PLEION SA - Gestion De Fortune

HEBDO – Gestion de fortune – 25 septembre

PERFORMANCES 2019

ActionsObligations
MSCI Monde+15.8%CHF Corp+3.3%
S&P 500+18.3%US Govt+7.9%
Stoxx 600+14.1%US Corp+13.5%
Nikkeï+10.0%US HY+10.7%
SPI+21.8%EUR Gvt+10.7%
Chine+28.6%EUR Corp+7.9%
Emergents+4.7%EUR HY+8.0%
DevisesMatières 1ères
USD index+2.5%Or+19.5%
EURUSD-4.1%Argent+20.1%
EURCHF-3.8%Pétrole+15.4%
USDCHF+0.4%CRB index+4.3%
USDJPY-2.1%
EM FX-2.8%

 

Obligations vertes

Un segment confidentiel des marchés financiers

Les émissions mondiales d’obligations ont atteint 3,7 trillions de dollars au premier semestre 2019. Les États-Unis ont représenté environ 1,4 trillions de dollars et l’Asie du Nord, 0,6 trillions de dollars. Pour mettre les obligations vertes en perspective, ce (nouveau) type de titres a réussi à drainer plus de 100 milliards de dollars en un semestre. Cela représente moins de 1% ! La France a été le premier pays émetteur avec plus de 15 milliards de dollars, suivie de près par les États-Unis (14,5) et les Pays-Bas (10,5). Moody’s et la Climate Bonds Initiative (une ONG) s’attendent à une émission de 250 milliards d’euros pour 2020. Engie, le groupe français de services publics, a été le principal acteur.

Jusqu’à présent, les émissions d’obligations vertes ont été limitées en taille et en ampleur

global Sustainable debt annual issuance - 25 septembre 2019

 

L’Allemagne dévoile un « Klimaschutzplan 2030 » tiède

Le crédo vert de la chancelière Merkel a baissé. En effet, l’Allemagne reste le sixième plus gros émetteur de carbone au monde (environ 2% du total). Elle n’a pas non plus respecté son objectif d’émissions fixé pour 2020. Cela peut expliquer les grandes manifestations à travers le pays et la montée incessante des partis écologistes (environ 20% des intentions de vote, plus que les sociaux-démocrates). Une majorité d’électeurs allemands considèrent maintenant la question du climat comme essentielle.

Dans une tentative de réaction, la chancelière Merkel a récemment reconnu que le changement climatique était un défi majeur pour l’humanité… La plus grande économie d’Europe dévoile un plan prévoyant la mobilisation de 54 milliards d’euros pour encourager les entreprises et les ménages à réduire leurs émissions de carbone. En bref, elle mettra en place un système d’incitations fiscales pour les consommateurs (type bonus-malus) et renforcera les taxes sur le carbone des entreprises polluantes. L’idée est de faire en sorte que le pays respecte… son engagement précédent visant à réduire de 55% son niveau de 1990 des émissions de carbone. Difficile d’appeler cela une percée définitive !

Le gouvernement de Merkel ne prend pas la juste mesure des principaux défis auxquels l’Allemagne et l’Europe sont confrontées

Le plan climat allemand ne traduit ni une vision audacieuse, ni une approche globale (européenne)

 

 L’heure est venue pour un Grand plan européen

Il y a environ une décennie, les États-Unis ont lancé leur programme TARP. Le Trésor américain a acheté / assuré plus de 700 milliards de dollars d’actifs en décotés. Ces injections de capitaux ponctuelles et à court terme étaient en totale contradiction avec les principes de base du capitalisme libéral – non interventionniste. Néanmoins, elles ont permis de sauver d’importantes banques américaines et quelques grands constructeurs automobiles. Il s’agissait d’une démarche visionnaire permettant à l’économie américaine d’éviter de sombrer dans une déflation corrosive par la dette.

L’Europe est sur le point d’affronter des problèmes comparables. Le système bancaire européen ne résisterait pas à une récession (grave).

