PLEION SA - Gestion De Fortune

HEBDO – Gestion de fortune – 22 août

PERFORMANCES 2019

ActionsObligations
MSCI Monde+13.4%CHF Corp+4.1%
S&P 500+16.7%US Govt+8.1%
Stoxx 600+11.0%US Corp+13.4%
Nikkeï+3.1%US HY+10.4%
SPI+21.6%EUR Gvt+9.5%
Chine+26.0%EUR Corp+7.7%
Emergents+1.8%EUR HY+7.3%
DevisesMatières 1ères
USD index+2.1%Or+17.3%
EURUSD-3.2%Argent+10.5%
EURCHF-3.2%Pétrole+12.6%
USDCHF+0.1%CRB index+0.9%
USDJPY-3.0%
EM FX-2.7%

La saison des baleines est ouverte

Les leaders politiques populistes provoquent de graves pertes

La Turquie a commencé il y a quelques mois, grâce au président Erdogan. La livre turque s’est effondrée à la suite du limogeage brutal et injustifié du président de la banque centrale. Erdogan a condamné « une politique monétaire trop restrictive et des taux trop élevés ».

Ensuite, l’Argentine a connu un lundi noir. La défaite électorale de Macri lors des élections primaires a traumatisé les marchés et la devise argentins. Le retour probable de Kirchner & Co, en octobre prochain, rappelle une période économique difficile. Il semble que « l’humiliation » du recours du pays au FMI en 2018 et la stagflation enracinée ne sont plus acceptables pour les principaux décideurs. Les péronistes ont de bonnes chances de revenir au pouvoir.

Trump, comme d’autres autocrates, ne peut s’empêcher de continuellement discréditer la banque centrale. Ce faisant, il met sérieusement en cause son indépendance. Cela alimente la volatilité des marchés, tout comme sa manie destructrice d’utiliser les tarifs douaniers, comme arme de persuasion.

Les leaders populistes manœuvrent. M. Salvini pourrait bien être le prochain

L’improbable – mais pas impossible – renvoi de J. Powell serait dramatique

Le secteur privé suit la même voie

Deutsche Bank – dans sa structure actuelle – entre probablement en phase terminale. La fusion avortée avec Commerzbank et la dernière tentative de restructuration ont clairement manqué d’amplitude, d’ambition et de vision. Certes, les entreprises allemandes n’ont pas l’habitude d’être dans une position aussi faible sur le marché intérieur et extérieur. Mais la sclérose du pays devant un tel risque, quasi-systémique, est pathétique. Le risque d’effet-domino, qui affecterait l’ensemble du système bancaire allemand et pourrait bientôt se réaliser, si une sérieuse récession se produisait.

General Electric est attaquée par le glorieux lanceur d’alerte de Madoff. Un rapport à charge, de 175 pages, a été rendu public le 18 août. La société est supposée être une fraude ressemblant à Enron … Avant cette attaque (ultime ?), de nombreuses questions avaient été soulevées au sujet de la pérennité de la société, notamment en ce qui concerne les énormes carences de financement de son fonds de pension et ses transactions financières « opaques ». La peur est palpable …

Les dommages collatéraux d’une répression financière beaucoup trop longue deviennent de plus en plus visibles à mesure que la conjoncture mondiale faiblit. Durant ces périodes de forte incertitude / crise, les marchés financiers s’apparentent à une partie de pêche à la dynamite. La Turquie et l’Argentine se sont révélées être des poissons de taille moyenne. La question clé est : « qui sera la baleine à la fin de la séquence !? »

Le « bal des damnés »

La décélération inévitable de la croissance n’est favorable ni aux dirigeants populistes confrontés à des élections prochaines, ni aux poids lourds affaiblis de la finance

Ces acteurs dont l’importance est significative, pourraient compromettre la croissance et la stabilité financière

L’abondance de liquidité sera illusoire en cas de déclenchement d’une crise

Notre prudence et notre allocation restent inchangées

 

