PLEION SA - Gestion De Fortune

HEBDO – Gestion de fortune 18 juillet

PERFORMANCES 2019

Actions Obligations
MSCI Monde +16.7% CHF Corp +2.7%
S&P 500 +19.1% US Govt +4.9%
Stoxx 600 +14.5% US Corp +9.8%
Nikkeï +5.2% US HY +10.2%
SPI +23.3% EUR Gvt +6.5%
Chine +25.2% EUR Corp +6.3%
Emergents +9.2% EUR HY +6.8%
Devises Matières 1ères
USD index +1.1% Or +10.8%
EURUSD -2.2% Argent +3.7%
EURCHF -1.7% Pétrole +19.4%
USDCHF +0.6% CRB index +5.7%
USDJPY -1.6%
EM FX +1.2%

Le lancement d’un cycle électoral américain compte, réellement

L’un des traits les plus frappants de la politique de Trump est son imprévisibilité. Il a utilisé, sinon abusé de cette tactique, notamment face à des obstacles importants. C’est un élément fondamental de son caractère, qui lui a permis de bluffer et de renverser des situations délicates, notamment avec les banquiers, au cours de sa carrière dans l’immobilier. On a beaucoup écrit sur les avantages et les inconvénients d’une telle stratégie, parfois intitulée « la diagonale du fou ». Incidemment, Nixon en était déjà un adepte lorsqu’il s’est attaqué au bloc communiste hostile …

Mais on assiste à un changement majeur de contexte : Trump a officialisé sa candidature pour un second mandat présidentiel. En pratique, cela ne limitera pas seulement la portée des actions possibles, mais l’influencera également dans le champ de ses prérogatives directes !

Un nouveau cycle électoral américain vient de commencer

 

Ce qui n’arrivera probablement pas au cours des 18 prochains mois

  • Le réveil des valeurs fondamentales (conservatrices) chez les Républicains. On oublie la maîtrise du déficit budgétaire ou le respect de l’indépendance de la Fed, mais on ne rejette pas de nouvelles expérimentations monétaires extravagantes (par exemple la MMT). Il n’y aura pas de débat interne sur le contenu du prochain programme Trump, et Powell va ressentir une pression supplémentaire.
  • Une nouvelle réforme fiscale. La structure divisée du Congrès empêchera toute avancée de ce côté.
  • Un grand plan d’infrastructure. Idem.
  • Accords mondiaux avec Beijing (y compris transferts de technologie, sécurité, 5G) et Téhéran. Les deux pays étrangers joueront probablement la montre. Une administration démocrate, surtout si elle était dirigée par Biden, serait une contrepartie plus stable avec laquelle négocier.

Ce qui pourrait bien se passer dans les 18 prochains mois

  • Nouvelles initiatives en matière d’immigration. L’absence de « résultats » pratiques et les retards dans la construction du « mur » à la frontière mexicaine demeurent une source de frustration intense et annonciateurs de la faiblesse de Trump envers sa base politique. Il a la marge de manoeuvre politique nécessaire.
  • Mesures supplémentaires sur le commerce / tarifs. L’Europe sera probablement le prochain bouc émissaire commode. La dernière taxation provisoire des GAFA par la France pourrait être un déclencheur pour un Trump à fleur de peau.
  • Pression supplémentaire sur la Fed pour affaiblir le dollar. L’administration américaine souhaite que les conditions financières soient le plus accommodantes possibles au cours des prochains trimestres. Des taux d’intérêt bas et un dollar compétitif pourraient résoudre ce problème. En passant, l’administration Trump envisagerait apparemment des pistes pour intervenir sur le marché des changes afin d’affaiblir le billet vert…

 

Ce que les investisseurs peuvent en tirer

Pas de percée majeure avec la Chine et nouvelles tensions avec l’Iran.

Pas de relance fiscale ces 18 prochains mois. Mais le débat sur une politique fiscale non orthodoxe, comme le MMT, va s’enflammer. Cela pourrait même devenir la première source d’incertitude sur les marchés si B. Sanders devait devenir le candidat démocrate.

Les pourparlers sur les échanges commerciaux resteront très volatils, avec une probable radicalisation envers l’Europe.

La volatilité des devises resurgira

  • La volatilité de l’USD va augmenter
  • L’or restera un actif de choix en matière de diversification
  • Les marchés émergents et le pétrole devraient en bénéficier, à condition qu’aucune guerre commerciale majeure ne se produise

Devises. La Banque du Canada à contre-courant

Au S1, le CAD a battu tous ses pairs du G-10 et de loin, grâce au rebond du prix du pétrole depuis ses points bas de 2018 et au rebond de l’économie domestique. La surperformance du CAD est un thème du dernier mois et devrait se poursuivre.

Il y a quelques mois, de nombreuses banques centrales du G-10 étaient prêtes à relever leurs taux cette année. Cependant, les choses ont fortement changé. Les banques centrales australiennes et néo-zélandaises ont déjà réduit leurs taux cette année et devraient le faire à nouveau. La BCE agira en septembre. Et la plus notable, la Fed, abaissera ses Fed Funds de 25 pbs ce mois-ci et de nouveau un peu plus tard dans l’année.

Cependant, la Banque du Canada ne danse pas sur le même pied. La semaine dernière, même si le gouverneur Poloz a refusé de clamer haut et fort la récente amélioration de l’économie canadienne, il n’est pas devenu accommodant. Le scénario de base de la BoC est clair. Cependant, elle est un peu plus préoccupée par les risques. La BoC aurait pu se distinguer encore plus. Au lieu de cela, elle a choisi de minimiser en partie la surprise haussière du deuxième trimestre en la qualifiant de temporaire.