Les préconditions se mettent progressivement en place pour un changement. En effet, la pression politique augmente rapidement en Europe du Nord et en Allemagne pour des initiatives audacieuses sur le climat. Une fenêtre s’ouvre donc pour une initiative paneuropéenne. L’émission de dette mutualisée par l’UE – par exemple les obligations vertes européennes – pour financer un plan climatique continental doit être envisagée. Il devrait essentiellement reposer sur les dépenses d’infrastructure plutôt que sur des incitations fiscales. Il pourrait même être financé par la BCE. Une telle cause majeure éclipserait sans doute les préoccupations d’austérité des pays d’Europe du Nord. En pratique, cela élargirait l’univers des titres autorisés à être achetés par la BCE à un moment où les obligations éligibles s’assèchent, ce qui pousse les taux d’intérêt en territoire négatif.

Draghi a été un maestro incontesté, qui a sauvé l’Euro de l’abysse

Espérons que C. Lagarde parviendra à faire fédérer les dirigeants européens et la BCE pour mener des politiques économiques sans précédent

  • L’Europe doit de toute urgence lutter contre le changement climatique et rétablir le capex / les dépenses d’investissement
  • Les opinions publiques semblent prêtes à soutenir les obligations vertes en euros
  • Les marchés des capitaux, affamés, absorberaient facilement les obligations vertes paneuropéennes
  • Ces obligations vertes seraient le premier pas vers une mutualisation plus large des risques en Europe, à terme

 

 

Obligations. La politique supplante les fondamentaux

Lors de sa réunion de septembre, le FOMC a décidé d’abaisser les Fed Funds de 25 pbs, à 1,75% -2,00%, ainsi que de 5 pbs son IOER. Le président Powell a confirmé que la Fed était prête à agir afin d’atténuer les pressions du marché monétaire. Une fois encore, Esther George et Eric Rosengren étaient favorables à des taux inchangés, tandis que James Bullard était favorable à une baisse de 50 pbs.

Differentes mesures de l'inflation US - 25 september 2019

Alors que la Fed a révisé ses perspectives, l’inflation aurait dû poser certains problèmes. L’hypothèse initiale de la Fed, selon laquelle la faiblesse de l’inflation était temporaire au T1, s’est révélée exacte. Compte tenu des récents développements régionaux, le PCE de base devrait rebondir et, conformément à la tendance actuelle, être largement supérieur à 2% au T1 2020. Cela ne changera pas la donne, mais si la croissance ne se dirige pas vers la récession, cela devrait remettre en question la confiance du marché en faveur de nombreuses autres baisses de taux. Cela explique également en partie les voix dissidentes au sein de la Fed. En outre, il existe une grande déconnexion entre l’inflation réalisée et les anticipations d’inflation depuis de nombreux mois, comme en 2016.

Source - bloomberg - 25 septembre 2019

L’optimisme entourant le Brexit s’est estompé et Merkel a minimisé les espoirs de relance budgétaire. Trump n’a pas aidé non plus quand il a dit qu’ils avaient besoin d’un accord complet ou d’aucun accord. Les craintes de guerre commerciale ont refait surface lorsque la Chine a annulé les visites de fermes.

L’épisode de stress sur le marché monétaire rappelle 2008. Mais ce n’est rien de plus que la conséquence de facteurs techniques. Les liquidités mises à la disposition des banques pour leurs besoins de financement à court terme se sont taries plus tôt la semaine dernière et les taux des marchés monétaires sont montés en flèche. Cela a forcé la Fed à injecter d’urgence 125 milliards sur 2 jours. La première injection de liquidité depuis la crise financière. Deux événements fortuits étaient à blâmer. Premièrement, les entreprises américaines ont retiré leurs avoirs des produits monétaires pour payer les impôts trimestriels. Et le même jour, les investisseurs devaient régler les 78 milliards de nouveaux bons du Trésor émis la semaine précédente. De plus, les réserves que les banques conservent auprès de la Fed, et qui sont disponibles au jour le jour aux autres banques, étaient à leur plus bas niveau depuis 2011. Ces facteurs ont permis de tester les limites du marché des prises/mises en pensions de 2’200 milliards. Quelle qu’en soit la cause, cet épisode a alimenté l’idée selon laquelle la Fed doit prendre des mesures pour éviter de nouvelles tensions.