Devises. Une Norges Bank toujours désynchronisée

Comme la plupart des monnaies sensibles aux variations conjoncturelles, la NOK est de retour à son plus bas niveau jamais atteint, comme en décembre dernier, lorsque l’aversion au risque était à son maximum. Depuis, la banque centrale norvégienne a relevé par deux fois ses taux. La grande question était de savoir si les décideurs politiques allaient explicitement faire allusion à un troisième relèvement en septembre. Face à l’incertitude mondiale croissante, la banque centrale a décidé de garder toutes les options ouvertes. La Norges Bank a indiqué que ses perspectives de taux n’avaient guère changé depuis juin. Alors que les prix du pétrole ont chuté, la NOK s’est considérablement affaiblie pour atteindre un niveau que les décideurs n’avaient pas intégré dans leurs prévisions. Les anticipations de fermeté des taux d’intérêt mondiaux ont considérablement diminué cette année. Cela devrait se traduire également par une baisse du taux d’intérêt norvégien. Une grande partie de ces arguments était déjà là avant la réunion de juin. Ainsi, finalement, la décision de ne pas mentionner une hausse de taux en septembre est logique. Une hausse des taux lors de la prochaine réunion ne peut toujours pas être totalement exclue. Si le plan de la banque centrale reste de relever les taux à nouveau cette année, décembre semble beaucoup plus probable.

La NOK n’en demeure pas moins l’une des devises les moins chères parmi les économies développées.

EUR/NOK

  • La NOK restera à la merci de l’économie mondiale et de l’appétit pour le risque ces prochains mois/semaines
  • Au niveau actuel, elle représente une alternative intéressante aux investissements en EUR car les taux sont nettement plus élevés

 

Devises. Le risque d’un Brexit sans accord a augmenté

Après une série de données très décevantes au Royaume-Uni, dont la dernière n’est autre que le PIB pour le T2, nous constatons un léger rebond. L’économie britannique s’est contractée de 0,2% au T2, le premier chiffre de croissance négatif du PIB depuis 2012. La croissance des salaires au Royaume-Uni a atteint un nouveau pic depuis la crise en raison de la pénurie persistante de compétences sur le marché du travail. Cela a soutenu l’inflation. À 2,1%, l’inflation en juillet était légèrement plus élevée que prévu. Ce sont les principales raisons pour lesquelles il est probablement trop tôt pour que la Banque d’Angleterre n’évoque des baisses de taux.

Un Brexit sans accord est sans doute devenu plus probable ces derniers jours. L’UE ne devrait pas offrir grand-chose et le Parlement doit faire face à une dure bataille pour empêcher le Premier ministre de sortir sans négocier. Néanmoins, même dans ce cas, une élection semble très probable – et affronter les électeurs sans un accord serait très risqué pour le Parti conservateur du premier Ministre.

Les deux principales zones de support se situent à 1,15 et 1,20. Tandis que les surprises économiques s’améliorent, le GBP devrait être la dernière devise à bénéficier d’un regain d’appétit pour le risque. Le GBP reste pénalisé par la probabilité croissante d’élections anticipées ou d’un Brexit difficile, les deux scénarios étant mauvais pour le GBP.

  • Cela étant dit beaucoup de mauvaises nouvelles sont déjà intégrées dans le cours actuel

 

Actions. Huawei arrive avec son HarmonyOS

L’embargo américain sur Huawei pousse le groupe chinois à réduire sa dépendance envers les produits/systèmes US. Huawei a annoncé qu’il allait implémenter sur ses smartphones son propre système d’exploitation open source, HarmonyOS.

C’est un pari audacieux, mais possible, alors que d’autres avaient essayé, avant d’échouer, comme BlackBerry ou Microsoft. HarmonyOS va concurrencer directement Android de Google. Aujourd’hui, le marché de l’Operating System est un duopole entre iOS qui équipe les iPhones d’Apple et Android tous les autres smartphones, chinois compris. Si Blackberry et Microsoft n’avaient pas réussi à s’imposer, c’est qu’ils attaquaient un marché « contrôlé » par iOS et Android. Par contre, si les fabricants de smartphones chinois adoptent HarmonyOS dans un contexte de guerre technologie large entre les Etats-Unis et la Chine, Huawei a toutes ses chances dans un marché chinois qui compte 800 millions d’utilisateurs. Dans un si grand marché, Huawei va pouvoir tester et corriger rapidement toutes les erreurs du système.

Les fabricants chinois représentent 47% du marché mondial des smartphones (classement avant embargo US sur Huawei) : Samsung 23%, Huawei 18%, Apple 14%, Oppo 10%, Xiaomi 10%, Vivo 9%, LG 3%, Motorola 3%, autres 10%. La part de marché d’Android est de 86%.

