PLEION SA - Gestion De Fortune

HEBDO – Gestion de fortune

PERFORMANCES 2019

Actions Obligations
MSCI Monde +20.8% CHF Corp +2.9%
S&P 500 +24.2% US Govt +7.4%
Stoxx 600 +20.0% US Corp +14.1%
Nikkeï +16.4% US HY +12.1%
SPI +28.2% EUR Gvt +8.8%
Chine +28.9% EUR Corp +8.1%
Emergents +7.3% EUR HY +8.5%
Devises Matières 1ères
USD index +1.4% Or +15.3%
EURUSD -3.3% Argent +9.3%
EURCHF -2.7% Pétrole +17.9%
USDCHF +0.7% CRB index +6.1%
USDJPY -0.7%
EM FX -3.2%

Les – bonnes – choses vont et viennent

 La ceinture du maïs enrage

En 2005, la loi américaine sur la politique énergétique (Energy Policy Act) a promulgué une norme sur le carburant renouvelable (RFS), exigeant que des milliards de gallons de biocarburant soient mélangés au carburant à la vente au détail. Depuis lors, la superficie totale consacrée au maïs et au soja (utilisés pour la fabrication de biodiesel) a augmenté d’environ 20 millions d’acres. En conséquence, le Midwest rural a connu une amélioration spectaculaire de la demande de maïs et de soja. En fait, environ 40% de la production de maïs est consacrée à l’éthanol.

Source USDA - 06.12.19

Mais récemment, les choses ont radicalement changé pour différentes raisons. L’année dernière, les forces se sont alignées pour réformer le RFS. En bref, la Maison Blanche a décidé de réduire progressivement son soutien à cette industrie, à la suite de l’effondrement des prix du pétrole. Par conséquent, l’administration Trump a accordé des exceptions aux raffineries en ce qui concerne la proportion d’éthanol qu’elles doivent inclure dans le biofuel final.

En plus de cela, le Midwest rural a été touché par les inondations et les tarifs douaniers cette année.

Dans ce contexte délicat, les producteurs de maïs et les politiciens ont livré un message à Trump à la fin de l’été dernier. Maintenez les politiques qui nuisent au maïs et incitent les usines d’éthanol à fermer, et vous allez perdre une partie de votre base politique…

Surprise surprise, début octobre, l’Agence de protection de l’environnement et le ministère de l’Agriculture ont adouci les nouvelles directives sur l’éthanol pour aider les producteurs de maïs et de soja. Elles veilleraient notamment à ce qu’un mélange d’essence composé de 15% d’éthanol soit disponible non seulement aux pompes à essence existantes, mais également aux nouvelles. La proposition comprend également des mesures favorisant l’exportation d’éthanol sur les marchés étrangers. Les ¨ceintures de la rouille et du maïs¨, qui ont soutenu Trump, subissent de plus en plus de problèmes économiques. Le clientélisme de l’administration Trump tente de contenir leur mécontentement.

Les États industriels et producteurs de maïs ont largement soutenu Trump il y a trois ans

Des conditions économiques difficiles pourraient changer l’orientation politique dans ces États en 2020

 

Des primaires passionnantes

Les primaires démocrate se déroulent avec le suspense et les rebondissements habituels. La confrontation entre l’aile « socialiste » / gauche et celle plus centriste a connu un dernier rebondissement spectaculaire avec l’arrivée de M. Bloomberg. Maintenant, le pôle plus centriste (un ticket Biden plus Bloomberg) devance Warren, qui était largement en avance l’été dernier.

Incidemment, la montée d’Elizabeth Warren – candidate considérée peu favorable aux marchés – avait coïncidé avec une période beaucoup plus volatile pour les marchés financiers. Sa récente – forte – baisse est également en phase avec le rebond de Wall Street !

Election presidentielles americains - 06.12.19

La victoire de Trump, Warren ou celle d’un ticket Biden / Bloomberg signifierait des résultats bien différents pour l’économie et les marchés financiers

  • À terme, les élections américaines de 2020 auront un impact significatif sur les marchés
  • Mais ne tirons pas de conclusions prématurées, car l’incertitude électorale est beaucoup trop élevée à ce stade

 

Obligations. Stress sur le haut rendement

Selon les dernières minutes du FOMC, plusieurs membres ont indiqué que les déséquilibres sur le marché de la dette privée avaient augmenté. La Fed craint que la dégradation de la qualité du crédit ne conduise à un cruel élargissement des spreads. Ce n’est pas nouveau. Selon les données économiques de la Réserve fédérale, la dette des entreprises non financières a progressé de 64% au cours de la dernière décennie pour atteindre 10 trillions de dollars, mais les bénéfices ont considérablement augmenté. Ils ont cependant atteint un top en 2014, même s’ils ont rebondi l’an dernier grâce aux baisses d’impôt sur les sociétés.