  • Les obligations indexées à l’inflation constituent une alternative intéressante pour répartir les risques dans l’univers obligataire
  • Les risques d’une nouvelle réduction des Fed Funds avant la fin de l’année persistent, même si Powell a pris soin de ne pas commenter les mouvements à venir

 

Devises. La Norvège reste une exception

La Norges Bank a surpris les marchés avec sa 4ème hausse de taux en un an. Alors que cette hausse contraste fortement avec la plupart des autres banques centrales, les prévisions de la Norges Bank laissent à penser que ce pourrait être la fin de son cycle de resserrement. La banque centrale a relevé son taux directeur de 25 pbs, à 1,50%. La trajectoire des taux futurs a été révisée à la baisse, les risques globaux ayant poussé à la baisse les taux mondiaux. Le scénario de la Norges Bank attribue désormais une probabilité de 40% en faveur d’une hausse des taux au S1 l’année prochaine. Plus tard, les taux devraient demeurer inchangés, puis il y 30% de chances qu’ils baissent en 2022. Cela indique que les taux des obligations d’État sont plus susceptibles de baisser que de monter l’an prochain. Une hausse en mars reste une réelle possibilité, mais trop optimiste.

  • L’EUR/NOK devrait rester proche des 9,80

 

Devises. Enfin, une BNS pragmatique

Sans surprise, la BNS a maintenu son taux directeur inchangé à -0,75%. La décision de la BCE de baisser son taux directeur n’a pas influencé la BNS la semaine dernière, même si les responsables ont mis l’accent sur l’importance du différentiel de taux avec la zone euro. L’écart avec le taux directeur de la BCE est maintenant de 25 pbs, ce qui semble suffisant étant donné que les spreads de marché n’ont que peu bougé. Pour 2021, l’inflation attendue s’établit à 0,6% contre 1,1% auparavant. Ce taux est très bas et indique que des taux directeurs positifs sont peu probables dans les années à venir.

La grande surprise est venue de la révision par la BNS de son système de hiérarchisation des dépôts à vue soumis à des taux négatifs. Depuis 2015, la BNS a exonéré 20 fois le montant des réserves obligatoires des taux d’intérêt négatifs. À partir du 1er novembre, le seuil d’exemption pourra varier chaque mois et dépendra de l’évolution des bilans des banques. Pour la première période, la BNS a fixé le montant exempté à 25 fois. Dans l’ancien système, environ 50% de l’excédent de liquidité était exempté de taux négatifs. Dans ce nouveau système, environ 64% des excédents de liquidités seraient exemptés, soit environ 60 milliards de francs.

  • La BNS a été plus proactive qu’à son habitude. Les taux directeurs négatifs ont été assouplis
  • Le CHF restera influencé par les mouvements d’appétit/ aversion pour le risque.
  • Compte tenu de ses fondamentaux, le CHF restera orienté à la hausse

 

Actions. Airbus révise à la hausse ses prévisions d’ici à 2038

Airbus et Boeing mettent régulièrement à jour leurs estimations des tendances du transport aérien commercial sur les 20 prochaines années. Airbus vient de le faire.

Airbus prévoit un besoin de plus de 39’000 avions commerciaux neufs au cours des 20 prochaines années. La flotte mondiale d’avions passagers et cargo devrait doubler, passant de 23’000 avions à 48’000. La croissance annuelle du trafic aérien sera de 4.3%, la IATA estimant un doublement du nombre de passagers dans 20 ans à 8.2 milliards. Le trafic aérien résiste aux chocs économiques et l’urbanisation augmente le besoin de connexion entre les grandes agglomérations. Depuis 1970, le trafic aérien double tous les 15 ans. D’ici 2038, le trafic aérien va être multiplié par 3.2 en Chine et par 4.8 en Inde selon Airbus.

