monde à celles dans la technologie/ nouvelle économie.

    Les indices européens ne sont pas dans cette configuration, et les parcours sont très hétérogènes. Depuis mars 2009, début du bull market US (+331% pour le S&P 500 et +540% pour le Nasdaq), les indices européens ont enregistré 2 bear markets, en 2011 et en 2015, avec des corrections entre 25% et 30%. Depuis le 9 mars 2009, le DAX a enregistré une performance de 240%, alors que le CAC 40 a progressé de 117%, le FTSEMIB de 64% et l’IBEX de 39%.

    La bourse américaine est mieux protégée des chocs extérieurs et le secteur bancaire US a été renforcé durant la crise financières, alors qu’en Europe, le nationalisme bancaire a résisté, la gouvernance n’a pas évolué, les crises grecques et chypriotes ont pesé, le secteur bancaire italien est resté fragile, l’invasion russe en Ukraine et les sanctions internationales contre la Russie ont affecté certains secteurs d’exportation, l’immigration s’est traduite l’émergence du populisme (Italie, Pologne, Hongrie), les sanctions US contre l’Iran ont obligé les entreprises européennes de sortir d’un marché iranien prometteur et la crise turque touche les banques espagnoles, françaises et italiennes. Dans la guerre commerciale engagée par Donald Trump, l’Europe est le maillon faible, car elle n’est pas organisée pour riposter d’une seule voix. Oups, on oubliait le Brexit. Sans fin ! Et dans les prochaines semaines, les sources d’inquiétude ne manquent pas : négociations sur le budget italien, élection en Bavière en octobre, élections européennes.

    Le Nikkei a enregistré une performance égale à celle de l’Euro Stoxx en 2018. Mais les problèmes ne sont pas les mêmes. Le Japon a évolué dans une zone de « guerre » entre la Corée du Nord et les US, puis le conflit commercial entre les US et la Chine. Ces derniers mois, le yen s’est apprécié de 8% vis-à-vis du renminbi. Les évaluations boursières (PER) sont logiquement plus élevées aux Etats-Unis, un peu moins au Japon et attrayantes en Europe. Mais si on les ajuste à la croissance des profits (PEG ratio), le résultat est différent avec les Etats-Unis bien positionnés. La comparaison avec la hausse des actions en 1999-2000 est un non-sens : les évaluations boursières sont moins élevées, les sociétés engrangent des profits de qualité et les bilans regorgent de liquidités.

    Répercussions douloureuses sur les actifs émergents de la baisse de la liquidité

    L’Argentine, le Venezuela, la Turquie sont en crise. Le real brésilien traduit l’inquiétude des élections d’octobre. La roupie indienne chute et les chiffres macro chinois déçoivent. Les profits des sociétés européennes exposées aux marchés émergents et chinois en particulier, ont été inférieurs aux attentes.

    Les bourses émergentes sont vulnérables aux retraits des liquidités par les banques centrales, alors que les bourses des pays développés sont plus résilientes. Le retrait des liquidités n’est pas le seul facteur, même si il est dominant. Il y a aussi la hausse du dollar, le ralentissement économique chinois et la hausse du pétrole qui pèse sur les économies les plus vulnérables et les pays importateurs de pétrole comme l’Inde. La Chine est aussi en train de réduire son endettement global, se traduisant par moins de liquidités.

    Surpondération

    • Europe, Suisse, Japon, Emergents
    • Petites/moyennes capitalisations, Value
    • Discrétionnaire, Financières, Santé

    Neutre

    • US
    • Chine
    • Grandes capitalisations
    • Croissance
    • Consommation de base, Industrie, Energie,
    • Technologie, Matériaux

    Sous-pondération

    • UK
    • Télécoms, Services aux collectivités

     

    Investissements Alternatifs

    L’or, un des actifs les moins performants en 2018

    On pensait que l’or allait surperformer en 2018 avec la guerre commerciale, une possible guerre monétaire, la géopolitique, la débâcle des actifs émergents. Le cours de l’once d’or a reculé de 8% en 2018.

