PLEION SA - Gestion De Fortune

HEBDO – Gestion de fortune – 17 octobre

PERFORMANCES 2019

ActionsObligations
MSCI Monde+16.5%CHF Corp+2.5%
S&P 500+19.3%US Govt+7.8%
Stoxx 600+16.5%US Corp+12.9%
Nikkeï+12.2%US HY+11.5%
SPI+23.9%EUR Gvt+9.5%
Chine+30.0%EUR Corp+7.5%
Emergents+6.0%EUR HY+7.6%
DevisesMatières 1ères
USD index+2.0%Or+16.2%
EURUSD-3.5%Argent+12.4%
EURCHF-2.4%Pétrole+9.4%
USDCHF+1.2%CRB index+3.0%
USDJPY-0.8%
EM FX-2.6%

 

Verrues

Beaucoup de choses – pour ne pas dire tout – distinguent les deux leaders mondiaux les plus puissants, Trump et Xi. Mais, ironiquement, depuis quelques semaines, ils partagent un problème similaire. Tous deux subissent un choc domestique sévère, la révolte de Hong Kong et le processus de destitution. Ce genre de chocs, assez inhabituels, ramènent aux fondations même de leur pouvoir. En effet, ils remettent en question la loyauté au sein de leur parti politique actuel (républicains) / factions (au Politburo). Les deux chocs sont complexes et mobilisent des acteurs vindicatifs et déterminés, arque-boutés sur des sujets idéologiques …

 

Les fondations fragiles du pouvoir

Depuis les élections de mi-mandat, Trump est confronté à des démocrates plus forts au Congrès. En principe, il peut compter sur la loyauté des républicains pour bloquer le processus de destitution. Mais, en pratique, sa marge de manoeuvre s’est considérablement réduite depuis un an. Le processus de destitution l’obligera, comme son administration, à infléchir sa politique et tenter de fédérer autour de lui. Mais voyons les choses en face, le style corrosif de Trump a aliéné de nombreux partisans naturels du parti républicain et au-delà …

Xi, nationaliste chinois, est une figure centrale de la cinquième génération de dirigeants de la République populaire. Il a rejoint le Politburo en octobre 2007. Il a été vice-président de Hu Jintao entre 2008 et 2013. Xi a un problème de légitimité. En effet, son bilan au cours de ces 5 années s’est avéré quelconque. Sa campagne anti-corruption audacieuse a touché des personnalités-clé et des dirigeants du parti communiste à la retraite, y compris des membres du Comité permanent du Politburo. C’est un euphémisme de dire que l’ascension de Xi a été corrosive. Il n’a pas beaucoup d’amis au sein des organes politiques exécutifs du pays.

Il y a deux ans, il a réussi à modifier la structure du Politburo afin d’élargir la base de son soutien. Maintenant, avec ses trois alliés, il dispose d’un rapport de force favorable de 4 contre 3 au sein de la CFP (voir tableau ci-dessous).

politburo

Depuis le début de la guerre commerciale, Xi a été sévèrement critiqué en interne pour avoir oublié le mantra stratégique de Deng Xiaoping : « cachons notre force et attendons le bon moment ». Depuis juillet 2018, le très influent journal chinois People’s Daily (toujours soutenu par la faction de Jiang) a publié des articles critiques. Le 16 septembre 2018, le fils de Deng Xiaoping a officiellement appelé la Chine à « trouver sa place et à ne pas abuser de ses capacités ».

L’ancrage domestique de Trump et de Xi se sont considéra-blement affaiblis ces derniers temps

 

Pourparlers américano-chinois. Fin des postures agressives, pour l’instant

Trump voulait un accord global. Il a utilisé la stratégie de pression maximale avec de multiples tarifs douaniers et d’autres menaces. Il a affirmé que la Chine souffrait de la guerre commerciale et que les consommateurs américains étaient indemnes… La Chine a cessé d’acheter des matières premières agricoles américaines. Elle a accusé les pays occidentaux de soutenir la révolte de Hong Kong …

Une nouvelle trêve commerciale avec la Chine se profile

Mais la rhétorique commerciale américaine se durcit contre l’Europe, prochain bouc émissaire politique commode

