PLEION SA - Gestion De Fortune

HEBDO – Gestion de fortune 08 aout

PERFORMANCES 2019

Equities Bonds
MSCI World +12.2% CHF Corp +4.0%
S&P 500 +15.0% US Govt +7.4%
Stoxx 600 +10.2% US Corp +12.2%
Nikkeï +2.9% US HY +9.4%
SPI +19.8% EUR Gvt +8.7%
China +21.9% EUR Corp +7.2%
Emerging +0.7% EUR HY +6.9%
Currencies Commodities
USD index +1.5% Gold +16.8%
EURUSD -2.4% Silver +9.8%
EURCHF -3.1% Oil (Brent) +5.9%
USDCHF -0.6% CRB index -0.3%
USDJPY -3.3%
EM FX +1.6%

Retour de la volatilité

Actions. Une sous-pondération justifiée par les incertitudes et non le risque de récession

Pour soutenir l’économie, la Fed baissait son taux directeur le 31 juillet. Quelques heures plus tard, probablement frustré que la Fed ne le réduise pas d’au moins 50 points de base, Donald Trump annonçait, en pleine négociation commerciale avec la Chine, une hausse des tarifs douaniers sur les produits chinois pour le 1er septembre. Les marchés financiers ne comprennent pas cette nouvelle « brutalité », sauf sa base électorale. Si l’économie américaine tombe en récession, cela sera la faute à la Fed. Donald Trump débute sa campagne électorale, s’il ne l’avait jamais quittée, et les prochains 14 mois seront (très) agressifs, en partie pour gauchiser le débat chez les Démocrates.

En cet période estivale, aux faibles volumes, le marché a corrigé de 7% en 5 jours depuis ses plus hauts pour revenir sur ses moyennes mobiles à 200 jours. Elles semblent tenir pour l’instant. La volatilité (VIX et V2X) des marchés a fortement rebondi. Dans cet environnement, l’or, les minières et les stratégies de couverture (option put) ont bien performés. La diversification reste un élément important dans la gestion de portefeuille. Nous avons augmenté la part de l’or dans nos portefeuilles balancés de 4 à 6% et privilégié les actions suisses (2% de Nestlé et 4% de Novartis) ainsi que les actions japonaises (10% de Nikkei en Yen) pour avoir du Yen et du CHF dans nos paniers tactiques. La part de liquidités est passée de 15 à 20%.

L’Administration américaine vient de signer un accord avec l’Europe sur les exportations de viande de boeuf US. L’agriculture US souffre de la guerre commerciale avec la Chine. Donald Trump annonce cet accord comme une grande victoire, alors que le consommateur européen ne veut pas de la viande US aux hormones et nettoyée à l’ammoniaque. Il maintient sa pression sur l’automobile allemande, et il est plus que probable qu’il imposera une taxe d’importation de 25%. Le vin français est également dans une situation à haut risque. Il est quand même étonnant, pour le moment, de voir si peu de réponse/opposition internationale au protectionnisme américain débridé.

L’économie globale, qui décélère, n’a pas besoin de cette « brutalité ». Les résultats du 2ème trimestre ont été plutôt résilients. Factset revoit son estimation de progression des profits pour le S&P 500 de -2.7% à -1% ; la hausse des revenus est attendue à +4.1%. Refinitiv estime une hausse des profits de 2.7% et de 3.4% en excluant le secteur de l’énergie, et de 4.5% pour les revenus. Pour l’Europe, Refinitiv estime une hausse des profits du Stoxx 600 de 0.6% au 2ème trimestre et de 2.7% pour les revenus. La mauvaise nouvelle est que pour le 3ème trimestre les deux instituts d’analyse et de prévisions prévoient un recul des profits de -1% pour le premier et -0.7% pour le second, alors qu’ils anticipaient au début 2019 un fort rebond des profits au 2ème semestre.

Cette semaine, 60 sociétés publieront leurs résultats dont Disney, les hôtels US, CVS Health, Viacom, News Corp, Activision Blizzard.

Dans cet environnement, la sous-performance des actions émergentes va se poursuivre : prudence des investisseurs avec l’incertitude grandissante sur la croissance et le commerce mondial, force inattendue du dollar et probable recul des profits des sociétés émergentes en 2019. La déglobalisation est un processus négatif pour les économies émergentes.

