PLEION SA - Gestion De Fortune

HEBDO – Gestion de fortune – 28 octobre

PERFORMANCES 2019

ActionsObligations
MSCI Monde+17.2%CHF Corp+2.5%
S&P 500+19.9%US Govt+7.7%
Stoxx 600+17.7%US Corp+13.2%
Nikkeï+13.7%US HY+11.8%
SPI+24.1%EUR Gvt+9.5%
Chine+28.6%EUR Corp+7.7%
Emergents+6.7%EUR HY+7.7%
DevisesMatières 1ères
USD index+1.4%Or+16.3%
EURUSD-3.0%Argent+13.4%
EURCHF-2.2%Pétrole+13.7%
USDCHF+0.9%CRB index+4.6%
USDJPY-0.9%
EM FX-1.6%

On recherche des Iconoclastes

Le « consensus de Washington » est obsolète

Ce consensus, apparu au début des années 90, repose sur 10 recommanda-tions de politique économique, établissant une approche standard pour le FMI, les banques mondiales et le Trésor américain afin de faire face à la crise dans les pays en développement. Il est progressivement devenu la doctrine mondiale dominante. En fait, il englobe des sujets tels que la stabilisation macro-économique, le commerce et les investissements mondiaux, etc. En résumé, il promeut essentiellement les idées orthodoxes et néolibérales. Au cours des dernières années, cette école de pensée a montré ses limites. Une désinflation enracinée, une politique et des taux d’intérêt de marchés négatifs, une inégalité croissante ont favorisé l’émergence de dirigeants populistes et leurs réponses inappropriées, démagogiques et simplistes.

Bernanke, Draghi et Lagarde ont réussi à interpréter la doctrine de Washington jusque dans ses limites ultimes
Des décideurs / visionnaires plus radicaux sont désormais nécessaires pour relever les nouveaux défis

 

Disrupteurs de haut niveau

La Bulgare Kristalina Georgieva a succédé à C. Lagarde à la tête du FMI le 1er octobre 2019. Elle n’est pas seulement la première citoyenne d’un pays en développement à diriger cette gigantesque organisation supranationale. Elle est également titulaire d’un doctorat en économie de l’Institut Karl Marx à Sofia. Sa thèse portait sur « La politique de protection de l’environnement et la croissance économique aux États-Unis ». Il y a quelques jours, elle a assisté à son premier panel d’experts sur le thème « Les banques centrales peuvent-elles lutter contre le changement climatique ? » Le débat a porté sur les risques liés à la stabilité financière. Les experts ont discuté de la manière dont les banques centrales devraient ajuster les cadres de réglementation et de politique monétaire pour assurer une transition ordonnée vers une économie verte. Ils ont parlé de la manière de stimuler le développement du finance-ment vert, y compris des obligations vertes. Mme Georgieva a suggéré de développer une taxonomie pour le « vert » et a encouragé les banques centrales à utiliser des approches plus interventionnistes pour faciliter l’investissement dans les industries « vertes » …

Le gouverneur Mark Carney va probablement laisser une (certaine) trace dans l’histoire de la banque centrale. Pas vraiment en ce qui concerne ses actions en tant que chef de la banque centrale britannique. Mais plutôt comme penseur libre et turbulent. En effet, il a récemment critiqué la dangereuse prédominance de l’USD, plaidant pour une nouvelle monnaie – mondiale – numérique (de type crypto). Ce Canadien déterminé a non seulement le courage de ses opinions, mais il développe également une vision non conformiste de la future banque centrale.

En 2017, il a lancé le Réseau pour rendre le système financier plus écologique, le NGFS. Jusqu’à présent, 46 banques centrales et régulateurs l’ont rejoint. Parmi elles, on trouve les banques centrales du Royaume-Uni, du Canada, du Mexique, de Finlande, France, Chine, de l’Australie, l’Allemagne, la Suisse et aussi la BCE. Ainsi que la CSSF luxembourgeoise, la BRI et le FMI.

