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Stratégie d’investissement – juillet 2018

Macroéconomie

Tassement conjoncturel

Les récents indicateurs avancés donnent d’importants signes. L’accélération de la croissance aux États-Unis a été contrebalancée par une plus grande incertitude sur l’évolution de la croissance économique dans la zone euro, au Royaume-Uni et au Japon. Dans le même temps, les marchés émergents ont montré des signes de stress accrus, les exportations ont chuté dans un contexte de ralentissement du commerce mondial.

Les indicateurs d’activité ont montré des signes particulièrement préoccupants concernant la production future dans la zone euro et au Royaume-Uni. En revanche, les entreprises américaines ont souvent été dans l’incapacité de faire face à la hausse de la demande, ce qui explique que les mesures de la hausse des prix ont progressé aux États-Unis, mais se sont érodés en Europe.

Dans cet environnement, les prochaines enquêtes de conjoncture pourraient être déterminantes afin de déterminer la politique à venir de la BCE, de la Banque du Japon et de la Banque d’Angleterre, les trois banques centrales cherchant des signes indiquant que la récente faiblesse économique n’est que temporaire.

 

Réfutation directe et indirecte

Trump a fondamentalement adopté la philosophie et les principes de Schopenhauer qui brille dans l’art de la controverse. Il utilise essentiellement deux principes. Premièrement, la réfutation directe, qui cible l’opposition 1) en contestant son fondement et ses prémisses, 2) en niant les étapes logiques qui mènent à ses conclusions. Deuxièmement, la réfutation indirecte, qui se concentre sur la production de multiples exemples contraires et autres exceptions.

Trump excelle dans l’art de changer brusquement de tactique, lorsqu’il s’engage dans des discussions et des négociations. Il utilise cette tactique pour déstabiliser le camp adverse. Il est un disciple de Schopenhauer lorsqu’il dirige en divisant et en utilisant des stratagèmes corrosifs. Trump ne se soucie pas du tout de la vérité, quand il stigmatise les « fake news ». Il veut avoir le dernier mot, par tous les moyens possibles, quitte à abuser de la « loi du plus fort ».

Au-delà du Canada et des différends commerciaux, Trudeau est l’ennemi parfait de Trump. Un playboy mesuré, intelligent, bien éduqué, symbolisant parfaitement l’élite et l’establishment. Macron appartient probablement à la même catégorie. Tout en étant plus vindicatif que le premier ministre canadien, Macron pourrait finir par être prisonnier du syndrome de D. de Villepin : avoir raison, être applaudi, mais incapable de changer les choses.

Les décideurs politiques occidentaux, motivés par la Raison et la Logique, sont mal équipés et mal préparés pour affronter les tenants de la dialectique éristique.

 

De sérieux défis attendent l’administration nord-américaine

La Chine et d’autres sociétés, basées sur les enseignements de Confucius et de Sun-Tzu, ont des relations radicalement différentes avec le Temps, le Sacrifice et leur quête de prospérité. Elles excellent à esquiver, manœuvrer et amener leurs adversaires sur leur terrain. La stratégie de Xi de coaching de la Corée du Nord et de création de multiples passerelles avec la Russie en sont des exemples visibles. Les plans « Chine 2025 » et « Route de la Soie » sont sans comparaison avec l’absence de vision du cabinet américain. La Chine se révélera beaucoup moins perméable aux tentatives de déstabilisation du président américain. La Chine est l’acteur géopolitique-clé à surveiller dans les semaines / mois à venir.

Afin de bénéficier à fond de leur nouvelle « doctrine », les États-Unis imposent des discussions / négociations bilatérales. Ils se placent en position de force et attaquent de manière très ciblée les différents pays. Mais arrive un moment où l’ouverture de (trop) multiples fronts aboutira à la construction de coalitions opposées solides et improbables. A l’avenir, le G7 et le G20 seront probablement beaucoup plus intéressants à cet égard…

La géopolitique restera à l’honneur.

 

 

Stratégie

Régime d’investissement en transition

Le thème du second semestre 2017 était centré sur la reflation mondiale, la liquidité et la faiblesse du dollar. Il a fallu aux investisseurs un (long) temps de réaction avant de prendre acte du changement d’environnement en matière de liquidités. En effet, en janvier 2018, l’extension des trades à la mode en 2017 (liés à des niveaux de volatilité extrêmement faibles) et à la « recherche de rendement / carry trades », s’est poursuivie.