  • La campagne pour la présidence américaine va décupler l’agressivité de Donald Trump
  • La volatilité sur les actions devrait augmenter

 

L’Asie a été un havre de prospérité …

La région a tiré les leçons de la crise de 1998, qui semble bien loin maintenant. Les liens monétaires incestueux – comme les arrimages – avec le dollar américain et la dépendance extrême à l’égard de la dette extérieure ont considérablement diminué. Depuis lors, la région a connu la paix, une démographie favorable, des économies en croissance, une inflation mesurée et des liens solides – des alliances – avec le monde occidental. Ce n’est pas un hasard si elle est devenue le bénéficiaire d’énormes investissements étrangers. Grâce à la mondialisation, l’Asie est désormais la principale localisation incontestée des chaînes d’approvisionnement d’une majorité des biens de consommation mondiaux.

Conséquence logique, l’Asie a été le chouchou des investisseurs au cours des dernières décennies. Elle a bien mieux prospéré que d’autres régions émergentes, que ce soit l’Amérique latine ou l’Europe de l’Est.

Les perspectives de « démondialisation » ébranlent les fondements de la prospérité asiatique

… Mais le mercantilisme américain pur et dur est une menace concrète

L’administration Trump tente de réduire son déficit commercial (avec l’Asie) et de rétablir la compétitivité des États-Unis. Les droits de douane sont un moyen d’action évident. La militarisation pure et simple de l’USD (et des systèmes financiers et de paiements américains prédominants) en est un autre, tout comme la renégociation forcée de l’aide / protection militaire. Les attaques répétées contre les champions chinois de la technologie (ZTE, Huawei, etc.) vont dans le même sens.

La prochaine étape – inhabituelle et corrosive – pourrait être une dévaluation du dollar américain. L’administration américaine envisage en effet d’intervenir sur le marché des changes pour réduire de 10% la valeur du billet vert par rapport aux principales devises. Une telle stratégie n’a jamais été mise en oeuvre unilatéralement par les États-Unis. En effet, toutes les anciennes phases d’ajustement monétaire impliquant l’USD (Louvre, Plaza, Shanghai) ont été multilatérales.

Les États-Unis tentent officiellement de démembrer les chaînes de production asiatiques. En cas de succès, un tel processus mettrait définitivement en péril la prospérité asiatique

On surveillera les interventions américaines sur le marché des changes, qui perturberaient sérieusement les marchés monétaires endormis

 

Une contagion intrarégionale malsaine

Fait intéressant, les objectifs des États-Unis n’incluent pas seulement les pays adverses, mais également leurs alliés. La Corée du Sud et le Japon sont sous pression. Tous deux ont été contraints de revoir les accords commerciaux bilatéraux, à l’avantage évident de Washington. Séoul a obéi, alors que Tokyo a habilement temporisé pour le moment …

La Corée du Nord n’a pas dénucléarisé, bien au contraire. La Corée du Sud et le Japon sont les deux pays voisins les plus concernés, avec des objectifs assez irréconciliables : fusionner / contenir Kim ou démilitariser / confronter Pyongyang. Cette dissension stratégique est apparue récemment lorsque Tokyo a décidé d’arrêter unilatéralement les exportations de produits chimiques « sensibles » vers la Corée du Sud pour une durée indéterminée …

Hong Kong est en feu. Pékin envisage de maintenir l’ordre par la force, ce qui constituerait un dangereux précédent. La Chine continentale est devenue moins dépendante de Hong Kong en tant que passerelle financière. Elle craint que des manifestations sans fin ne finissent par se propager et alimenter un défi au leadership sur le continent. La Chine militarise également des îles de la mer de Chine méridionale pour intimider d’autres pays et les forcer à renoncer à leurs revendications. L’avenir de Taïwan est loin d’être clair. L’unification de Taiwan avec le continent reste le « rêve chinois » de Xi.

Le Japon envisage de changer sa constitution. L’idée est de remilitariser le pays et notamment de développer sa capacité nucléaire. Pour l’instant, malgré sa large victoire aux dernières élections, Abe n’a pas la majorité des 2/3 nécessaire pour agir. Mais d’intenses négociations avec un petit parti sont en cours. Nul doute qu’un Japon nucléaire rendrait la Chine et la Corée du Sud furieuses …

L’âge d’or asiatique est menacé. Il est facile d’imaginer que l’avenir de l’Asie pourrait être pire que celui des deux ou trois dernières décennies
La montée de la Chine bouleverse profondément les modèles de développement de l’Asie. Heureusement, la Chine déteste la précipitation et les tactiques à court terme

  • La Chine détient la plupart des clés susceptibles de déclencher des changements / développements stratégiques majeurs dans la région
  • Mais le Japon mérite également une attention particulière en raison de son – inhabituelle – faiblesse stratégique
  • Nous vivons probablement les derniers moments d’une (trop) faible volatilité des devises
  • Les actifs asiatiques vont continuer de consolider / sous-performer ces prochains trimestres

 