Les marchés du crédit ont généré des performances impressionnantes cette année dans la plupart des segments. Dans celui du high yield, une part importante des obligations se négocie maintenant à peu près ou à leur pleine valeur. Les prix devraient plafonner. Selon BoA, près de 90% des obligations notées BB se négocient maintenant à leur date de 1er call et la convexité négative est à son plus bas niveau depuis la crise du tapering de la Fed de 2013.

Aux États-Unis, l’endettement net des sociétés investment grade approche de sommets quittés depuis le début des années 2000. Le segment du high yield a déjà dépassé son précédent sommet depuis des années. Après deux années de baisse importante, l’effet de levier du high yield a brutalement repris sa trajectoire haussière.

Les sociétés à rendement élevé ont profité d’une période prolongée de taux bas et de la recherche du rendement pour massivement émettre.

La dette des entreprises US, exprimée en pourcentage des bénéfices, augmente également régulièrement. Selon Moody’s, elle a récemment atteint 840% des bénéfices avant impôts pour les sociétés non financières US. Une nouvelle hausse pourrait conduire à une hausse du taux de défaut du high yield.

Source moodys - 06.12.19

Ces dernières semaines, les spreads de crédit sont restés stables. Les obligations notées CCC sont une exception notable. Le spread CCC s’est élargi de plus de 80 pbs le mois passé et son rendement a dépassé la barre des 11,5%. C’est un signe de stress, alors que les marchés actions atteignaient de nouveaux sommets. Depuis le début de l’année, la situation est encore pire. Tous les autres segments du crédit affichent des spreads plus serrés, tandis que le spread des CCC s’est légèrement élargi. En conséquence, le coupon moyen des obligations notées CCC est désormais nettement inférieur à son rendement moyen, ce qui augmente le risque de refinancement dans les mois à venir.

L’élément le plus surprenant est qu’en même temps, le spread du cross-over, à savoir le différentiel de spread entre les obligations notées BB et BBB, s’est réduit pour atteindre son niveau le plus serré. Cela illustre bien la recherche de rendement et la complaisance du marché pour les obligations de la partie supérieure du high yield.

CCC-BBB - 06.12.19

  • Remonter dans la qualité du crédit, privilégier les obligations investment grade
  • Le BBB est toujours l’endroit où il faut être car les entreprises feront tout ce qui est possible pour protéger leurs notations
  • Les obligations high yield offrent actuellement très peu de valeur

 

Devises. La croissance suisse n’est pas aussi bonne qu’il y paraît

Le PIB suisse a progressé de 0,4% au T3 2019, après 0,3% au T2, principalement soutenu par les exportations de produits chimiques, de produits pharmaceutiques et d’énergie. Selon le SECO, sans la contribution de ces secteurs, la croissance aurait été proche de zéro. Globalement, le ralentissement conjoncturel est confirmé. La consommation privée a ralenti. Les investissements en biens d’équipement et en construction se sont légèrement redressés.

Switzerland KOF - 06.12.19

L’économie suisse continue de faire face à des obstacles, même si des signes de stabilisation apparaissent. Les indicateurs avancés restent incertains mais ont cessé de baisser en octobre. L’indice PMI composite s’est établi à 49 en octobre, en forte hausse par rapport à 43,4 en septembre.

L’indicateur avancé du KOF a également légèrement rebondi, passant de 93,1 en septembre à 94,6 en octobre. La question qui se pose maintenant est de savoir si la hausse de ces indicateurs est temporaire ou si elle annonce une accélération de l’économie suisse.

  • Trop tôt pour espérer une faiblesse du CHF

 

 Actions. L’impact du ralentissement automobile sur la croissance mondiale

Dans ses derniers rapports, Fitch Ratings dit que le ralentissement du marché automobile mondial a eu un impact significatif sur la croissance économique globale et le ralentissement manufacturier.

En 2019, le recul des ventes sera plus marqué qu’en 2018, avec une baisse importante (-11%) en Chine, le plus grand marché automobile mondial. Les ventes en Europe et aux Etats-Unis devraient diminuer d’environ 2%. Fitch Ratings et Moody’s Investors Service estiment qu’il n’y a pas de raison que le marché de l’automobile rebondisse en 2020.