Cela ne pouvait que mal finir… La soudaine flambée de la volatilité des actions a entraîné le dénouement forcé de positions synthétiques (à découvert) sur la VIX. Cette consolidation fébrile des actions a en fait permis une saine réévaluation des perspectives d’inflation et des taux d’intérêt américains à long terme. Des rotations sectorielles et pays intenses ont favorisé la dissipation de l’exubérance. Les risques d’exagération sont moins élevés désormais.

La hausse constante et incessante des taux d’intérêt américains, couplée à la résurgence des risques politiques en Europe, ont finalement déclenché un pic de volatilité / l’élargissement des spreads au sein de la classe d’actifs obligataire. Comme déjà évoqué, nous sommes prudents face à ce risque de transmission de la volatilité. Une normalisation de la volatilité obligataire reste la condition nécessaire à une évolution plus saine / moins complaisante des marchés. La correction marquée des devises émergentes et des obligations locales le symbolise. La grande question est de savoir si ce processus de normalisation sera lent et si les corrections seront « contenues » ou si un dénouement brutal alimenterait plutôt une crise obligataire mondiale. À ce stade, nous ne prévoyons pas un tel scénario « Armageddon ».

Tout comme pour les actions il y a quelques mois, nous continuons de suivre de près les importantes sorties de capitaux dans les différents segments des marchés obligataires. En effet, le volume des capitaux investis par les investisseurs conservateurs, dans les stratégies « complaisantes », est bien plus importante que dans les marchés des actions.

Pour l’instant, la transition de régime d’investissement se déroule plutôt calmement.

On croise les doigts. Malheureusement, il n’existe aucune garantie que cela continue aussi sereinement.

 

Le régime désinflationniste continue

Dans notre scénario de base, nous considérons qu’une grave guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine n’éclatera pas à court terme, malgré la hausse des tensions tarifaires. De même, nous ne nous attendons pas à ce que les prix du pétrole augmentent davantage et alimentent un choc mondial.

Les deux pourraient provoquer un choc inflationniste exogène. Aux États-Unis, les risques de dérapage de l’inflation, alimentés par une économie en surchauffe, ont quelque peu diminué. D’abord, la croissance mondiale décélère. Ensuite, les conditions financières se resserrent progressivement, à cause d’un dollar plus fort et d’une reconstitution partielle des primes de risque / spreads.

 

Les conditions financières mondiales resteront favorables, mais…

La récente détérioration des conditions financières reflète essentiellement la flambée de la volatilité des actions et une certaine phase corrective des actifs risqués. Il s’agit du prélude à un processus de normalisation plus profond et plus durable. Le retour d’une volatilité macroéconomique plus élevée a commencé en 2017 et se renforce avec la mise en œuvre d’une relance budgétaire importante / tardive dans le cycle. Les États-Unis quittent progressivement la fameuse période dite de « nouvelle normalité », caractérisée par une croissance et une inflation modérées. Le pays entre dans la dernière phase de son cycle économique : les probabilités d’un ralentissement important ou d’une récession, au cours des deux prochaines années, augmentent.

Trump peaufine son programme protectionniste avant les élections de mi-mandat aux États-Unis. Pour l’instant, la taille et la portée des tarifs douaniers américains et des représailles étrangères sont restées « mesurées ». Il est certain que la réaction de la Chine (qui n’est pas encore directement concernée) sera clé, lorsque les États-Unis vont radicaliser leur position sur la propriété intellectuelle et sur les transferts de technologie. Une confrontation sérieuse se profile ces prochains trimestres.

… l’augmentation de la volatilité macro-économique entache la stabilité financière.

Les perspectives (géo)politiques, opaques, renforcent ce risque.

Le dernier resserrement de l’indice des conditions financières a une diffusion limitée. Il résulte essentiellement de 3 facteurs (sur 10), à savoir les spreads de crédit, le marché des actions et la prime de terme.

 

Vers un resserrement quantitatif mondial d’ici 2019 ?

Le Japon et l’Europe se rapprochent de la sortie, comme la Fed l’a fait à partir de 2016. Seule leur situation politique intérieure retarde ce processus. Ces deux grands producteurs de liquidité excédentaire ont atteint les limites politiquement acceptables en termes de politiques monétaires non orthodoxes : la taille des bilans par rapport au PIB est devenue énorme. La dépendance aux taux réels négatifs a soutenu la spéculation et soutenu l’effet de levier, qui finiront par menacer la stabilité financière. La Chine maintiendra une politique équilibrée, voire accommodante, pour soutenir un atterrissage économique en douceur.

