PLEION SA - Gestion De Fortune

HEBDO – Gestion de fortune – 22 mars 2019

PERFORMANCES 2019

ActionsObligations
MSCI Monde+12.1%CHF Corp+1.2%
S&P 500+12.7%US Govt+1.2%
Stoxx 600+12.6%US Corp+3.9%
Nikkeï+8.0%US HY+6.8%
SPI+13.5%EUR Gvt+2.7%
Chine+27.4EUR Corp+2.7%
Emergents+10.6%EUR HY+4.6%
DevisesMatières 1ères
USD index+0.1%Or+2.7%
EURUSD-0.7%Argent+0.4%
EURCHF+0.4%Pétrole+26.9%
USDCHF+1.2%CRB index+9.2%
USDJPY+0.9%
EM FX+2.6%

Un retournement significatif

La « Victoire » de Trump est devenue le triomphe de Kim

Le présomptueux président américain s’est vanté au lendemain du sommet de 2018 à Singapour. Il a mentionné plusieurs réalisations : fin des essais de missiles nord-coréens, démantèlement progressif des programmes d’armement de Pyongyang et dénucléarisation à venir de la péninsule coréenne à moyen terme. Dans la pratique, le tweet de Donald du 13 juin mentionnait qu’ « il n’y a plus de menace nucléaire en provenance de la Corée du Nord ».

Quelle nouvelle ineptie de Donald ! Dans le monde réel, la défiance de Kim a à peine disparu et les tests nucléaires civils et militaires se poursuivent presque au grand jour. Le commerce nord-coréen à la frontière chinoise a fortement accéléré. Les États-Unis ont réduit leur présence et leur pression militaires dans la péninsule coréenne et contraint leur allié, la Corée du Sud, à conclure un accord commercial avantageux. Les sanctions économiques ont en réalité été assouplies. De manière anecdotique, plusieurs gouvernements africains – notamment l’Egypte – se sont finalement abstenus de réduire leurs achats d’armes et de faire des affaires avec Pyongyang !

Kim s’est révélé excellent en relations publiques. Il a brillamment restauré son image et celle de son pays, les efforts des États-Unis pour isoler la Corée du Nord ont totalement échoué. Les États-Unis ont maintenant moins d’options pour l’atteindre

 

La sous-performance de la Chine par rapport aux États-Unis s’est terminée à l’automne 2018

MSCI a fait plaisir à la Chine – et implicitement à sa gouvernance – en multipliant de manière significative le poids du pays dans ses célèbres indices (marchés émergents). Cela peut expliquer, en partie, le rebond des actions A au cours des derniers mois grâce aux investisseurs avisés qui ont anticipé les afflux inévitables d’investisseurs indiciels.

Mais cela explique moins la reprise des actions H, qui sont d’ores et déjà investies par les épargnants internationaux. Le yuan a nettement rebondi par rapport à l’USD au cours des derniers mois, en dépit d’une économie chinoise toujours décevante. Les marchés semblent disposés à voir le verre à moitié plein et à parier sur la reflation chinoise.

graphique des marchés actions Chine 7 Etats-Unis depuis 3ans

L’épicentre de la correction des marchés des actions et du crédit au quatrième trimestre a bien été observé aux États-Unis, en dépit de la croissance exceptionnelle du pays, des bénéfices des sociétés, de l’emploi et d’une faible inflation. En examinant attentivement d’autres éléments, le déficit commercial des États-Unis est… en hausse, les agriculteurs américains font face à des faillites sans précédent, l’immobilier s’affaiblit sérieusement. Le Congrès n’est plus aussi bien intentionné à l’égard de l’Administration. Les marchés escomptent désormais un retour à la moyenne de l’économie et des marchés américains.