Il y a quelques mois, Poloz a mentionné que le mouvement le plus probable serait une hausse des taux plutôt qu’une baisse. La semaine passée, il a déclaré que le niveau des taux était approprié et qu’ils réagiraient si les conditions générales s’amélioraient ou s’aggravaient. C’est une déclaration plus nuancée qui laisse place à un mouvement dans les deux sens.

La BoC ne subit aucune pression pour baisser ses taux, même si la Fed les baisse. Cela reflète le fait que Poloz a relevé ses taux plus modérément que son homologue américain.

À la différence de la Maison-Blanche, les responsables canadiens ne pressent pas la BoC à réduire ses taux et les marchés ne l’anticipent pas non plus pour cette année. La baisse des taux obligataires a contribué à stabiliser le marché immobilier sans baisser les taux directeurs.

  • Clairement, la BoC n’est pas pressée d’ajuster sa politique monétaire dans un sens ou l’autre. Elle affirme que sa position reste appropriée

 

Devises. En quête de diversification

La SEK et la NOK se sont récemment renforcées. Les deux banques centrales respectives sont encore relativement restrictives. Cela devient de plus en plus rare dans un monde rempli de colombes. Le dernier commentaire de Powell a été une nouvelle fois accommodant. Par conséquent, leurs positions devraient rester favorables à la NOK et à la SEK.

Lors de sa réunion du 3 juillet sur la politique monétaire, la Riksbank a fait allusion à une hausse des taux en 2019. Néanmoins, le marché hésite à adouber de telles perspectives de resserrement. L’inflation suédoise (CPIF) est passée de 2,1% en mai à 1,7% en juin. Cela peut sembler décevant. Cela vient en grande partie des prix de l’énergie. Plus important encore, la Riksbank en tient déjà compte dans ses prévisions.

En fait, le taux d’inflation de juin était légèrement supérieur à celui anticipé dans son dernier rapport sur l’inflation. En principe, rien dans ces derniers chiffres ne devrait donc modifier les prévisions de la Riksbank selon lesquelles les taux pourraient remonter dès la fin de 2019.

Le PIB norvégien était meilleur que prévu. Toutefois, l’inflation globale a fléchi sous la barre des 2,0% en juin, pour s’établir à 1,9%. Cette baisse ne devrait pas faire dérailler les plans de la Norges Bank visant à relever ses taux au cours des 6 prochains mois, mais le prochain mouvement a toutes les chances de se produire plus tard que prévu.

  • Les monnaies scandinaves sont bon marché par rapport à l’USD et, dans une moindre mesure, par rapport à l’EUR

 

Actions. La solitude française

Le Parlement français a passé sa loi « Taxe Gafa ». Elle prévoit d’imposer à hauteur de 3% du chiffre d’affaires, réalisé en France, les sociétés du numérique, principalement Google, Apple, Facebook et Amazon. Meetic, Airbnb, Instagram et le français Criteo, entre autres, sont également concernées. La taxe s’appliquera avec effet rétroactif au 1er janvier 2019.

C’était un projet européen qui n’a pas abouti en raison de la réticence de l’Irlande, de la Suède, de la Finlande, de l’Allemagne et du Danemark. Donc, la France a décidé d’y aller toute seule. Cette taxe déclenche la colère des Etats- Unis qui ont lancé une enquête sur les effets de cette taxe, et promettent des représailles commerciales, considérant que cet impôt cible de manière injuste certaines entreprises technologiques américaines.

La France est le premier pays en Europe à adopter de manière unilatérale une taxe sur le chiffre d’affaires. La France aurait probablement dû attendre que les efforts des argentiers du G20 aboutissent, qui ont promis un accord final d’ici 2020 sur la justice fiscale au niveau international. D’autres pays européens (Italie, Espagne, Grande-Bretagne, Autriche) ont des projets de taxes sur le chiffre d’affaires, mais ils préfèrent attendre 2020 et rester dans le processus multilatéral de l’OCDE et du G20. L’Inde a une taxe depuis 2016, mais s’appliquant uniquement aux publicités en ligne. La Nouvelle-Zélande et la Corée du Sud ont des projets de loi sur une taxe Gafa.

Comme nous l’avons déjà évoqué , les gouvernements et le législateur des pays développés cherchent à reprendre le « contrôle » de ces grands groupes du numérique et des réseaux sociaux, en mettant en avant la justice fiscale globale et leur gigantesque taille qui empêcherait le développement de la concurrence et affecterait le bon fonctionnement des démocraties libérales (voir ingérence russe dans les dernières élections présidentielles US). La pression augmente, mais il va falloir plus pour les faire vaciller compte tenu de leur puissance financière. Facebook et la Federal Trade Commission (US) se sont mis d’accord sur une amende de $5 milliards concernant le scandale de Cambridge Analytica, ce qui représente pour Facebook un trimestre de cash flow libre et 10% de ses liquidités. Ce n’est pas rien, mais pas grand-chose non plus.

En plus d’essayer de scinder les grands groupes du numérique, les Démocrates américains ont lancé au Congrès une proposition pour bloquer les grandes sociétés de la technologie d’émettre des devises digitales, comme l’a proposé Facebook avec la Libra, et de fonctionner comme des institutions financières. Si la Fed et Donald Trump semblent en phase avec la proposition démocrates, les Républicains s’y opposent, justifiant un impact potentiel négatif sur l’innovation.

  • Pressions croissantes sur les Gafa
  • On reste en Neutre sur les Gafa

 

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