Au cours des 12 prochains mois, nous prévoyons :

  • La fin de la hausse concomitante du pétrole et de l’USD. Les deux sont mûrs pour une consolidation
  • Les États-Unis resteront le moteur de la croissance mondiale
  • L’inflation américaine restera dans la fourchette de tolérance de la Fed (soit inférieure à 2,5%)
  • L’Europe, la Chine et le Japon restent dans un régime de boom désinflationniste
  • Les économies émergentes produiront une croissance ferme et une inflation bénigne. Une crise grave n’est pas en préparation

 

Surpondération

  • Liquidité

Neutre

  • Obligations
  • Investissement alternatifs
  • Actions

Sous-pondération

 

 

Devises

La guerre commerciale revient sur le devant de la scène

La décision de Trump de rétablir les droits de douane sur l’acier et l’aluminium à l’encontre de l’UE, du Canada et du Mexique augmente le risque d’une guerre commerciale majeure. La réaction initiale du marché était négative (du moins en mars, lorsque ces perspectives ont été annoncées).

Si les tarifs douaniers fonctionnent comme prévu, le volume des importations devrait se réduire et laisser ainsi moins de dollars en circulation. Ceci serait finalement USD-positif.

Une guerre commerciale plus large entraînerait probablement un ralentissement marqué de la croissance mondiale. Cela coïnciderait avec un USD plus fort.

Des barrières unilatérales imposées aux importations conduiraient à des prix structurellement plus élevés aux US, ce qui devrait affaiblir la fair-value de l’USD.

Si les droits de douane devaient affaiblir structurellement l’USD, ce serait LA solution pour les déficits jumeaux.

 

La BCE pris entre le marteau et l’enclume

Les risques politiques, la faiblesse économique relative et le désavantage de rendement devraient continuer à peser sur l’EUR. Il restera une monnaie de financement. Il est peu probable que la BCE réagisse promptement aux meilleures données d’inflation d’avril, compte tenu des perspectives assombries de croissance économique et de la faiblesse de l’inflation sous-jacente. Le portage est devenu clé, les taux d’intérêt américains étant désormais les plus élevés des marchés développés. Le maintien d’une position longue sur l’EUR/USD coûte actuellement plus de 3% p.a. et est susceptible de devenir plus couteuse si le resserrement de la Fed se poursuit. Le positionnement semble peu susceptible d’entraver la dépréciation de l’EUR.

 

Le CHF est confiné dans cette zone pour un moment

Le CHF reste une monnaie structurellement forte, soutenue par un excédent budgétaire quasi-record (12% du PIB) et une valorisation neutre sur le long terme. Nous avons relevé notre opinion sur le CHF en avril après l’atteinte de notre objectif des 1,20 contre EUR. Beaucoup de choses ont changé dans l’intervalle. Nous dégradons de nouveau le CHF. Le CHF a une nouvelle fois joué son rôle traditionnel de valeur refuge anti-EUR. La BNS n’a pas pris de mesures pour stopper l’appréciation rapide du CHF. Cela semble raisonnable étant donné qu’elle ne dispose que d’une puissance de feu limitée et pourrait avoir besoin d’être plus sélective dans ses interventions. Le bilan de la BNS est de 125% du PIB contre seulement 35% à la veille de la crise de la dette européenne en 2010. La phase aiguë de la crise de la dette européenne est peut-être terminée, nous y voyons un impact négatif sur le CHF.

 

Le JPY peut-il s’affaiblir sans Abe ?

Les prochaines élections à la direction du Parti libéral-démocrate, doivent avoir lieu au plus tard en septembre. Elles sont cruciales pour Abe et Abenomics et, par extension, pour le JPY.

Jusqu’à récemment, il y avait peu de doute sur la réélection d’Abe, mais sa position a été affaiblie par les scandales. Si le marché commence à anticiper une défaite d’Abe, il ne serait pas surprenant de voir le JPY s’apprécier. Si Abe se retirait, l’USD/JPY pourrait repasser sous les 100.

 

Surpondération

Neutre

  • USD, EUR, CHF, GBP
  • JPY, AUD, CAD, EMFX

Sous-pondération

 

 

Obligations

Jusqu’où la Fed peut-elle relever ses taux ?

La réponse dépend finalement de 2 variables : 1) dans quelle mesure la croissance excédera-t-elle le potentiel, et 2) où se situe le taux neutre. Fondamentalement, le taux neutre est celui auquel la politique monétaire n’est ni accommodante, ni restrictive.