Les organisations supranationales se penchent sur le changement climatique

L’un de ses objectifs est d’intégrer les effets du changement climatique dans les prévisions économiques. Le groupe analyse son impact probable sur la politique monétaire (à travers une plus grande incertitude et volatilité). Les régulateurs participants ont tenté d’appréhender l’impact potentiel sur le secteur privé (comme par exemple sur les assurances et les hypothèques dans les zones côtières). Sur des sujets plus pratiques, ce groupe publie également de nombreuses directives sur les portefeuilles des banques centrales, allant dans le sens des objectifs ISR et de l’intégration de l’ESG. Pour le moment, ces recommanda-tions ne sont pas contraignantes. Mais une enquête parmi les membres du NGFS montre que 25 des 27 répondants ont déjà adopté les principes d’ISR dans leur approche d’investissement ou envisagent de le faire.

Jusqu’à présent, le groupe s’est révélé assez discret dans les médias. L’absence de la Fed parmi ses membres l’explique probablement. Mais il est intéressant de noter que le régulateur financier de l’État de New York l’a rejoint en septembre dernier. Un présage pour une présence prochaine de la Fed ?

La répression financière a repoussé les limites des politiques économiques au cours des dix dernières années
Cela a généré un changement d’état d’esprit et un souci d’exemplarité au sein des organisations supranationales

  • Une nouvelle génération de leaders, visionnaires, est nécessaire… au-delà des organisations supranationales
  • C’est notamment le cas au Royaume-Uni, en Allemagne, à Hong Kong, etc.

 

Devises. Un pas en avant, deux pas en arrière

Le psychodrame du Brexit n’en finira donc jamais. Après plus de trois ans d’agitation politique déclenchée par le référendum, le départ de la Grande-Bretagne de l’Union Européenne n’est toujours pas complètement acté. Vendredi, le Premier ministre britannique Johnson était parvenu à un accord sur le Brexit avec l’UE. Cet accord éliminait de l’équation la frontière irlandaise mais instituait une frontière économique en mer d’Irlande. Cependant, au cours d’une session parlementaire extraordinaire samedi, les législateurs ont voté contre cet accord.

Les députés ont voté en faveur d’un amendement suspendant l’approbation de l’accord sur le Brexit jusqu’à la mise en place de la législation nécessaire à sa mise en oeuvre. L’amendement déposé par l’ancien ministre, Sir Oliver Letwin, était destiné à contraindre Johnson à se conformer à la loi dite « Benn Act » l’obligeant à deman-der une prolongation du Brexit. Cela anéantit les espoirs de Johnson de finaliser son plan de sortie.

En conséquence, Johnson a officiellement envoyé une lettre, qu’il ne voulait pas envoyer, demandant à l’UE de reporter le Brexit au 31 janvier. Le président du Conseil européen, Tusk, a déclaré qu’il allait consulter les dirigeants européens sur la manière de réagir. Cela devrait prendre quelques jours, puisqu’un vote à l’unanimité est nécessaire pour accorder une prolongation. Les résultats possibles vont d’un report du Brexit à une bataille devant les tribunaux, en passant par une élection générale ou un second référendum, voire une sortie chaotique et économiquement dommageable sans accord. L’élément essentiel reste le Parti unioniste démocratique, ancien allié de Johnson. Leurs 10 votes ont fait la différence entre la défaite et la victoire. Ils l’avaient soutenu jusqu’à la semaine dernière, lorsqu’il a signé un accord sur le Brexit qui crée une frontière douanière en mer d’Irlande, qu’ils ont dénoncée avec colère. Si Johnson peut maintenir cette coalition pendant deux semaines, il aura peut-être une chance.

Le CHF a tout d’abord rebondi avec l’amélioration générale de la psychologie et les sorties de capitaux des actifs refuges au profit d’actifs plus risqués. L’EUR/CHF suit en grande partie le GBP/USD, se négociant autour des 1,10 pour la première fois depuis la mi-septembre. L’USD/CHF s’est également affaibli.