À coup sûr, Donald sera confronté à de graves problèmes – personnels – en 2019 …

… mais l’élan et le leadership américains, ont – eux aussi – culminé en 2018

 

Corée du Nord, guerre commerciale, pétrole, refinancement du déficit américain sont différents éléments d’une même problématique

Les asiatiques portent une attention particulière aux symboles et aux images. Tout le monde a remarqué que Kim a célébré son 35e anniversaire en Chine, lors de sa visite à Xi, avant son face à face avec Donald à Hanoi. Sur une base relative, les banques centrales étrangères achètent moins d’USD et les investisseurs étrangers sont moins enclins à acheter des bons du Trésor américain.

Trump a désespérément besoin d’une victoire, une vraie en fait. En fin de compte, il pourrait renoncer aux droits de douane (ce qui est une bonne nouvelle pour l’économie mondiale) en échange d’importants flux commerciaux et de capitaux chinois. Cela renforcerait finalement la Chine, sans pour autant empêcher – plus tard – une confrontation dramatique sur des questions structurelles telles que la sécurité, la propriété intellectuelle, le transfert de technologie, les télécommunications, etc. Avant ça, le statut de monnaie de réserve mondiale de l’USD pourrait bien être attaqué, y compris par d’autres pays alliés. S’attaquer à l’Europe à tous les niveaux, avec des tarifs douaniers, pourrait bien en être le déclencheur ultime.

Un accord commercial serait bon – à court terme – pour l’économie mondiale

Mais, en l’absence d’un accord beaucoup plus complet, cela ressemblerait à une « capitulation » américaine et ne constituerait qu’une trêve temporaire

  • Beaucoup de choses échappent au contrôle américain, pas pour le meilleur
  • On profitera de la bonne tenue des marchés pour le moment, mais en restant vigilant : les marchés des obligations souveraines et de l’or traduisent le scepticisme face aux incertitudes futures
  • Malgré la hausse récente des actifs risqués, le régime d’investissement mondial reste complexe et peu lisible

 

Obligations. Les obligations émergentes en devises locales restent une poche de valeur et de diversification

Au cours des premières semaines de l’année, l’assouplissement des conditions financières et l’optimisme grandissant à l’égard des négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine ont soutenu les obligations émergentes en devises locales. Le ralentissement de la croissance mondiale représente toutefois un défi croissant pour ces actifs, pour lesquels les performances récentes ont été étonnamment médiocres.

performances des monnaies emergents en 2019

Parmi les devises émergentes à haut rendement, par exemple, depuis le début du mois de février, le portage a été largement effacé par la faiblesse de la monnaie dans de nombreux cas. Cela peut refléter soit un positionnement déjà surpondéré des investisseurs, soit des perspectives de croissance encore fragiles des marchés émergents.

flux mensuels dans les ETFs en obligations emergents

Les entrées dans les fonds dédiés à la dette des pays émergents ont été particulièrement fortes en janvier et en février. Malgré un ralentissement général des données économiques émergentes, comme en témoigne la détérioration de l’indice des surprises économiques, qui est revenu à ses plus bas de 2018, les entrées de capitaux ont été importantes. Les indicateurs du crédit en Chine ont montré les premiers signes de stabilisation, indiquant que la croissance chinoise pourrait être proche d’un point bas. Mais la probabilité d’un fort rebond de la croissance reste faible, en particulier compte tenu du nouvel objectif officiel de croissance, réduit à 6,0-6,5%.

Surprise economique

Nous entrons dans une période électorale intense pour les pays émergents, en particulier en Asie. Des élections sont prévues en Thaïlande et en Ukraine d’ici la fin du mois, en Inde et en Indonésie en avril, et en Afrique du Sud et aux Philippines en mai. Les élections en Turquie fin juin complèteront la série. La Thaïlande et la Turquie seront les pays les plus scrutés, les acteurs au pouvoir devant l’emporter dans les autres pays.

L’environnement global est devenu un peu plus difficile ces dernières semaines, le ton plus accommodants des banques centrales du monde entier semble plus augmenter les risques que les opportunités à ce stade. Cependant, nous croyons que des opportunités existent dans les émergents. Un tassement de la croissance, une faible inflation et un surcroit de rendement constituent un contexte approprié pour favoriser les obligations des pays émergents. À l’exception de la Turquie, de l’Inde et du Mexique – qui représentent à eux trois 12% du marché obligataire en devises locales -, les autres pays offrent une prime plus élevée en termes nominaux et réels par rapport aux États-Unis et aux autres économies développées.