Il ne peut être observé, il ne peut qu’être estimé. Ce qui est certain, c’est qu’il a considérablement diminué depuis la GCF (Grande crise financière). Selon les estimations de la Fed, il a reculé entre -0,5 et 0,5% après la crise, contre de 2 à 3% auparavant. Donc, en termes nominaux de 3-4% à 1.5-2.5%. Selon les précédents cycles, il est peu probable qu’il n’augmente de plus de 1pp ces prochaines années. Les Fed Funds (FF) ont culminé à 1,5pp au-dessus du taux neutre en 2007 (cf. estimations de Del Negro). Il semble peu probable que la Fed adopte une position restrictive. Les FF s’établiront vers 2,75-3,0%, soit 0,5-1,5 pp au-dessus des taux neutres théoriques.

Il existe une relation étroite entre la courbe des taux et le différentiel entre les FF et le taux neutre théorique. La courbe des taux anticipe un ralentissement au cours de la prochaine année. Le taux US à 2 ans pourrait atteindre un pic à 2,90% au T4 compte tenu de hausses trimestrielles des FF. Le taux à 10 ans US pourrait éventuellement atteindre 3,20% cette année. Nous anticipons une poursuite de l’aplatissement de la courbe des taux.

 

Le marché du crédit victime de l’effet kiss cool

C’est la première fois depuis la GCF que nous assistons à un élargissement synchronisé des spreads de crédit et une hausse des taux US. Des conditions financières plus restrictives pénalisent les obligations de bonne qualité.

Cela n’est pas dû à la détérioration de leurs fondamentaux, les bénéfices sont bien orientés, mais davantage à l’augmentation de la duration des dettes des sociétés. La dette non-financière US est à son niveau le plus élevé en pourcentage du PIB.

Ceci est conforme aux niveaux observés juste avant les 3 dernières récessions et la hausse des taux de défaut. Les inquiétudes progressent et pourraient engendrer un ralentissement. Sur une base relative cependant, la dette des entreprises (en pourcentage du PIB) reste stable comparée à celle des ménages ou des sociétés financières. De plus, les fondamentaux restent robustes :

Le ratio d’endettement des entreprises sur bénéfices à 4% est bien inférieur à celui des 3 dernières crises (plus de 6%) :

  • Les bénéfices des entreprises, en pourcentage du PIB, se situent également à l’extrémité supérieure de leur fourchette historique et,
  • La couverture des intérêts est à son plus haut niveau depuis 50 ans.

Enfin, des taux IG en USD au plus haut des 5 dernières années devraient décourager l’abondance de nouvelles émissions. La demande des fonds de pension et des investisseurs étrangers devrait ré émerger.

 

Les agences de notation craignent une grande vague de défaillances à venir sur le HY

Alors que la dette des entreprises atteint son plus haut niveau, Moody’s craint que d’importants soucis ne se matérialisent sur le HY lors de la prochaine récession. La faiblesse des taux et l’appétit pour le rendement ont poussé les entreprises à émettre des tonnes de dettes offrant un faible niveau de protection aux investisseurs.

Bien que les perspectives à court terme sur le crédit restent favorables, ce ne sera plus le cas lorsque les conditions économiques se dégraderont.

La période prolongée de faible croissance et taux bas a été un important catalyseur de la dégradation de la qualité du crédit des entreprises non-financières. Le nombre record de sociétés fortement endettées ouvre la voie à d’innombrables défauts lors de la prochaine crise. Cependant le taux de défaut actuel demeure à 3% pour le HY, soit son plus bas niveau du cycle actuel.

 

La réduction du bilan de la Fed et le rebond de l’USD ont conduit au désinvestissement des mains faibles

Les avantages de la faiblesse du dollar et de la hausse des prix des matières premières, sur les marchés émergents en 2017, sont derrière nous. Les émetteurs émergents vont devoir faire face à des conditions moins avantageuses. Après l’explosion des stratégies de volatilité, le domino suivant a été les émergents et principalement les devises. Le resserrement des conditions financières a mis sous pression la partie la plus faible de la structure capitalistique, à savoir les économies émergentes endettées. Le trio – hausse des taux US, raffermissement de l’USD et hausse des prix du pétrole – a entraîné une certaine réévaluation du risque des BdP, notamment un déficit du compte courant plus important, une dette extérieure à court terme plus élevée et un stock limité de réserves de change.

