PLEION SA - Gestion De Fortune

HEBDO – Gestion de fortune – 9 mai 2019

PERFORMANCES 2019

ActionsObligations
MSCI Monde+13.2%CHF Corp+1.8%
S&P 500+14.9%US Govt+2.0%
Stoxx 600+13.2%US Corp+5.7%
Nikkeï+6.9%US HY+8.6%
SPI+17.7%EUR Gvt+3.4%
Chine+20.1%EUR Corp+4.7%
Emergents+8.8%EUR HY+5.3%
DevisesMatières 1ères
USD index+1.5%Or-0.1%
EURUSD-2.4%Argent-4.8%
EURCHF+1.1%Pétrole+30.9%
USDCHF+3.7%CRB index+5.6%
USDJPY+0.2%
EM FX-0.8%

Mécanismes sous-jacents des marchés

La finance traditionnelle, basée sur l’hypothèse de l’efficience des marchés et sur l’optimisation statistique, suggère que les mathématiques déterminent les tendances des marchés. Mais en pratique, on observe que la réussite dans l’investissement requiert également une expertise / des compétences différentes. En effet, les marchés sont notablement influencés par la psychologie humaine, l’aversion pour le risque, la « cupidité » et la « peur », etc.

« La finance comportementale est apparue comme un nouveau
domaine de recherche en finance, appliquant la psychologie à la prise de décision financière et aux marchés financiers… elle a permis de remédier à plusieurs anomalies observées concernant le comportement
des investisseurs et les prix des actifs ».
Université de Saint-Gall, 2012

C’est une lapalissade. Les médias sociaux ont un impact croissant sur de nombreux aspects de notre vie. Quant au concept de FoMO, il illustre ¨l’anxiété sociale¨ qui vient à force de suivre «en direct et en continu» le déroulement de la vie des autres sur les réseaux sociaux. Bien sûr, ces médias sociaux influent aussi notre processus d’investissement. La version financière du FoMO, c’est la frustration due à une perte d’opportunité lorsqu’on n’investit pas (en restant en cash).

Certes, ce phénomène est plus répandu aux États-Unis (et peut-être en Chine / en Corée du Sud), où la culture de l’investissement (en actions) est plus largement ancrée. Concrètement, le phénomène des « plates-formes sociales de négoce d’actions » s’est développé ces dernières années aux États-Unis, cf. les sites Web comme E-Toro, ZuluTrade, Naga-Trader, etc… Ces sites permettent littéralement de copier les portefeuilles de célèbres investisseurs et rivalisent d’ingéniosité pour inciter à traiter en bourse !

Les investisseurs privés américains, fortement sous-pondérés depuis la terrible crise financière de 2009, ont finalement réintégré en masse les marchés des actions en 2018, juste avant les deux corrections du premier et quatrième trimestre. Après ces deux épisodes douloureux, ils ont à nouveau déserté les marchés boursiers au début 2019 et observent maintenant désespérément leur récent rebond…

Relation entre activité et performance des investisseurs

Les investisseurs privés américains ont payé un lourd tribut au syndrome FoMO en 2018

Les investisseurs institutionnels ne sont pas à l’abri

Selon les dernières statistiques, une majorité d’investisseurs professionnels (fonds de pension, grands gestionnaires de fonds de placement, etc.) ont réduit les risques et sont sous-pondérés depuis décembre / janvier dernier. Ils le sont encore aujourd’hui. Par conséquent, seule une très petite frange d’investisseurs professionnels agiles a tiré parti de la récente reprise des actifs. Parmi les institutions, les Hedge-Funds ont également manqué le coche et maintenu leur exposition (disons leur bêta) bien en-dessous de la normale.

Les fonds spéculatifs sous-performent depuis le début de l'année

Lorsque cette sous-performance dure plus d’un trimestre, il s’ensuit une autre forme de syndrome FoMO, liée à des facteurs commerciaux et au risque de carrière. En effet, les clients qui sous-performent vendent leurs produits « défaillants ». Les gestionnaires en retard subissent alors la pression de leur hiérarchie et risquent à la limite d’être licenciés si cela dure trop longtemps.
Les préconditions se mettent en place pour le retour des établissements sous-pondérés sur les actifs risqués

Quand le mieux devient l’ennemi du bien

L’alerte sur la croissance économique semble passée. En effet, le PIB américain au premier trimestre était rassurant, la Chine retrouve du tonus et les tous premiers signes d’un retournement de l’Europe sont apparus récemment. Par conséquent, en termes de performances sectorielles, le thème de la « reflation » (re)-commence à dominer…

La Chine et les États-Unis semblent sur le point de signer un accord commercial. Si la Chine – du moins à la surface – fait des concessions importantes, on pourrait même imaginer que Trump entame des pourparlers positifs avec l’Europe et le Japon.

Une telle amélioration de la visibilité alimenterait un rebond supplémentaire des actifs risqués
Les institutions sous-pondérées n’auraient d’autre choix que de retourner massivement sur les marchés

  • Il faudra garder la tête froide si ce scénario d’emballement des actifs risqués se confirme au T2
  • Ce chant des sirènes devrait plutôt être utilisé pour réduire les risques et prendre des profits

 

Obligations. La Fed n’est plus sur pilote automatique

Il n’y a pas eu de réelle surprise de la part de la Fed. Le FOMC a maintenu à l’unanimité sa fourchette inchangée à 2,25-2,5%. La conférence de presse a mis en évidence la volonté d’être patiente malgré les demandes continues de Trump en faveur d’une baisse immédiate des taux. Le ton général était optimiste et cela ne signifie certainement pas une volonté de réduire les taux d’intérêt dès que possible. La Fed est apparue un peu plus constructive sur la croissance. L’activité économique a progressé à un rythme soutenu depuis mars. Cependant, le FOMC a souligné le ralentissement, au T1, des dépenses des ménages et de l’investissement fixe des entreprises, qu’il convient de surveiller.