    Historiquement, le cours de l’or évolue avec une corrélation négative avec le dollar et les taux d’intérêt réels US. Le dollar s’est apprécié en 2018, expliquant en partie la baisse du cours de l’or. Par contre, depuis début 2017, la relation entre le cours de l’or et les taux d’intérêt réels US a changé : il n’est plus aussi évident de voir le cours de l’or monter lorsque les taux d’intérêt réels baissent, et vice-versa. D’abord, un point important pour comprendre la suite : 60% de la demande d’or – hors banques centrales – viennent de la Chine et de l’Inde.

    Pourquoi l’or performe mal ?

    1) La démonétisation en Inde, pour bancariser l’économie indienne, rend l’or moins intéressant pour les ménages. Le gouvernement indien veut que les ménages arrêtent de thésauriser leur épargne avec de l’or parqué à la maison.

    2) Les cryptomonnaies, dont les premiers utilisateurs sont les Asiatiques, et Chinois en tête, sont une alternative à l’or.

    3) Il y a quelques années, l’or était une substitution aux banques en Chine et en Inde. Plus maintenant.

    4) Les nouvelles technologies et le e-commerce se traduisent par moins de cash dans le monde, un processus plus rapide en Asie.

    5) La Corée du Sud va supprimer les pièces de monnaie en 2020.

    La réduction des billets et pièces de monnaies dans le monde, en particulier en Asie, va se traduire par moins d’achat d’or en physique par les ménages asiatiques.

    Pétrole, les risques sur l’offre persistent

    Fin 2016, l’OPEP, en fait l’Arabie saoudite, et la Russie avaient réussi à s’entendre pour limiter la production et ainsi faire remonter les cours du baril de Brent qui avait chuté en-dessous des $30 début 2016.

    Cela a fonctionné, puisque le Brent se situe à $77 le baril aujourd’hui. Il y a quelques mois, l’OPEP et la Russie ont décidé d’assouplir cet accord dans l’unique but d’empêcher le pétrole de franchir les $80, un niveau qui pourrait affecter la demande des pays consommateurs et la croissance économique globale.

    Aujourd’hui, la demande reste soutenue, alors que l’offre reste à risque :

    Les sanctions US sur les exportations iraniennes entrent en vigueur le 4 novembre.

    Les problèmes persistent au Venezuela, en Angola, en Algérie, en Irak.

    Depuis 4 mois, on observe la fin de la progression d’ouvertures de plateformes de forage aux Etats-Unis en raison d’un manque de pipelines pour transporter le pétrole/gaz. Cette situation pourrait durer jusqu’au 2ème semestre 2019.

    Si l’économie mondiale ne sombre pas en récession, les prix du pétrole devrait rester élevés à cause de tensions sur la production.

    Les métaux industriels suivent le marasme des émergents

    Depuis le début de l’été, le cuivre a perdu 19%, l’aluminium 7%, le zinc 24% et le nickel 15%, les métaux les plus corrélés à la croissance globale. Leurs prix suivent le ralentissement économique chinois et l’aplatissement de la pente de la courbe des taux d’intérêt US.

    Les sorties des actifs émergents se sont répercutées sur les métaux industriels. Mais les investisseurs craignent que le vrai risque soit une croissance économique chinoise plus faible, alors que la Chine consomme 50% de la production des métaux industriels.

    Cette crise des émergents arrive à un moment où les autorités chinoises sont dans un processus de réduction de la dette des entreprises, où le dollar se renforce, rendant les métaux plus chers pour les acheteurs chinois et où Donald Trump est sur le point d’accroître sa guerre commerciale avec la Chine. Le nombre de contrats futures pariant sur un déclin des cours du cuivre sont au plus haut depuis 22 mois, un signe que les hedges funds et les traders ont une vue négative sur les prix. En général, un signal positif pour les « contrarians ».

    Mais les prix des métaux comme l’acier, le charbon ou le minerai de fer, qui ne sont pas négociés sur les marchés financiers, mais entre clients, sont au plus haut, signalant que la demande reste forte.

    Les prix des métaux industriels vont dépendre de comment les autorités chinoises vont stimuler leur économie.
    Surpondération

    • Métaux industriels

    Neutre

      • Métaux précieux
      • Energie
      • Immobilier
      • Hedge Funds

      Sous-pondération

    •  

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