Les pays émergents avec des déficits courants élevés ont connu une forte dépréciation de leurs devises. Pour le moment, les réponses politiques ont évolué globalement dans la bonne direction. Nous ne prévoyons pas une redite de l’épisode de 2013, étant donné que la plupart des positions des comptes courants de ces économies se sont améliorées depuis. Ils sont de meilleure facture qu’en 2013 et l’endettement ne s’est que marginalement dégradé.

Ce que connaissent les EM est de même nature que sur le crédit, à savoir une augmentation de la dispersion. Les investisseurs sont de plus en plus exigeants lorsqu’il s’agit de réévaluer le risque de crédit et le profil des émetteurs dans un contexte de moindre omnipotence des banques centrales. Tout ne progresse plus de manière synchronisée grâce à des injections massives de liquidités.

Dans ce contexte, le différentiel de taux des obligations en devises locales s’est élargi et ces devises ont connu une forte correction depuis leurs récents pics. Ces actifs gardent tout leur attrait.

 

Surpondération

  • Investment Grade,
  • High Yield, Hybrid/Sub,
  • Emergents devises fortes

Neutre

  • US Treasury, Inflation
  • Périphérie
  • Emergents en monnaies locales

Sous-pondération

  • Bund Allemand

 

 

Actions

Les liquidités supportent les indices boursiers

Les 2 moteurs des indices actions :

  • L’exceptionnelle hausse des profits US.
  • Les liquidités dégagées par cette réforme fiscale, utilisées pour des programmes de rachats d’actions, les dividendes et des acquisitions, estimées à $2’500 milliards en 2018.

Un contrepoids puissant à une guerre commerciale.

On estime que les sociétés américaines détiennent $2’500 milliards de liquidités aux Etats-Unis et $3’500 milliards parquées à l’étranger. Les liquidités devraient continuer à jouer un rôle en 2019.

Les rachats d’actions sont estimés à $800 milliards en 2018 contre $560 milliards en 2017. Le secteur de la Technologie US devrait représenter 65% de ces programmes de rachats, suivi de la Santé (20%) et la Consommation de base (15%). Apple a annoncé $160 milliards de rachats d’actions en 2018.

 

La barre placée très haut en 2018

Avec des chiffres si impressionnants en 2018, l’effet de base devrait être négatif en 2019. Mais restons pragmatique. Dans un environnement perturbant et avec une politique américaine nationaliste et protectionniste, on évaluera la situation cet automne. Les élections de mi-mandat aux Etats-Unis, en novembre, pourraient changer pas mal de choses selon la couleur politique du Sénat et de la Chambre des représentants.

Si la croissance des profits US est attendue à +20% en 2018, la disparition de l’effet fiscal se traduira par une hausse des profits de « seulement » 10% en 2019. Les secteurs Energie, Technologie, Matériaux et Discrétionnaire resteront des importants contributeurs à la progression des profits.

Le secteur de la technologie est structurellement attrayant avec des marges en amélioration régulière. Les investisseurs considèrent également ce secteur comme protégé contre les risques d’une guerre commerciale.

 

Les actions se comparent favorablement aux rendements des obligations

Le rendement des dividendes reste attrayant vis-à-vis du rendement des obligations. Selon nos calculs, on doit s’approcher des 3.5% sur le 10 ans US avant que les investisseurs ne pensent sérieusement à la grande rotation des actions vers les obligations.

 

Le dollar et les bourses émergentes sont inséparables

La récente appréciation du dollar, accompagnée d’une hausse (modeste) des taux d’intérêt, a pesé sur les bourses émergentes. Comme d’habitude.

Une confiance plus forte sur la macroéconomie et les fondamentaux du crédit ont soutenu le « cette fois, c’est différent ». Mais une fois de plus, on constate que le dollar reste le facteur dominant et affecte les pays émergents négativement lorsqu’il s’apprécie :

  1. impact sur la dette libellée en dollars,
  2. corrélation inverse entre le dollar et le prix des matières premières ; à l’exception de la Chine, l’Inde et la Turquie, les pays émergents sont généralement exportateurs nets de matières premières,
  3. une baisse des devises émergentes réduit à moyen terme les investissements étrangers, nécessaires à leur démographie positive et à la croissance des forces de travail. Après un rally de 7%, le dollar s’est stabilisé, ce qui permettra de revenir progressivement sur les actions émergentes.