Global Car Sales - Annual Charge - 06.12.19

Un choc sur la demande de voitures a évidemment un impact négatif sur les constructeurs et les équipementiers, mais aussi sur l’acier, l’aluminium, le verre, le caoutchouc, le cuivre, l’automation et la robotique, les semi-conducteurs, la chimie des spécialités,… Le secteur automobile compte pour 44% de la demande mondiale de robots industriels et de systèmes d’automation. Pour ne citer que quelques exemples, des sociétés comme ABB, Sika, EMS-Chemie, Autodesk et Dassault Systèmes, les deux leaders mondiaux dans les logiciels pour les robots industriels, sont affectés par un recul des ventes de voitures.

L’effet multiplicateur du secteur automobile à 2.4x est le plus élevé dans l’économie, c’est-à-dire qu’un changement de 1 unité dans la demande finale se répercute 2.4x plus fort sur toute la chaîne industrielle. En 2018, un déclin de 4 points de base des ventes mondiales de voitures a réduit le PIB mondial de 0.2%.

Après l’annonce de suppression de 9’500 postes chez Audi, Daimler a annoncé au moins 10’000 suppressions d’emplois d’ici 2022 pour financer la coûteuse transition électrique. Les principaux constructeurs et équipementiers ont annoncé ces derniers mois 30’000 suppressions d’emplois. D’ici 2025, quelques 114’000 emplois disparaîtront en Allemagne. Le secteur automobile en Allemagne représente près de 5% du PIB, 880’000 emplois en direct et 19.5% de la production manufacturière. Selon le FMI, le secteur automobile mondial compte pour 5.7% du PIB et 8% du commerce mondial.

Thomson Reuters, ODDO BHF Securities - 06.12.19

Certains analystes pensent que le pic des ventes de voitures, Peak car, est derrière nous en raison de la transition vers les moteurs hybrides/électriques et la réduction des émissions de CO2. L’équipementier allemand Continental vient de procéder à des correctifs de valeurs, considérant que les ventes mondiales de voitures ne rebondiront pas dans les 5 prochaines années à cause de cette période de transition technologique coûteuse et la guerre des grandes villes européennes contre les moteurs diesel, mais aussi et autant à cause d’un monde qui devient protectionniste, favorisant la production locale et la hausse des tarifs douaniers d’importation.

Etats-unis ventes de voitures en unites - 06.12.19

Chine. Ventes de voitures - 06.12.19

On connaît l’adage qui dit que quand l’immobilier va, tout va. Mais on prend conscience aujourd’hui de l’importance du secteur automobile et il devient urgent que les Etats agissent avec des projets politiques écologiques, qui passeraient dans un 1er temps, par des subventions et des incitations fiscales à l’achat de voitures hybrides et électriques. Il est nécessaire de soutenir un secteur vital pour l’économie.

Les consommateurs devraient être d’autant plus sensibles à des subventions que l’âge moyen des voitures ne cesse d’augmenter. Il est passé de 10.5 années en 2013 à 11.2 années en 2018 en Europe et à 11.8 années aux Etats-Unis. La hausse de l’âge moyen ne s’explique pas seulement par le ralentissement économique ou le manque d’incitations fiscales, mais aussi par une meilleure qualité des voitures.

Average age of cars and light trucks in operations - 06.12.19

  • Il faut une réaction forte des autorités politiques en Chine, aux Etats-Unis et en Europe pour soutenir le secteur automobile
  • Tant qu’il n’y a pas cette volonté, nous restons en sous-pondérer sur le secteur automobile
  • Nous préférons FCA et PSA en raison de la fusion

 

Disclaimer

Ce document est uniquement à titre d’information et en aucun ne peut être utilisé ou considéré comme une offre ou une incitation d’achat ou de vente de valeurs mobilières ou d’autres instruments financiers. Bien que toutes les informations et opinions contenues dans ce document ont été compilés à partir de sources jugées fiables et dignes de foi, aucune représentation ou garantie, expresse ou implicite, n’est faite quant à leur exactitude ou leur exhaustivité. L’analyse contenue dans ce document s’appuie sur de nombreuses hypothèses et différentes hypothèses peuvent entraîner des résultats sensiblement différents. Les performances historiques ne sont nullement représentatives des performances futures. Ce document a été préparé uniquement pour les investisseurs professionnels, qui sont censés prendre leurs propres décisions d’investissement sans se fier indûment à son contenu. Ce document ne peut pas être reproduit, distribué ou publié sans autorisation préalable de PLEION SA.