PLEION SA - Gestion De Fortune

HEBDO – Gestion de fortune

PERFORMANCES 2019

Actions Obligations
MSCI Monde +23.9% CHF Corp +2.7%
S&P 500 +27.3% US Govt +6.7%
Stoxx 600 +22.6% US Corp +14.2%
Nikkeï +19.2% US HY +14.0%
SPI +29.4% EUR Gvt +8.5%
Chine +33.8% EUR Corp +8.2%
Emergents +14.8% EUR HY +9.4%
Devises Matières 1ères
USD index +1.3% Or +15.1%
EURUSD -3.0% Argent +9.8%
EURCHF -3.3% Pétrole +22.8%
USDCHF -0.1% CRB index +8.6%
USDJPY -0.1%
EM FX -1.8%

Dernière ligne de résistance

Le chef de la PBoC, Yi Gang, a déclaré le 1er décembre :

« Nous ne devons pas laisser l’argent détenu par le peuple chinois perdre sa valeur », …« Le maintien de taux d’intérêt positifs et d’une courbe de rendement inclinée vers le haut est généralement favorable aux entités économiques et conforme à la culture d’épargne du peuple chinois, donc bénéfique pour le développement durable de l’économie. »

Article publié dans Qiushi, un journal du parti communiste

 

La prudence chinoise rime avec orthodoxie

La déclaration d’intention est limpide. La stratégie à long terme de la Chine vise à déconnecter sa politique monétaire du reste du monde, c’est-à-dire essentiellement de la zone USD (c’est la dédollarisation). Ceci est totalement cohérent avec les autres processus en cours engagés par le parti communiste a) l’internationalisation du Renminbi b) le projet de la Route de la Soie c) la confrontation / guerre informatique avec les États-Unis.

La théorie de base est que le maintien de taux d’intérêt positifs (et d’une courbe de rendement pentue) profite aux agents économiques (et aux investissements) et à la culture du peuple chinois (en protégeant les épargnants). À cet égard, la Chine continuera de mettre en oeuvre une politique monétaire « normale », aussi longtemps que possible, à condition que la croissance économique reste dans une fourchette raisonnable et que l’inflation soit modérée. Le pays n’a ni l’intention d’appliquer des taux directeurs nuls ou négatifs, ni un assouplissement quantitatif, malgré le fait que les principales économies mondiales s’engagent dans la voie des taux d’intérêt nuls.

Les réformes de l’offre sont faciles à annoncer, mais s’avéreront plus difficiles à mettre en oeuvre, surtout si la croissance continue de faiblir.

 

Déconnexion chinoise : quatre implications importantes

Si la Chine maintient vraiment ce cap, l’attraction relative du yuan (en tant que devise à haut rendement) augmentera. Un yuan relativement stable à fort favoriserait paradoxalement l’alignement d’intérêt avec les États-Unis. En effet, un yuan relativement fort peut mécaniquement contribuer à l’affaiblissement du billet vert et vice versa.

En principe, les rendements obligataires chinois ont plus ou moins tendance à suivre la tendance et la direction de leurs homologues américains. C’est très logique pour deux raisons. Premièrement, les deux économies sont de plus en plus interconnectées (grâce à une mondialisation plus intense au cours de la dernière décennie) et la Chine a besoin de beaucoup de dollars américains pour payer la grande quantité de matières premières qu’elle consomme. La Chine est également dépendante des systèmes financiers et de paiement américains pour ses activités internationales (d’où également l’ancien «arrimage» de sa monnaie au dollar américain). En bref, la Chine a volontairement rejoint l’orbite / importé la politique monétaire américaine. La Chine a donc tenté jusqu’à présent d’éviter les déconnexions majeures de la zone monétaire USD.

Rendement des obligations d'état américaines et chinoises - 10 ans

Ligne rouge pour le rendement des obligations chinoises à 3% ?