 

Surpondération

  • Europe, Suisse, Japon
  • Petites/moyennes capitalisations
  • Value
  • Discrétionnaire, Energie, Financières, Santé

Neutre

  • US
  • Emergents, Chine
  • Grandes capitalisations
  • Croissance
  • Consommation de base, Industrie,
  • Technologie, Matériaux

Sous-pondération

  • UK
  • Télécoms, Services aux collectivités

 

 

Investissements Alternatifs

Métaux industriels, le manque d’investissements va soutenir les prix

La chute des prix du pétrole et des métaux industriels entre 2014 et 2015 a finalement eu un effet positif sur le secteur.

Les sociétés pétrolières dans l’exploration et la production, ainsi que les sociétés minières, ont réagi de manière rationnelle lors de la reprise des prix en préférant renforcer la qualité des bilans et distribuer des dividendes aux actionnaires plutôt que de réinvestir dans les capacités de production.

Aujourd’hui, nous sommes probablement dans un nouveau cycle haussier qui a débuté début 2016, où il y aura ces prochaines années des pressions sur l’offre, alors que la demande va continuer de croître.

Le ratio Investissements/Production devrait rester bas à 12 mois, alors que la production progresse pour répondre à la demande.

Un récent sondage auprès des sociétés minières montre que les investissements vont progresser mais modérément, avec des compagnies prudentes sur certaines matières premières comme le charbon. On est donc très loin de l’euphorie qui régnait en 2011-2012. Selon ce même sondage, la moitié des investissements dans l’exploration seront dédiés à l’or.$

 

L’or sensible aux taux d’intérêt réels

Comme actif financier sans rémunération, l’évolution du prix de l’or est évidemment négativement corrélée à l’évolution des taux d’intérêt réel.

La hausse des taux d’intérêt réels depuis septembre 2017 n’a pas été si négative que ça pour l’or, car la composante géopolitique est entrée en ligne de compte avec une tension extrême entre les Etats-Unis et la Corée du Nord fin 2017.

Depuis une dizaine d’année, les banques centrales de Chine et de Russie sont d’importants acheteurs d’or. Si la Russie a vu la part de l’or dans ses réserves étrangères passer de 2% en 2007 à 18% aujourd’hui, celle de la Chine est restée stable à 2%. La banque centrale de Turquie est également un important intervenant. Récemment, la demande privée d’or a progressé de 34% en Turquie comme protection à la chute de la livre turque et à l’inflation galopante.

 

L’OPEP et la Russie vont augmenter la production de pétrole, mais moins qu’escompté

L’OPEP et la Russie sont arrivés à un accord sur une hausse de la production de pétrole de 1 million de barils/jour pour empêcher le cours du Brent de passer durablement la barre des $80, sous la pression des Etats-Unis et de deux importants clients, la Chine et l’Inde, malgré l’opposition de l’Iran, l’Irak, le Venezuela et l’Algérie. En pratique, cela pourrait être 700-800 mille b/j, car la plupart des membres sont incapables d’augmenter leur production. L’Arabie saoudite est le seul membre qui peut agir rapidement.

A côté de l’augmentation de la demande, certains risques pointent sur l’offre : les problèmes en Libye et au Venezuela, les prochaines sanctions américaines en Iran et une hausse possible des taxes d’importations chinoises de 25% sur le pétrole US, dans le cadre de la guerre commerciale, qui rendraient le pétrole US non-compétitif en Chine et obligeraient les acheteurs chi-nois à se tourner vers l’OPEP.

Sur l’annonce de l’accord, les sociétés pétrolières et le cours du pétrole ont flambé, car la Russie voulait une hausse de 1.5 million b/j et l’Arabie saoudite 1.2 million b/j, alors que l’accord propose une hausse de la production moins forte qu’attendu.

L’écart record de plus de $11 le baril entre le Brent et le WTI observé début juin devrait se réduire avec 1) la hausse de production de l’OPEP, 2) aux Etats-Unis, le ralentissement de la production et l’importante baisse des stocks à Cushing.

Nous gardons notre conviction que l’Arabie saoudite veut empêcher une hausse du Brent au-delà des $80, et maintenir un prix vers les $70-75, un prix qui équilibre son budget, qui soutient ses objectifs principaux de Vision 2030 et qui permettra de mettre Saudi Aramco en bourse dans de bonnes conditions.

 

Surpondération

  • Métaux industriels

Neutre

  • Métaux précieux
  • Energie
  • Immobilier
  • Hedge Funds

Sous-pondération

 

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JUILLET 2018

 

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