HarmonyOS est destiné à tous les supports, PC, smartphones, tablettes, TV, objets connectés, et Huawei va investir $1 milliard dans les applications, car sans application, l’OS (operating system) ne fonctionnera pas. Pour inciter les développeurs d’applications pour Harmony, Huawei veut réduire ses commissions de plus de 50% par rapport à celles de Google et d’Apple. Pour réussir, Huawei doit séduire les développeurs. Dans l’immédiat, Huawei ne songe pas à remplacer Android sur les smartphones, mais HarmonyOS est un plan B sérieux en cas de guerre totale avec les Etats-Unis.

Google a beaucoup à perdre si la guerre technologique devait se durcir. Android est une open source, donc Google ne gagne pas d’argent sur Android. Les 2 sources principales de revenus sont : éviter de payer des charges pour mettre le moteur de recherche Google sur un autre OS, moteur de recherche qui génère d’importants revenus publicitaires et Google Play Store (Music, Books, Games, Movies & TV) qui prend une commission de 15% sur chaque vente ; Google Play a généré un revenu de $25 milliards en 2018 (+27% par rapport à 2017), représentant 20% des revenus totaux du groupe Alphabet. Pour comparaison, Apple App Store a eu des revenus de $46.6 milliards en 2018.

Source : SensorTower

  • L’expansion d’HarmonyOS est un risque pour Google

 

Actions. L’énergie, un secteur mal aimé

Les prix du brut ne grimpent pas malgré les tensions géopolitiques dans le Golfe persique et les embargos sur les exportations iraniennes et vénézuéliennes de pétrole. Les rebelles houthis du Yémen, alignés sur l’Iran, viennent d’attaquer un des plus grands champs pétroliers saoudiens à l’aide de drones. Mais les craintes d’une récession globale dominent sur les prix et la situation est différente des années 1973-1981 avec des Etats-Unis auto-suffisants en pétrole aujourd’hui.

Malgré des rendements des dividendes élevés, supérieurs à 5% pour les majors, les investisseurs délaissent un secteur où la demande de pétrole va diminuer avec l’expansion de la voiture électrique et les mesures contraignantes sur les énergies fossiles. Les gérants de fonds globaux ne s’intéressent plus à un secteur qui ne compte que pour 5% dans les indices globaux.

Le poids du secteur du pétrole dans le S&P 500 a considérablement diminué depuis 1980, de 30% à 5% aujourd’hui

Les bulls argumentent que la demande de pétrole reste solide et que l’OPEP (30% de la production mondiale de pétrole) a une marge de manœuvre de 3 millions de barils/jour pour « contrôler » les prix. Ils doutent également du modèle d’extraction américain de schiste. La production US a augmenté au prix d’un endettement inquiétant et des pertes importantes. Depuis 2014, 174 sociétés US de pétrole et de gaz ont demandé à être protégées par la loi sur les faillites pour restructurer plus de $100 milliards de dettes. La demande de la protection de la loi américaine des faillites par Weatherford (services pétroliers) en juin représente une alarme pour le secteur des services pétroliers. Schlumberger, Halliburton ou Baker Hughes voient le cours de leurs actions au plus bas depuis 15 ans.

Les producteurs US de schiste ont cumulé $184 milliards de cash-flow négatif depuis 2010

Les services pétroliers subissent le manque d’investissements des producteurs qui doivent répondre aux exigences des actionnaires par une hausse des dividendes et par des programmes de rachats d’actions. L’austérité chez les entreprises de services pétroliers va dominer et les fusions et acquisitions devraient s’accélérer dans les services pour réduire les coûts et gagner du pricing power vis-à-vis des producteurs.

Il n’y a pas de prime de risque géopolitique sur les prix du pétrole. Il n’est pas sûr que le secteur pétrolier monte si les prix grimpent en raison d’une escalade militaire, car dans l’immédiat ce serait un choc de l’offre et non de la demande. Puis plus tard un choc baissier sur la demande en raison de nouvelles craintes de récession globale. En général, le secteur de l’énergie surperforme en période d’accélération de la croissance économique ; aujourd’hui, c’est l’inverse.

  • Sous-pondérer le secteur pétrolier

 

 

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