Les primes de risque des obligations à 10 and par rapport au 10ans us

En outre, la corrélation avec les obligations coeur, telles que les obligations du Trésor américain, est revenue à ses niveaux les plus bas de la dernière décennie, faisant des obligations émergentes en devises locales un outil de diversification dans un portefeuille obligataire.

  • Le surcroit de rendement des obligations émergentes en monnaies locales, donc leur valorisation, reste attrayant
  • Elles restent un bon diversifiant dans un portefeuille

 

Devises. L’EUR/CHF est coincé dans une fourchette étroite

La prochaine réunion de la BNS se tiendra le 25 mars. Compte tenu des récentes révisions à la baisse de la croissance et de l’inflation en zone euro par la BCE, il semble peu probable que la BNS revoie ses prévisions de croissance et modifie sa rhétorique. Même si les dernières données du CPI ont légèrement surpris à la hausse avec un modeste +0,6% en rythme annuel.

Depuis quelques mois, l’EUR/CHF est bloqué dans une petite fourchette comprise entre 1,12 et 1,15. Même lorsque la volatilité des marchés a atteint un pic au S2 2018, l’EUR/CHF est resté collé. Dernièrement, sa fourchette de fluctuation s’est même resserrée.

En termes réels, le CHF ne semble pas particulièrement cher et les possibilités d’intervention de la BNS sur le marché des changes restent limitées. Le bilan de la BNS reste le plus important parmi les pays développés à 118% du PIB (ou 827 milliards de CHF). Il doit être comparé au 102% de la BoJ, 40% de la BCE, 23% de la BoE et seulement 19% de la Fed. Il est peu probable que cette inertie politique change, éliminant ainsi un éventuel impact haussier venant du CHF sur l’EUR/CHF.

positionnement spéculatif sur les devis refuges

Toute nouvelle détérioration de l’appétit pour le risque à l’échelle mondiale, dans le contexte des élections européennes, entraînera une surperformance du CHF. Les paris sur la baisse des monnaies dites refuges, à savoir le JPY et le CHF, ont repris depuis le début de l’année avec le retour de l’appétence pour le risque. Cependant, l’ajustement du positionnement sur le CHF est en retard.

  • Le positionnement en CHF pourrait davantage s’ajuster
  • Un CHF plus faible reste notre scénario central. Attendre une cassure de la limite supérieure de la fourchette actuelle à 1.14 pour réinitier des positions

 

Actions. Le S&P 500 peut-il retrouver son plus haut historique ?

Le S&P 500 est sur la résistance des 2’820 points ; une cassure à la hausse signalerait un retour vers le plus haut historique à 2’930 points, soit une hausse de 4%. Le chaos du Brexit, la nouvelle bagarre entre l’Administration de Trump et le Congrès sur la loi d’urgence nationale nécessaire à la construction du « mur », la guerre technologique entre les USA et la Chine et l’histoire sans fin d’un accord commercial attendu entre les Etats-Unis et la Chine ne perturbent guère la bourse américaine, ni les autres d’ailleurs. La défaillance de Boeing pourrait compliquer les négociations commerciales entre les US et la Chine sur les importations chinoises de biens US : les compagnies aériennes et les sociétés de leasing chinoises représentent les plus importantes commandes, hors US, de 737 Max .

Le retour de la Fed et de la BCE vers un discours accommodant et prudent est certainement un facteur de soutien.

Cependant, pour que le S&P 500 aille plus haut, il faut que l’économie poursuive sa croissance, même sur un petit rythme et que la progression des profits se poursuive. Récemment, les chiffres économiques US étaient faibles, mais quelques données commencent à s’améliorer, comme dans les services, la consommation de biens durables ou l’immobilier. La hausse des autres actifs risqués, pétrole, cuivre, crédit/HY, suggère que les investisseurs restent confiants dans la croissance économique. Les obligations et l’or donnent un message plus prudent.