La PBoC affirme que l’expansion de la politique budgétaire, ainsi que la poursuite de la restructuration de l’économie devraient remplacer les anciennes politiques / mesures intérieures (par exemple l’expansion débridée du crédit) et le type de répression financière des pays occidentaux (ZIRP, NIRP, QE, etc.). Un tel changement serait d’une importance capitale, s’il était effectivement confirmé par la Conférence centrale chinoise des travaux économiques 2020 (dont les conclusions détaillées seront publiées prochainement).

Les chances d’un accord commercial « de phase I » avec l’administration Trump ne sont pas négligeables, car :

  1. La Chine pourrait fournir à Trump une « victoire », en se mettant d’accord sur un pacte monétaire
  2. L’achat de produits de base aux États-Unis pourrait atténuer l’inflation galopante des aliments (crise du porc)

Les réformes de l’offre pourraient provoquer des tensions sur l’emploi.

Un rythme de croissance trop faible – trop longtemps – contredirait dangereusement l’engagement du parti communiste à assurer la prospérité et l’élévation du niveau de vie de sa population.

  • Le yuan et les obligations chinoises pourraient devenir de plus en plus attractifs dans l’océan des taux zéro ou négatifs
  • Mais, en fin de compte, l’orthodoxie chinoise sera aussi mise à l’épreuve par le vieillissement de sa population et par la faible productivité endémique de ses entreprises parapublique – SOE

 

Obligations. Les banquiers centraux ni faucons ni colombes

Comme attendu, la Fed n’a pas modifié ses Fed Funds après 3 baisses consécutives. L’idée selon laquelle le positionnement actuel du FOMC est approprié, est désormais incluse dans le compte-rendu, même si les défis – ralentissement de la croissance mondiale, guerre commerciale et pression inflationniste modérée – sont toujours là. Les dots sont passés à la neutralité. 13 des 17 membres du FOMC s’attendent désormais à des Fed Funds inchangés tout au long de 2020, tandis que 4 prévoient une hausse.

Changement important: plus personne ne signale de baisse. Ceci est très différent des anticipations de marché, qui tablent toujours sur une baisse l’an prochain. Récemment, les dots avaient un biais accommodant. Le président de la Fed a exclu toute hausse de taux si l’inflation reste inférieure à 2.0%.
La conférence de presse inaugurale de la présidente de la BCE, Lagarde, n’a pas apporté de grandes surprises mais donne matière à réflexion. La BCE a maintenu ses taux directeurs, le QE et son forward guidance inchangés, comme attendu.

Dans son évaluation macroéconomique, le changement le plus remarquable a été un ton légèrement plus positif, les risques baissiers étant devenus un peu moins prononcés. Les projections ne font pas état d’une amélioration de l’économie de la zone euro.

La prévision de croissance pour 2020 a été quelque peu revue à la baisse à 1,1% et est restée inchangée pour 2021 et 2022. Les projections d’inflation ont été très peu modifiées. Pour les 3 prochaines années, l’inflation devrait atteindre 1,1% (contre 1,0%), 1,4% (contre 1,5%) et 1,6%. Lagarde a ajouté que les prévisions pour 2022 masquaient une légère reprise, terminant l’année à 1,7%. Un taux d’inflation de 1,7% fin 2022 pointe dans la bonne direction mais pas suffisamment pour être satisfaisant. Lagarde a déclaré que l’économie se rapprochait de son potentiel de moyen terme, ce qui pourrait finalement contredire une politique très accommodante. Elle a ajouté qu’elle ne reviendrait pas sur les décisions antérieures, tout en déclarant que l’efficacité et la pertinence des mesures passées seront examinées lors de la prochaine révision stratégique.