  • Les espoirs de parvenir à un accord sur le Brexit d’ici la fin du mois se sont évaporés
  • Le récent rebond du GBP est exagéré
  • La perception du risque restera le principal moteur du CHF

 

Actions. Netflix, résultats mitigés

Au 3T19, les profits étaient supérieurs aux attentes, ainsi que le nombre d’abonnés à l’international. Mais les revenus et le nombre d’abonnés aux Etats-Unis étaient inférieurs aux estimations. Aux Etats-Unis, la croissance des nouveaux abonnés va ralentir, car le taux de pénétration de Netflix est élevé et la concurrence devient plus active avec Disney (Disney+ et Hulu), Apple TV+, NBCUniversal (Peacock), WarnerMedia (HBO), Amazon, Comcast (Xfinity), CBS-Viacom, Roku, Discovery et YouTube.

A l’international, Netflix peut encore se développer, mais elle doit consentir à d’énormes investissements pour produire du contenu, se traduisant par un cash-flow libre négatif estimé à $3.5 milliards en 2019 et une détérioration du bilan.

  • Une situation de cash burn agressive et une compétition qui arrive font de Netflix un investissement risqué

Cours des actions Netflix

 

Actions. Résultats, la semaine à venir

Factset maintient un recul de 4.7% des profits du S&P 500 pour le 3T19. Les résultats positifs des secteurs Santé et Finance sont contrebalancés par les révisions à la baisse du secteur de l’Energie. Cette semaine, 25% des sociétés du S&P 500 publieront leurs résultats.

Les publications importantes : lundi Halliburton, mardi Lockheed Martin, McDonald’s, Novartis, Procter & Gamble, United Technologies, UBS, UPS, mercredi Boeing, Caterpillar, Daimler, General Dynamics, Eli Lilly, eBay, Ford, Microsoft, PayPal, Tesla, jeudi Amazon, 3M, Danaher, Intel, Visa, et vendredi Verizon, AB InBev, Eni.

  • Une semaine importante pour les résultats

 

Actions. Les exportations horlogères suisses bondissent

Les exportations horlogères suisses ont bondi de 10.2% en francs en septembre, mais elles ont bénéficié d’un jour ouvrable supplémentaire. En volume, les exportations reculent de 7.2%. Si elles progressent en prix, c’est grâce aux montres en métaux précieux et bimétalliques. Mauvaise nouvelle pour Swatch : les montres en plastique reculent de 17.6% en volume et de 7% en francs. Les exportations vers le Japon ont fortement progressé avec +31.6% en francs, mais elles ont profité des achats avant l’augmentation de la TVA de 2% au 1er octobre.

Deux marchés importants sont toujours dans le marasme, Hong Kong (crise politique) et la Grande-Bretagne (no-end Brexit). Les cours des actions de Swatch et Richemont sont montés la semaine dernière avec l’optimisme d’une sortie du UK avec un accord. Mais le Brexit est une histoire sans fin et les manifestations à Hong Kong se poursuivent.

  • Swatch et Richemont ne sont pas des opportunités d’achat

 

Actions. Rebond des ventes de voitures en septembre en Europe

Les ventes de voitures ont bondi de 14.5% en septembre, mais la base de comparaison est très favorable, car en septembre 2018, les ventes avaient chuté de 23.5% en raison de l’introduction des nouvelles normes de test anti-pollution WLTP. Sur les 9 premiers mois 2019, les nouvelles immatriculations sont en baisse de 1.6%.

L’alerte de Renault sur ses résultats montre que l’environnement est difficile : ralentissement économique, recul des ventes de voitures diesel, difficulté à adapter les moteurs aux nouvelles normes WLTP, transition technologique (moteurs hybrides, électriques, connectivité, autonomie) engendrant des coûts importants. Le recul du marché chinois est une source d’importantes inquiétudes pour les constructeurs européens et américains.

Voitues de tourisme - progression des nouvelles immatriculations en Europe

  • Sous-pondérer le secteur automobile
  • On préfère Volkswagen qui est bien diversifié et qui envisage la possibilité d’une IPO de Lamborghini à $11 milliards.

 

 

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