Croissance annualle du traffic passagers depuis 2006 - 25 september 2019

Progression du trafic aerien - 25 septembre 2019

Parmi les 48’000 avions, 39’500 seront des avions neufs (25’000 pour répondre à la croissance de la demande et 14’500 pour remplacer les anciens modèles) et 8’500 des appareils de la flotte mondiale actuelle. Boeing est plus optimiste et estime pour 2038 une flotte mondiale de 51’000 avions, dont 25’000 neufs pour répondre à la demande et 19’000 neufs pour remplacer les avions existants.

La segmentation sera à peu près égale à celle d’aujourd’hui, c’est-à-dire 75% d’avions monocouloir et 25% de fuselage large (2 couloirs) dont 15% moyen et 10% large.

Lors de l’Aviation Expo China à Pékin, le constructeur allemand de moteurs MTU Aero Engines a confirmé les belles perspectives à long terme pour l’aviation commerciale.

Les 2 seuls constructeurs sont Airbus et Boeing. Le C919 du chinois Comac aimerait concurrencer les A320 et B737, mais il a déjà 3 ans de retard et ne devrait pas entrer en service avant 2021 au plus tôt. En 2016, Comac et le Russe UAC ont créé une coentreprise en vue du développement d’un avion gros porteur, mais pas attendu avant 2027-2030. Safran, leader dans les équipements et la coentreprise CFM (Safran -GE) fournit 70% du marché mondial pour les avions monocouloir.

A court terme, les fabricants européens d’avions, de moteurs et d’autres équipements pourraient être sous pression en raison 1) d’une hausse des tarifs douaniers par Donald Trump pour les produits européens exportés aux Etats-Unis et 2) la faillite du voyagiste Thomas Cook avec une arrivée d’avions sur le marché (Thomas Cook avait 10 avions en propre et 107 avions en leasing). D’ici le 30 septembre, l’OMC publiera le montant du préjudice subi côté américain par les aides financières de l’Europe perçues par Airbus et quel sera le niveau de taxation que pourront imposer les douanes américaines aux produits européens comme l’huile d’olive espagnole, les fromages, les vins, les articles de luxe et … les avions. L’UTSR (US Trade Representative) estime ce préjudice à $25 milliards et certains pensent que les US auraient la folle idée de taxer à 100% les avions Airbus !

  • La hausse des estimations en besoin de nouveaux avions n’est pas une bonne nouvelle pour la planète
  • C’est une bonne nouvelle pour l’industrie de l’aviation commerciale
  • Mais surveiller les Etats-Unis vis-à-vis d’Airbus

 

Actions. Exportations horlogères suisses

En août, les exportations horlogères suisses ont progressé de 1.5% en CHF par rapport à août 2018. Mais la croissance continue de décélérer. Voir graphique.

Croissance des exportations horlogères suisses - 25 septembre 2019

En unités, les ventes reculent de 12.3%. Si elles augmentent en valeur, c’est grâce au segment Métaux précieux qui progresse de 7.2% en unités et de 5.3% en CHF et au segment Or-Acier avec +4.8% et +8.8%.

Le segment Plastique (qui concerne principalement The Swatch Goup) voit ses ventes reculer de 15.6% en unités et de 12.4% en CHF.

Hong Kong reste le 1er marché d’exportation des montres suisses avec une part de 13.3% (janvier-août 2019), suivi des USA avec 10.8, Chine 8.7%, Japon 7.6%, UK 6.4%, Singapour 5.7%, Allemagne 5.1%, France 4.9%, Italie 4.5%, Corée du Sud 4.4% et Emirats Arabes Unis 4.3%

Avec les turbulences politiques à Hong Kong, il n’est pas étonnant de voir une chute des ventes. Et Hong Kong est le 1er marché d’exportation des montres suisses. Heureusement que les USA, la Chine et le Japon compensent le déclin dans toutes les autres régions du monde. Mais les perspectives restent difficiles avec la crise à Hong Kong, le Brexit, les négociations sur les bilatérales entre l’UE et la Suisse, ainsi qu’un risque d’un large conflit militaire dans le Golfe persique.

  • The Swatch Group est la société la plus sensible à cet environnement adverse
  • Richemont devrait mieux résister

 

 

 

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