  • De nouveaux assouplissements semblent hors de propos, du moins avec les projections économiques actuelles
  • Une position attentiste semble le meilleur positionnement pour la fin de l’année

 

Actions. La confiance des investisseurs devrait perdurer

Phase 1 d’un accord commercial plus large entre les Etats-Unis et la Chine, Brexit, poursuite des politiques monétaires accommodantes en 2020, ainsi que présidentes de la Commission européenne et de la BCE résolument tournées vers la relance économique par l’infrastructure environnementale sont des points qui devraient maintenir l’intérêt des investisseurs pour les actions.

Mais les évaluations boursières intègrent de nombreuses bonnes nouvelles et l’amélioration des indicateurs manufacturiers soft doit être validée par les données hard. En sympathie avec les anticipations reflationnistes, le cours du cuivre s’est repris.

Après une progression égale à zéro en 2019, les bénéfices par action doivent progresser en 2020 avec des estimations bottom-up de +10% aux Etats-Unis. La croissance des profits sera encore faible au 4T19 pour accélérer au 1T20, mais la confirmation n’aura lieu que dans 4 mois, lors de la publication des résultats du 1T20 dès mi-avril 2020.

L’indice d’anxiété économique (voir graphique, courbe noire), calculé sur la fréquence des nouvelles économiques négatives dans le monde, est, sans surprise, au plus haut avec la déglobalisation en cours et la guerre commerciale US-Chine. Mais cela n’a pas eu d’impact sur l’indice d’anxiété des investisseurs, la VIX, car à chaque fois que la situation l’exigeait, les banquiers centraux, la Fed en premier, sont intervenus.

indice d'anxiété économique - 19-12-19

Un bull market mal aimé. L’euphorie, qui tue en général une expansion des indices, ne s’est jamais matérialisée, ce qui explique, peut-être, la longévité de ce bull market et l’absence de forces vendeuses puissantes. L’allocation cash des investisseurs demeure élevée . Certains pensent que la volatilité sur les actions est basse, parce que la volatilité économique est également basse. D’autres expliquent ce bull market par la gestion passive ou la montée en puissance des médias/réseaux sociaux avec leurs lots de fake news qui poussent les investisseurs à devenir sceptiques sur l’information.

  • Décembre et janvier devraient rester favorables aux actions

 

Actions. Un pacte vert pour l’Europe

L’Europe veut devenir le premier continent climatiquement neutre, d’ici 2050, et réduire de 50% les émissions de CO2 d’ici à 2030. La Commission européenne a présenté la semaine dernière un ensemble de mesures ambitieuses, Le pacte vert pour l’Europe, pour cette transition écologique durable. Leur financement reste encore flou. Le pacte vert pour l’Europe peut constituer une nouvelle stratégie de croissance.

La Commission européenne a présenté une feuille de route avec la mise en place d’actions/lois entre 2020 et 2021, touchant le climat, l’énergie propre (production d’électricité), le transport durable (trains, voitures), la rénovation des bâtiments, l’économie circulaire impliquant l’industrie, l’agriculture et la biodiversité.

Les objectifs :

  1. décarboner le secteur de l’énergie,
  2. rénover les bâtiments,
  3. pousser l’industrie à adopter l’économie circulaire,
  4. et déployer des moyens de transport privé et public propres.

Les investissements seront conséquents, estimés à €260 milliards par an, soit 1.5% du PIB européen, mobilisant fonds publics et privés. Il faudra aussi faire attention à un juste équilibre entre contraintes régulatoires vertes et investissements verts pour avoir une croissance économique positive nette.

Il va falloir un alignement des gouvernements pour aller dans la même direction. Il y a déjà des crispations avec la Pologne, la Hongrie et la République tchèque qui utilisent énormément le charbon pour leur consommation d’énergie et la transition écologique pourrait leur coûter cher ; ils veulent une aide financière accrue de la part de leurs partenaires européens.