  • Nul doute que le dernier cessez-le-feu est plutôt une bonne nouvelle
  • Mais, gare au battage publicitaire (de Trump). Un accord global et durable est encore loin
  • Xi et Trump sont sérieusement handicapés sur le front domestique. Ils resteront réticents à s’engager dans un grand plan ces prochains mois
  • L’amélioration de la psychologie ne suffira pas à compenser la détérioration des fondamentaux macroéconomiques (faibles) et géopolitiques

 

Obligations. Le casse-tête de l’inflation américaine

L’indice des prix à la consommation (CPI) a connu sa 2eme hausse mensuelle consécutive au rythme le plus rapide du cycle, même si les prix importés ont reculé pour le 8ème mois consécutif. Le CPI de base, hors aliments et énergie, a progressé de 2,4%, son plus haut niveau du cycle actuel.

Le plein emploi, la hausse des salaires et les faibles taux d’intérêt soutiennent une croissance maîtrisable de l’inflation.

les mesures d'inflation des FED

Cependant, une inflation plus forte pourrait compliquer les plans de la Fed. Dans les dernières minutes de la Fed, plusieurs membres ont cité la faiblesse de l’inflation pour justifier une nouvelle réduction de taux. De vives discus-sions ont également eu lieu sur la communication des futures réductions de la Fed. Certains ont mentionné que la Fed devrait peut-être mieux aligner ses prévisions de taux directeurs sur celles du marché. Les « dots » indiquent toujours que 10 des 17 membres du FOMC s’attendent à ce que les taux restent inchangés d’ici la fin de l’année.

Garantir une inflation stable, c’est la moitié du double mandat de la Fed, les dépenses de consommation personnelles (PCE) de base, la première jauge d’inflation de la Fed, tendent vers les 2,0%. Historiquement, le CPI de base surpasse le PCE de 0,25 à 0,5%. Les attentes du marché semblent trop basses compte tenu de l’évolution récente.

Anticipations d'inflation US au creux du cycle actuel

Au cours du dernier FOMC, une grande place a été donnée à la discussion sur sa stratégie de long terme en matière de politique monétaire. Il y a plusieurs années, la Fed a modifié son double mandat en ajoutant un niveau explicite à son objectif de stabilité des prix, à savoir 2,0% pour le PCE. Officiellement, elle cible le « headline », mais aussi l’inflation coeur quand cela l’arrange. La Fed s’inquiète toujours de ne pas atteindre son objectif d’inflation de 2,0%. Le problème est que les banques centrales ont fait de la cible d’inflation leur objectif ultime, alors qu’il ne devait être qu’intermédiaire. L’objectif d’inflation n’était pas l’objectif en soi, mais atteindre cet objectif aiderait en moyenne à atteindre ces autres objectifs.

Depuis janvier 2000, le PCE a atteint ou dépassé 2,0% seulement 88 fois, soit moins de 40% du temps. Il tombe à 30% si nous utilisons le PCE de base, et la plupart de ces occurrences ont eu lieu avant 2008. Cela ne signifie pas que la politique monétaire ait été trop restrictive, mais simple-ment que le niveau cible n’était pas le bon. Depuis janvier 2000, le déficit cumulé d’inflation annuelle s’élève à plus de 5%.

Selon Clarida, lorsque la Fed manque son objectif, elle ne devrait pas considérer cela comme une « perte », comme elle le fait actuellement. Elle devrait essayer de compenser cette perte. La politique accommodante conjuguée aux tensions commerciales de ces dernières années ont contribué à la remontée de l’inflation. Pour une fois, les prix du pétrole ne sont pas à blâmer !

  • Privilégier les obligations du Trésor américain

 

Actions. Répit géopolitique bienvenu à court terme

Donald Trump a perdu. En lançant sa guerre commerciale contre le monde entier, il disait qu’«une guerre commer-ciale, c’est facile à gagner». Contre la Chine, il voulait un grand accord commercial global ou rien, il avait le temps, mais aujourd’hui il doit se contenter de la phase 1 d’un accord commercial. On n’est pas dupe : ses « grandes qualités » de négociation permettent simplement de revenir à la situation qui prévalait avant les guerres, comme pour la Chine ou le grand accord USCMA, à peu près équivalent au NAFTA.