Au niveau micro, les révisions à la baisse de la croissance des profits ont cessé depuis un mois. La fin du 1er trimestre 2019 approche, alors que Factset estime un recul des profits de 3.6% et Lipper Refinitiv un recul de 1.3%. Les plus fortes contributions négatives seront l’Energie, les Matériaux et la Technologie. Par contre, dès le 2ème trimestre, les profits devraient de nouveau croître.

La sénatrice Elizabeth Warren poursuit sa croisade contre les grandes sociétés de la technologie, visant en particulier Amazon, Facebook et Google, et promet un démantèlement, si elle devient présidente des Etats-Unis, pour promouvoir plus de compétition.

Si les résultats des sociétés pour le 1T19 sont meilleurs qu’attendu, le S&P 500 pourrait tenter de retester le plus haut historique. Le taux de participation a été faible durant le rallye des 3 premiers mois 2019 et les investisseurs seraient tentés de réduire leurs importantes liquidités.

rebond du msci monde malgré des sorties de capitaux

  • La consolidation actuelle des indices boursiers est positive à court terme
  • Elle n’empêchera pas les indices de progresser à nouveau si les fondamentaux continuent de le justifier

 

Actions. Boeing dans la tourmente

Le système anti-décrochage MCAS (Maneuvering Characteristics Augmentation System) du 737 Max 8 et 9 est en cause. Avant et après les 2 accidents de Lions Air et Ethiopian Airlines, plusieurs pilotes américains avaient rapporté un dysfonctionnement de ce dispositif. Boeing va installer un correctif dans les 2-3 prochaines semaines.

Le 737 Max est l’avion qui a connu/connait le plus gros succès, avec 5’000 avions en commande. Selon les analystes, les 737 Max devraient compter pour 30% des revenus et 40% des profits de Boeing en 2020 lorsque le 737 Max entrera en pleine production. La facture totale est difficile à déterminer, mais sur les 385 unités en circulation, elle est estimée entre $2-3 milliards, comprenant les dédommagements aux compagnies aériennes, voire $5 milliards pour certains analystes. Air Canada, une des compagnies les plus affectées par le grounding, vient d’annoncer un impact important sur ses résultats 2019. Le coût dépendra aussi du temps d’immobilisation des appareils. Mais sur le plan financier, cette grave crise est gérable pour Boeing qui a généré un cash flow opérationnel de $15 milliards en 2018 et un cash flow libre de $13.6 milliards.

En termes de sécurité, les 2 accidents sont majeurs pour Boeing, mais ils ne remettent pas en cause le programme 737 Max. Dans le segment des avions mono-couloir, il n’y a que 2 constructeurs, Boeing et Airbus. Il y a aussi le Chinois Comac C919, mais son avion n’est pas encore sur le marché en raison de retards et l’intégralité de ses commandes provient de compagnies chinoises.

Sur la fiabilité du 737 Max, il va falloir convaincre le régulateur, les compagnies aériennes et les clients finaux, ceux qui montent dans l’avion. Une fois le problème réglé, il n’est pas sûr que la Federal Aviation Administration (FAA) et les autres régulateurs lèvent immédiatement l’immobilisation au sol. Boeing et la FAA semblent avoir été très complaisants avec le 737 Max en lui permettant de voler alors que les pilotes n’ont pas été entraînés avec le nouveau logiciel. La solide réputation de la FAA en a pris un coup, alors que c’est Donald Trump lui-même qui a donné l’ordre du grounding des 737 Max.

Malgré les 2 accidents du 737 les accidents au plus bas historique grace a la technologie

Le cours de l’action Boeing a perdu 11% depuis le 11 mars. Le grounding pourrait durer entre 3 semaines (le scénario le plus probable) et 2 mois. Le segment des mono-couloirs est d’une importance majeure tant pour Boeing et Airbus que pour les compagnies aériennes.

Support sur les MACD 100 et 200 jours

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