Une étude de The Guardian estime que 20 firmes sont responsables de 30% des émissions mondiales de CO2 depuis 1965 : Aramco (#1) ExxonMobil, Total, Gazprom, Chevron, BP, Shell, Petrobras, Pemex, Sonatrach, PetroChina, Coal India, Petroleos, Peabody Energy, ConocoPhilips, Abu Dhabi National Oil, Kuwait Petroleum, Iraq National Oil, National Iranian Oil et BHP Billiton.

Entre les intérêts privés et publics, les réponses pour le climat sont difficiles. La conférence sur le climat COP25, qui vient de se terminer, en est le reflet avec un accord a minima malgré l’appel des scientifiques et des jeunes. Pas d’accord sur les règles des marchés internationaux du carbone . Les textes adoptés ne répondent pas à l’urgence pour des actions radicales et immédiates. Les grands pollueurs, la Chine et l’Inde en tête, n’ont pas rehaussé leurs ambitions. L’autre grand pollueur, les Etats-Unis, n’était pas présent à la COP25 de Madrid, puisqu’il va sortir de l’accord de Paris. Seule l’Europe veut se poser en leader contre le réchauffement climatique.

Le thème du Green New Deal peut être joué sur les marchés. Il intègre les réponses à la lutte contre le réchauffement climatique dont les investissements permettront également de relancer une croissance économique en manque d’inspiration.

  • Privilégier la thématique du Green New Deal
  • Privilégier les producteurs d’électricité comme Iberdrola, RWE, Enel, Nextera, le fabricant d’éoliens Vestas ou des industriels comme Itron et Landis & Gyr avec leurs compteurs intelligents nécessaires à l’efficience énergétique (Smart Grid, Smart Cities, Smart Houses)

 

Actions. Le développement de la 5G accélérera en 2020

Un ancien patron de la Federal Communication Commission (FCC), Reed Hundt, a déclaré qu’il fallait aller plus vite dans le déploiement de la 5G. Les Etats-Unis ont besoin d’avoir un réseau 5G solide et ne doivent pas se laisser distancer par la Chine. C’est un impératif national. Pour lui, le premier pas immédiat est la validation de la fusion T-Mobile et Sprint. Face à la Chine, il est plus important d’avoir des opérateurs forts que de s’opposer à la fusion pour avoir plus de concurrence et favoriser le consommateur.

2020 sera une année importante pour la 5G, alors que les fabricants de smartphones vont arriver sur le marché avec des produits 5G. L’Asie avance très vite, les Etats-Unis un peu moins vite, mais l’Europe est en retard.

L’Europe est le maillon faible dans un monde multipolaire, notamment dans le secteur de la technologie. Nokia et Ericsson sont pris en tenaille dans la guerre que se livrent Américains et Chinois. Donald Trump met une pression folle sur l’Europe pour qu’elle exclue Huawei des appels d’offres. L’Allemagne et la Grande-Bretagne hésitent. L’Europe a peur des représailles américaines si Huawei devait installer des infrastructures. La Chine vient de menacer l’Allemagne et son secteur automobile, si Huawei était exclu comme fournisseur d’équipements 5G, en rappelant que les voitures allemandes représentent 25% du marché chinois.

L’enjeu de la 5G est immense pour les Etats-Unis et la Chine : jeux en nuage (cloud gaming) sur smartphones, Internet des objets, intelligence artificielle et apprentissage automatique (machine learning). L’Europe s’inquiète d’être larguée sur tous ces sujets. L’Europe a 2 sociétés qui peuvent rivaliser avec Huawei, Nokia et Ericsson ; il serait étrange que l’Europe ne les soutienne pas en achetant les équipements Huawei. Mais encore une fois, l’Europe est faible et manque de vision, comme avec le refus par la Commission européenne de fusionner Alstom et les activités ferroviaires de Siemens qui devait donner naissance à un groupe ferroviaire européen capable de rivaliser avec les Chinois.

  • La thématique de la 5G reste intéressante
  • Mais la guerre technologique US-Chine va s’amplifier, et l’Europe, au milieu, pourrait prendre quelques coups

 

 

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