PLEION SA - Gestion De Fortune

HEBDO – Gestion de fortune 29 aout

PERFORMANCES 2019

ActionsObligations
MSCI Monde+12.1%CHF Corp+4.3%
S&P 500+15.2%US Govt+8.8%
Stoxx 600+10.4%US Corp+14.2%
Nikkeï+2.1%US HY+10.8%
SPI+20.9%EUR Gvt+10.5%
Chine+26.1%EUR Corp+8.1%
Emergents+0.0%EUR HY+7.7%
DevisesMatières 1ères
USD index+2.1%Or-20.5%
EURUSD-3.3%Argent+19.3%
EURCHF-3.5%Pétrole11.6%
USDCHF-0.1%CRB index+0.8%
USDJPY-3.4%
EM FX-4.0%

(Beaucoup) plus facile à dire qu’à faire…

Les grandes gueules ont la mémoire courte

Le débat qui a fait rage en 2018 entre les économistes de l’offre et les autres économistes reste pourtant dans nos mémoires. Pour les premiers, la nouvelle réforme fiscale allait améliorer la structure de l’économie en relançant le cycle moribond des investissements. Une réduction de l’impôt sur les sociétés et d’autres incitations engendreraient un effet multiplicateur, donc une croissance plus élevée de manière durable – supérieure à 3% – au cours des prochaines années. C’était merveilleux en théorie, mais beaucoup moins en pratique. Les chiffres de 2019 sur les investissements ont été désastreux, même dans le segment de l’immobilier, qui aurait dû profiter de la chute spectaculaire des taux d’intérêt. Le rapatriement des emplois aux États-Unis était censé être un autre avantage, indirect, de la réforme. C’est aussi, de facto, une grande illusion. Le secteur manufacturier américain est au bord de la récession, un ou deux trimestres seulement après l’Europe, le Japon (et la Chine).

Les résultats des sociétés américaines au deuxième trimestre ont été affectés par la hausse des coûts et le ralentissement de la demande. Les perspectives qu’elles évoquent sont également très prudentes. Les chances d’un nouveau stimulus fiscal, avec un Sénat républicain et une Chambre démocrate, sont quasi-nulles. Un effondrement de l’USD est également improbable, en l’absence d’interventions américaines sur le marché des devises.

Le Royaume-Uni, comme nation, est divisé comme il ne l’a jamais été depuis des décennies, voire des siècles. La croissance s’estompe rapidement, les investissements s’effondrent et la très grande faiblesse de la livre sterling complique la politique monétaire. « BoJo », malgré sa rhétorique très confiante, a peu de chance de réaliser une avancée avant fin octobre.

Les promesses irréalistes de Trump et B. Johnson deviennent intenables

 

Trump aurait-il abattu ses cartes prématurément ?

Les États-Unis perdent du terrain dans leur confrontation avec la Chine, avec les incessantes voltefaces de Trump. Il donne des signes d’impatience et de fatigue tactique. Le calme chinois, l’affaiblissement progressif du yuan et l’accélération des soutiens fiscaux et de liquidités intérieures mettent Xi dans une position relativement plus confortable.

Des droits de douane supplémentaires augmenteraient les prix à la consommation, confirmant au passage que les États -Unis sont loin d’être à l’abri de la guerre commerciale. Les agriculteurs américains sont en colère à cause de la baisse des revenus et du resserrement des conditions de crédit. La conjonction des fortes inondations au printemps dernier et des récoltes invendues en raison de la guerre commerciale avec la Chine a créé une énorme frustration. Par exemple, les prix du maïs ont récemment connu leur plus forte baisse au cours des trois dernières années. Le département américain de l’agriculture a dû retirer tout son personnel d’une tournée annuelle des agriculteurs américains à cause des menaces de violence proférées par les agriculteurs …

L’administration américaine se retrouve coincée pour stimuler la croissance. De nouvelles baisses des taux directeurs ne sont pas justifiées par les conditions économiques actuelles ; les pressions constantes exercées sur la Fed ont finalement provoqué l’inquiétude du marché.

Les derniers sondages électoraux américains mettent en évidence un déclin visible de Trump et des Républicains

Les conservateurs sont également en mauvaise posture au Royaume-Uni

Avec la résilience croissante de la Chine et de l’UE, le statu quo n’est pas une option pour Trump et BoJo

  • Une récession mondiale se produira probablement l’année prochaine, faute de revirements majeurs des dirigeants populistes anglo-saxons
  • On restera globalement prudent sur les expositions et l’allocation aux marchés financiers
  • On a une exposition tactique en GBP

 

Devises. Libéralisation de la Chine, vraiment…

La Chine a annoncé la libéralisation de son système de taux d’intérêt le 17 août. La PBoC réforme le mécanisme de formation de son taux de marché préférentiel de prêt (LPR). La fusion, ou l’alignement, des deux taux d’intérêt de référence – taux du marché et taux des prêts/dépôts – devrait résoudre la vieille faiblesse notoire du système

chinois. Les autorités estiment probablement qu’il est urgent d’améliorer le mécanisme de transmission d’une politique monétaire accommodante vers les prêts et l’activité économique, alors qu’elles implémentent de nouvelles mesures.

Le premier LPR à un an, basé sur le nouveau mécanisme de formation, s’est établi à 4,25%, soit une timide baisse de 6 pbs. Cela ne devrait pas faire bouger le marché à court terme. Pourtant, cela marque le début du nouveau mécanisme de formation. À l’avenir, si la PBoC ajuste ses taux de référence sur le marché – le taux de la facilité de prêt à moyen terme – la transmission sera nettement plus efficace. Cela pourrait précisément inciter la PBoC à ajuster davantage ses taux.

