PLEION SA - Gestion De Fortune

HEBDO – Gestion de fortune 15 aout

PERFORMANCES 2019

Actions Obligations
MSCI Monde +10.7% CHF Corp +4.3%
S&P 500 +13.3% US Govt +8.1%
Stoxx 600 +8.6% US Corp +13.0%
Nikkeï +2.0% US HY +9.5%
SPI +18.9% EUR Gvt +8.9%
Chine +22.7% EUR Corp +7.4%
Emergents -0.1% EUR HY +6.7%
Devises Matières 1ères
USD index +1.8% Or +17.9%
EURUSD -2.8% Argent +10.7%
EURCHF -3.6% Pétrole +8.7%
USDCHF -0.7% CRB index +0.3%
USDJPY -3.1%
EM FX -2.4%

Bruit à Haute Fréquence

Eaux troubles pour les entrepreneurs

Ce n’est pas nouveau, la géopolitique mondiale a été particulièrement complexe et potentiellement explosive au cours des deux dernières années. Afin de supprimer les biais et la subjectivité, nous utilisons volontiers – et faisons référence dans nos publications – à l’indice de risque géopolitique GPR. Cet indice, très apprécié des spécialistes, comptabilise précisément le nombre de mots liés aux tensions géopolitiques dans les principaux journaux internationaux. Pas de surprise, il continue d’évoluer plus haut que lors des années / décennies précédentes.

Mais d’autres sources d’incertitude, notamment économiques, sont également apparues récemment. Brexit dur, guerre commerciale / monétaire, élections anticipées italiennes, indépendance de la banque centrale, etc. Il existe également un indice intéressant qui en fait l’analyse fine. Il est intéressant de noter qu’il englobe à la fois les pays développés et les pays émergents depuis 1996. Il s’appuie sur le rapport de l’Economist Intelligence Unit, une société de premier plan dans le domaine du renseignement des pays. Il est utile pour mesurer le niveau de « chaleur / stress » ressenti par le secteur privé / les entreprises. À cet égard, il s’agit d’un indicateur avancé intéressant pour les décisions d’investissement / le capex.

Selon Ned Davis Research, l’incertitude des politiques économiques joue un rôle de plus en plus important dans les performances macroéconomiques et des marchés. En effet, une incertitude élevée se traduit régulièrement par des ralentissements économiques mondiaux persistants et des performances du marché des actions inférieures à la moyenne.

Les dirigeants populistes – à la Trump, B. Johnson ou M. Salvini – accroissent considérablement le « bruit » politique et économique. Des tensions récurrentes entre les États- Unis et la Chine aussi. Ces trois-là entrent dans leurs campagnes électorales. Il est fort à parier qu’ils radicaliseront plutôt leurs messages et leurs actions afin de galvaniser leur base électorale. Les dernières données de l’indice GEPUI – autour de 300 – sont en train de se démarquer clairement de leur moyenne historique. Il est difficile d’imaginer comment il pourrait reculer dans les mois à venir.

Le débat sur un « QE pour le peuple », un Green New Deal, le démantèlement des règles du traité de Maastricht, le MMT vient de commencer. Il faut probablement une crise pour l’accélérer… De telles perspectives pourraient inverser la morosité actuelle et améliorer la psychologie ambiante.

Nous entrons dans une période de bruit à haute fréquence
Les entrepreneurs resteront réticents à établir des plans / stratégies constructifs à moyen terme
Prudence globale, restrictions des investissements et contrôle des coûts continueront de dominer
Capex et commerce mondial resteront très faibles dans un avenir prévisible

  • La décélération de l’économie mondiale se poursuivra pendant encore quelques mois au moins
  • Les marchés ont besoin d’autres actions beaucoup plus audacieuses qu’une politique monétaire plus accommodante pour retrouver la confiance et reprendre leur tendance à la hausse
  • Nous réitérons notre vue prudente d’allocation d’actifs : maintenir une sous-pondération en actifs risqués

 

Devises. Un monde d’assouplissement

Le monde a déjà entamé un cycle majeur d’assouplissement. Des dizaines de banques centrales ont déjà agi. Certains pays ont baissé leurs taux pour faire baisser leur monnaie, d’autres ont été obligés de faire de même, car leurs positions relatives en matière de politique monétaire étaient devenues trop restrictives.

Cette année déjà plus de 40 banques centrales dans le monde ont réduit leurs taux directeurs, leurs exigences en matière de réserves obligatoires, voire les deux. Cela inclut les principales économies comme les États-Unis, la Chine, l’Inde, la Russie, le Brésil, la Corée du Sud et l’Australie. La BCE devrait baisser ses taux en septembre. Seuls 6 pays ont relevé leurs taux, la Norvège et le Pakistan étant les cas les plus remarquables à cet égard.

La semaine passée encore, 4 banques centrales ont baissé leurs taux, principalement dans la région Asie Pacifique. La décision de la RBNZ a été la plus surprenante car personne ne s’attendait à une détente de 50 bps. Dépassant également les attentes du marché en faveur d’une baisse de 25 pbs, la RBI a décidé de davantage stimuler l’économie avec une réduction de 35 pbs. Les banques centrales de Thaïlande et des Philippines ont assoupli de 25 pbs. Ce sont les ajustements les plus justifiés.