Il doit se contenter d’un accord partiel avec la Chine, car il n’a pas le temps. Il doit rapidement montrer une victoire (de façade) à ses électeurs, car il est en train de perdre sur plusieurs fronts :

  1. Procédure de destitution par les Démocrates de la Chambre des Représentants.
  2. Animosité générale (même des plus proches Républicains) face à sa posture en Syrie.
  3. Un tribunal fédéral oblige Donald Trump à fournir ses informations financières au Congrès.
  4. Un juge a déclaré que Donald Trump violait la loi en utilisant l’argent du Pentagone, avec l’argument de l’urgence nationale, pour construire son mur entre les Etats-Unis et le Mexique. La décision de construire un mur est de la compétence du Congrès.

Un accord partiel, et ensuite ? Qu’en est-il des hausses passées des tarifs ? Donald Trump, va-t-il les enlever ? Et la possible guerre financière annoncée il y a 2 semaines ? Va-t-il pénaliser les sociétés chinoises cotées aux Etats-Unis ? Cette phase 1 d’un accord commercial plus global ne va pas modifier le ralentissement économique, et surtout pas le recul des profits au 3T19. On entre dans le dur ces mardi 15 et mercredi 16 octobre avec les résultats des grandes banques américaines et Netflix (mercredi).

Selon l’indice CNBC Trade, les sociétés américaines avec une forte exposition des revenus en Chine :

Selon Goldman Sachs, les sociétés US du Russell 1000 avec la plus grande exposition des revenus à la Chine

Companies with the highest china revenue exposure

  • Un accord commercial US-Chine, même partiel, est positif à court terme pour la bourse
  • L’amorce d’une remontée des taux d’intérêt longs profite au segment Value, banques et industriels. L’emprunt de référence US 10y devra néanmoins repasser au-dessus de 2% pour que ce changement se confirme dans la durée
  • Si le dollar recule, c’est positif pour les actions émergentes et européennes (mais attention à une hausse possible des tarifs US sur les produits européens)
  • Dans le cas d’un Brexit avec accord, des sociétés comme Lloyds Bank, Royal Bank of Scotland, Kingfischer ou Next seraient à privilégier
  • Ces mouvements haussiers sont très tactiques à ce stade, car le risque de récession en 2020 reste présent

 

Actions. On reparle de la 5G

Depuis le mois de mai, avec l’embargo US sur le chinois Huawei et les contraintes sur les sociétés US de la technolo-gie à vendre des produits à certaines sociétés chinoises de la techno/télécoms, les investisseurs ont beaucoup moins parlé de la 5G, alors qu’elle se développe irrémédiablement. La guerre technologique US-Chine aussi.

Récemment, les Etats-Unis ont été clairs : Huawei devient dangereusement dominante dans la 5G et propose de subventionner/soutenir sans concession Ericsson et Nokia. Le gouvernement US reconnaît que les US ont perdu leur supériorité dans les équipements télécoms il y a bien longtemps déjà. Huawei, Ericsson et Nokia détiennent chacune environ 25% à 30% du marché mondial des réseaux pour la télécommunication mobile, suivi d’un autre Chinois ZTE (15%), puis Samsung (3%), NEC, Fujitsu,… Aucune société américaine n’est présente dans l’infrastruc-ture pour la téléphonie mobile. Certains officiels US suggéreraient de pousser Oracle et Cisco dans le marché de la transmission radio, mais les deux sociétés ont repoussé une telle idée en raison du coût exorbitant pour rattraper les principaux acteurs et la « perte » de temps. Le gouverne-ment pourrait aussi mettre en place une politique fiscale attrayante pour les start-ups américaines développant la nouvelle génération de technologie télécoms.

Dans son dernier rapport, l’Union européenne a identifié une série de menaces sur la sécurité posées par les fabricants chinois d’équipement télécoms, en particulier Huawei qui a des liens très étroits avec le gouvernement chinois. Plusieurs pays ont banni les groupes chinois dans les équipements télécoms.
Par contre, si les Etats-Unis favorisent Ericsson et Nokia, il leur sera plus difficile de pénétrer les marchés sous influence chinoise.

  • En dehors de la zone d’influence chinoise, Ericsson et Nokia vont renforcer leurs positions
  • Acheter Ericsson avec un objectif de cours de SEK 96 (17% de potentiel de hausse) et Nokia avec un objectif à €5.7 (potentiel de 23%) à 12-18 mois

 

 

 

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