Obligations. La Fed n’est pas à blâmer

Comme attendu, la Fed a réduit son taux directeur de 25 pbs, à 2,00-2,25%, pour la première fois en une décennie, avec 8 voix pour et 2 contre. Plus surprenant, la Fed a décidé de mettre fin à la réduction de son bilan immédiatement, quelques mois plus tôt que prévu, mais cette décision ne change pas la donne. La Fed a mis en avant 3 raisons pour justifier son assouplissement (1) la hausse des tensions commerciales, (2) le ralentissement de la croissance mondiale et (3) la faiblesse de l’inflation. Cependant, une grande différence doit être faite. C’est la première fois que la Fed baisse ses taux directeurs dans un environnement aussi accommodant. Les conditions financières et les taux réels n’ont jamais été aussi bas au moment de la 1ère baisse de taux.

La Fed a essayé de trouver un équilibre entre un message accommodant et le fait de ne pas promettre plus que ce qu’elle souhaite implémenter ultérieurement. Comme attendu, la Fed a répété qu’elle agirait de manière appropriée pour soutenir la croissance. Ce biais accommodant suggère que d’autres baisses de taux sont probables.

Cependant, les membres du FOMC ne se sont pas engagés sur d’autres baisses. Ceci est plus restrictif. Powell n’a pas exclu d’autres baisses. Il ne parle pas du début d’un long cycle d’assouplissement, mais plutôt d’ajustement de milieu du cycle ou de baisse préventive. Tout dépendra des chiffres macro et des négociations commerciales. Compte tenu de la dépendance aux données de la Fed et de l’accent mis sur les négociations commerciales, il est de plus en plus difficile de prévoir la politique monétaire. Il a ensuite précisé que cela signifiait simplement que le FOMC ne s’attendait pas à un cycle prolongé de baisses de taux comme en période de récession. Il s’agit donc d’une baisse de taux ponctuelle. Ce cycle de baisse semble plus comparable aux périodes d’assouplissement de 1995 et 1998, lorsque la Fed avait abaissé ses taux par trois fois afin de prolonger la période d’expansion.

Le cycle manufacturier mondial a mal débuté le 3ème trimestre, donnant ainsi aux principales banques centrales de bonnes raisons d’assouplir les conditions monétaires. En juillet, les PMI ont baissé plus que prévu en Europe et aux États-Unis. Le taux de chômage est resté proche des plus bas niveaux historiques et le sous-emploi a atteint son plus bas niveau depuis 2000. Les données relatives aux dépenses de juin suggèrent que la consommation reste ferme, et la confiance du consommateur pour juillet suggère que les ventes au détail devraient rester élevées.

Bien que l’expansion américaine soit la plus longue jamais enregistrée, que la croissance du PIB au T2 ait été forte et que le taux de chômage soit faible, les avantages d’un assouplissement de la politique monétaire sont désormais plus importants que les coûts. D’autant plus que l’inflation reste basse et que l’incertitude entourant les perspectives macroéconomiques a progressé. La nouvelle hausse de 10% des droits de douane sur 300 milliards de dollars de produits chinois pourrait être le déclencheur. La Fed devrait réduire davantage ses taux directeurs cette année.

  • D’autres baisses des Fed Fund dépendront des données économiques et des tensions commerciales

 

Obligations. Les taux longs européens pourraient se stabiliser

Il est intéressant de noter que les taux longs européens pourraient être sur le point de se stabiliser tout juste avant l’annonce par la BCE d’un nouveau programme d’achats d’actifs en septembre. Pourquoi ? Tout simplement parce que les investisseurs ont déjà largement anticipé l’impact d’un nouveau programme d’assouplissement quantitatif de la BCE.

  • Le niveau bas – record – des taux longs européens devrait maintenir les taux US bas

 

Disclaimer – Ce document est uniquement à titre d’information et en aucun ne peut être utilisé ou considéré comme une offre ou une incitation d’achat ou de vente de valeurs mobilières ou d’autres instruments financiers. Bien que toutes les informations et opinions contenues dans ce document ont été compilés à partir de sources jugées fiables et dignes de foi, aucune représentation ou garantie, expresse ou implicite, n’est faite quant à leur exactitude ou leur exhaustivité. L’analyse contenue dans ce document s’appuie sur de nombreuses hypothèses et différentes hypothèses peuvent entraîner des résultats sensiblement différents. Les performances historiques ne sont nullement représentatives des performances futures. Ce document a été préparé uniquement pour les investisseurs professionnels, qui sont censés prendre leurs propres décisions d’investissement sans se fier indûment à son contenu. Ce document ne peut pas être reproduit, distribué ou publié sans autorisation préalable de Pleion SA.

Évaluer votre portefeuille