  • Un tel cycle d’assouplissement, synchronisé et global, est inhabituel
  • Les politiques monétaires seront un moteur moins important du marché des changes au S2

 

Obligations. Bulle obligataire…

Les dernières semaines ont été assez mouvementées, les taux ayant plongé encore plus profondément dans le sillage des corrections du marché des actions. Le taux du Bund allemand à 10 ans a atteint -0,6%, toutes les obligations allemandes, y compris les obligations à 30 ans, affichent des rendements négatifs et le taux américain à 30 ans se rapproche de ses plus bas historiques.

Les taux des obligations d’État sont le reflet de l’incertitude. Même au Japon, après deux décennies perdues et une banque centrale affichant le plus grand bilan, les taux longs ne se sont jamais négociés en territoire négatif. Le JGB à 30 ans a atteint un point bas à 0,09% en 2016 et se négocie actuellement à 0,22%.

Ce sont des moments stressants. Ce n’est pas le moment pour des discussions oiseuses ou des arguments nuancés. La confiance dans les banques centrales est nulle. Il existe de sérieux doutes sur leur capacité à restaurer la confiance ou rétablir la croissance.

Environ 15 trillions de dollars de dettes ont des rendements négatifs et l’appétit des investisseurs ne montre aucun signe de fatigue. En Autriche, l’obligation d’Etat à 100 ans avec une échéance au siècle prochain (2117) se négocie désormais à près de deux fois sa valeur nominale.

Alors que nous nous sommes habitués à une volatilité faible et déclinante sur les marchés obligataires ces dernières années, la grande incertitude entourant l’économie, l’appétit pour le risque et les politiques monétaires indiquent que nous devrions vivre des périodes plus chahutées en cette deuxième partie d’année.

Selon les données compilées par Consensus Inc., 73% des investisseurs recherchent les obligations. Ceci est corroboré par le sentiment haussier de l’American Association of Individual Investors, qui vient d’atteindre son plus bas niveau depuis le milieu de 2016, juste avant l’élection de Trump.

En outre, des indicateurs techniques, tels que le RSI, soulignent que les obligations américaines sont surachetées. Historiquement, acheter des obligations quand elles sont tant aimées est un désastre complet et total.

La Fed s’inquiète de la déflation. Alors, est-il temps de se préoccuper de l’inflation, d’autant plus que les craintes inflationnistes n’ont jamais été aussi basses ces 10 dernières années ? Le prochain symposium de Jackson Hole, du 22 au 24 août, pourrait être la clé.

Les risques sur les taux sont désormais orientés à la hausse. L’Allemagne envisage d’abandonner sa politique d’équilibre budgétaire longtemps privilégiée afin de financer un programme climatique coûteux avec de nouvelles dettes. Les anticipations d’inflation américaines sont proches de leurs plus bas. Les investisseurs n’anticipent plus d’accord commercial possible entre les États-Unis et la Chine. Beaucoup de mauvaises nouvelles sont déjà escomptées.

  • Les marchés sont fous, la prudence sur les taux prévaut
  • Une remontée tactique des taux US est probable

 

Actions. Les facteurs négatifs s’accélèrent

  • La probabilité d’un hard Brexit augmente.
  • Matteo Salvini a fait exploser la coalition gouvernementale.
  • Les craintes d’une intervention chinoise plus musclées à Hong Kong augmentent.
  • Les tensions entre l’Inde et le Pakistan reviennent à cause du Cachemire.
  • Donald Trump ne veut plus pour le moment d’un accord commercial avec la Chine et annonce un embargo total sur Huawei.
  • La Chine ne va plus acheter de produits agricoles US.
  • Le Japon sort la Corée du Sud de sa « liste blanche ».

 

Et tout cela en une semaine. Même si les résultats du 2ème trimestre sont meilleurs qu’escompté, nous craignons que l’année 2019 se solde par une contraction des profits. Ce que nous n’anticipions pas en début d’année. Avec plus de volatilité sur les devises, les bourses devraient converger avec l’économie réelle. Les indices boursiers ne montent pas (jamais) dans des périodes récessives des profits.

La semaine dernière, le secteur technologique a replongé avec le durcissement de la guerre américaine sur Huawei, les banques européennes ont souffert de la situation politique italienne et les sociétés minières ont baissé en raison d’une absence d’accord commercial entre les US et la Chine.

En 2019, les secteurs Technologie, Communications et Discrétionnaire ont offert encore les meilleures performances, mais depuis le mois de mai, marquant le début de négociations plus dures entre Américains et Chinois et l’embargo sur Huawei, les secteurs Santé, Services publics et Consommation de base surperforment. Cette tendance devrait se poursuivre au 2ème semestre.

Dans l’environnement géopolitique actuel, le secteur de la défense reste intéressant ; toutefois, pour de nombreux investisseurs institutionnels et les gérants de fonds, il est difficile, voire impossible, d’acheter des sociétés actives dans l’équipement militaire en raison de contraintes réglementaires (accord d’Oslo) venant des banques dépositaires/directions de fonds.

Si la situation devait dégénérer à Hong Kong, elle pourrait avoir un impact négatif sur le commerce en Asie, ainsi que sa place financière et boursière. On pourrait avoir de la pression sur la bourse de Hong Kong.

L’or et les sociétés aurifères restent une excellente alternative d’investissement, même si l’once d’or est techniquement surachetée à court terme. Les flux vers les ETFs investis en métaux précieux se sont élevés à $9.7 milliards en juin, soit le montant le plus important depuis 2016.

  • Privilégier les secteurs défensifs et immunisées à la guerre des tarifs comme Nestlé, Mondelez, Disney, Novartis, Procter & Gamble, McDonald’s, Pernod-Ricard
  • Acheter l’or physique (hegdé USD) ou/et Newmont Goldcorp / Barrick Gold

 

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