Avec les vents contraires externes qui soufflent et les besoins intérieurs de dynamiser les activités de crédit, les mesures de soutien de la PBOC à la croissance devraient perdurer. Une combinaison de mesures quantitatives et de baisses de taux d’intérêt sont nécessaires pour orienter le crédit vers les zones productives. Il s’agit d’un nouveau pas vers une monnaie flottante. Bien sûr, les progrès seront lents.

Les autorités chinoises sont en passe d’exercer des représailles. La Chine vient d’annoncer qu’elle imposerait des barrières douanières sur 75 milliards à des taux allant de 5% à 10%, ainsi que la réinstauration des taxes de 25% sur les automobiles et pièces automobiles US à compter du 1er septembre et du 15 décembre. La Chine n’a pas immédiatement réagi à la dernière vague de hausse de 10% des droits de douane imposés par les États-Unis sur 300 milliards de biens chinois et à la décision inattendue de Trump de reporter certaines taxes. Même si les taxes chinoises sont inférieures à celles des États-Unis, ce n’est pas une surprise. Néanmoins cela montre que la guerre commerciale est toujours d’actualité. Lorsque la Chine annoncera les noms des premières sociétés américaines figurant sur la liste des entités non fiables, elles feront la une des journaux et cela aura un impact négatif sur ces entreprises. Si la Chine cible des entreprises de la taille et de l’importance de Huawei, ce seront des grands noms. Nous ne constatons que très peu de progrès dans la communication entre les deux parties.

Le yuan a atteint son plus bas niveau depuis 11 ans et le panier du yuan pondéré par les échanges commerciaux a atteint son niveau le plus bas depuis 2014. Cette dépréciation reflète l’inquiétude suscitée par l’économie chinoise alors que la guerre commerciale perdure. Bien

que le renminbi s’affaiblisse, il n’est pas en chute libre. La PBoC le surveillera de près et interviendra si l’affaiblissement s’accélère. Jusqu’à présent, elle fixe un taux quotidien plus élevé que le taux de clôture de la veille en utilisant son facteur contracyclique afin de démontrer qu’elle ne souhaite pas un affaiblissement marqué.

Avec le nouveau système en place, la voie est ouverte à davantage d’assouplissement monétaire en baissant les taux directeurs. La PBoC a réussi à faire baisser les taux des obligations d’État et les taux du marché monétaire, mais pas le taux débiteur de l’économie réelle. L’objectif de cette réforme est d’améliorer le mécanisme de transmission et de baisser les taux si besoin.

  • Le niveau des taux d’intérêt n’influencera pas l’USD/ CNY
  • L’USD/CNY restera dépendant du fixing quotidien de la PBoC
  • Si la PBoC décide d’assouplir sa politique monétaire, les taux longs suivront

 

Actions. Un des moteurs de la bourse US faiblit

Les rachats d’actions ralentissent aux États-Unis, ce qui pourrait accroître la volatilité. Les sociétés du S&P 500 ont racheté pour $166 milliards d’actions au 2T19 contre $205.8 milliards au 1T19, le plus faible montant depuis le 4T17.


Un signe que les entreprises deviennent nerveuses sur la guerre commerciale avec la Chine, sur la décélération de la croissance des profits et sur les incertitudes concernant la politique monétaire de la Fed. Elles vont de nouveau privilégier les liquidités.

Les rachats d’actions ont été un puissant moteur de la progression des indices boursiers. Depuis 2013, selon Bank of America Merrill Lynch/EPFR Global Data, les sociétés US ont racheté $4’200 milliards d’actions, mais durant cette même période, les investisseurs n’ont pas été du même enthousiasme, car les sorties des fonds/ETFs en actions US ont été de $84 milliards. Les rachats d’actions s’étaient accélérés en 2018 grâce à la réforme fiscale.

Le secteur de la technologie, qui contribuait à une large part des programmes de rachats d’actions, a sensiblement ralenti au 2T19, comme Apple, Oracle et Cisco.

Mais ces programmes de rachats d’actions font également face à une forte opposition des candidats démocrates à la présidentielle 2020, désirant les restreindre pour favoriser les salaires au lieu des actionnaires. Le sénateur républicain Marco Rubio a proposé une taxation moins favorable pour les investisseurs quand une société rachète ses actions.

  • Le ralentissement des rachats d’actions devrait se confirmer au 2ème semestre 2019

 

Disclaimer – Ce document est uniquement à titre d’information et en aucun ne peut être utilisé ou considéré comme une offre ou une incitation d’achat ou de vente de valeurs mobilières ou d’autres instruments financiers. Bien que toutes les informations et opinions contenues dans ce document ont été compilés à partir de sources jugées fiables et dignes de foi, aucune représentation ou garantie, expresse ou implicite, n’est faite quant à leur exactitude ou leur exhaustivité. L’analyse contenue dans ce document s’appuie sur de nombreuses hypothèses et différentes hypothèses peuvent entraîner des résultats sensiblement différents. Les performances historiques ne sont nullement représentatives des performances futures. Ce document a été préparé uniquement pour les investisseurs professionnels, qui sont censés prendre leurs propres décisions d’investissement sans se fier indûment à son contenu. Ce document ne peut pas être reproduit, distribué ou publié sans autorisation préalable de PLEION SA.