La Fed ne semble pas préoccupée par l’inflation même si sa mesure préférée de l’inflation sous-jacente, l’indice PCE, est passée de 1,8% en janvier à 1,7% en février, puis à 1,6% en mars. Cependant, lors de la conférence de presse, Powell semblait confiant que cela était soit à des facteurs transitoires et que, grâce au resserrement du marché du travail, l’inflation reviendrait vers l’objectif de 2% à moyen terme. En outre, certains des risques qui existaient il y a quelques mois (négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine, un Brexit désordonné, etc.) se sont dissipés depuis selon la Fed.

Prévisions d'inflation des marchés

La Fed a également annoncé une modification du taux d’intérêt payé sur les réserves, l’abaissant de 5 pbs à 2,35%, afin de maintenir le taux effectif des Fed Funds dans sa fourchette. Cependant, il ne s’agit que d’un ajustement technique et il ne doit en aucun cas être perçu comme un assouplissement de la politique monétaire.

Situation financière aux Etats-unis par rapport aux attentes des fonds fédéraux en 2019

Le marché obligataire continue de penser que la croissance et l’inflation resteront faibles et que la Fed devra abaisser ses taux plus tard cette année. Toutefois, l’amélioration des conditions financières – réduction des coûts d’emprunt, hausse des actions, stabilité du dollar – devrait également soutenir la croissance.

L’augmentation des coûts de main-d’oeuvre pourrait être répercutée sur les consommateurs, comme la hausse des prix de l’énergie. Les prix de l’essence ont bondi de 30% depuis la mi-janvier, ce qui se traduira bientôt par des coûts de transport plus élevés.

  • Compte tenu de l’amélioration des conditions financières, nous ne voyons aucune raison pour que la Fed baisse ses taux

 

Devises. Trop de mauvaises nouvelles intégrées dans l’AUD

Malgré quelques statistiques faibles, il y a toujours des prémisses d’une reprise. La croissance des exportations sud-coréennes a repris plus qu’attendu en avril et semble commencer à corroborer le redressement observé depuis le début de l’année dans le secteur des semi-conducteurs. La croissance des exportations en Corée du Sud indique une reprise de la croissance du commerce mondial. En outre, les indices PMI asiatiques ont encore progressé en avril.

Compte tenu de la faiblesse récente des données en Australie, le marché s’attend déjà à près de 2 baisses de taux cette année. La faiblesse de l’inflation en Australie est principalement une conséquence retardée du durcissement des conditions financières en Asie en 2018. Les conditions financières s’étant assouplies tout au long de 2019, cela devrait bientôt soutenir un rebond de l’inflation. L’inflation au T2 sera donc plus élevée qu’au T1. Ainsi, une révision de la vision « dovish » actuelle du marché pourrait soutenir l’AUD.

  • Si le sentiment continue de s’améliorer, ce sera une bonne nouvelle pour l’AUD/USD.

 

Actions. Un plan de dépenses pour l’infrastructure US de $2’000 milliards ?

Le contrôle de la Chambre des Représentants par les Démocrates oblige Donald Trump à discuter de manière constructive avec les leaders démocrates. Ils semblent être tombés d’accord sur un plan de dépenses pour l’infrastructure de $2’000 milliards. Nancy Pelosi et Chuck Schumer ont commenté positivement les négociations avec la Maison blanche. Dans trois semaines, une nouvelle réunion est prévue, consacrée au financement de ce programme. Un partage 20%-30% Etat fédéral / 70%-80% gouvernements locaux serait une base de discussion. Les dépenses en infrastructure concernent essentiellement les routes, les ponts, les tunnels, les aéroports, les ports, les réseaux d’eau, les bâtiments publics et les écoles.

Par contre, les Républicains, qui contrôlent le Sénat, ne soutiendront probablement pas une facture de $2’000 milliards qui augmenterait le déficit fédéral et renforcerait la dépendance des gouvernements locaux au gouvernement fédéral.

Un autre problème sera l’environnement : la Maison blanche aimerait inclure la dérégulation environnementale dans son plan d’infrastructure, ce qui n’est évidemment pas acceptable pour les Démocrates.

L’American Society of Civil Engineers (ASCE) estime un coût de $4’600 milliards pour remettre en état l’infrastructure US. La rénovation des routes et des ponts nécessite $1’100 milliards, les écoles $380 milliards, le traitement et la distribution de l’eau $473 milliards. Il manque $2’000 milliards par rapport aux investissements actuels et les investissements publics et privés doivent passer de 2.5% à 3.5% du PIB US.

Les besoins selon l'ASCE

Les dépenses en infrastructure en % du PIB sont au plus bas

Le financement du plan de dépenses en infrastructure sera difficile à aborder. Les Républicains ne veulent pas creuser le déficit fédéral et de nombreuses grandes villes américaines sont en faillite ou juste à l’équilibre. Néanmoins, les investissements créent des emplois et l’amélioration des infrastructures se traduit par une économie plus productive. Pour les routes et les ponts, une des sources de financement serait d’augmenter l’impôt pour le Highway Trust Fund de 25 centimes par gallon, qui est aujourd’hui de 18.4 centimes par gallon d’essence et 24.4 centimes par gallon de diesel ; mais les Démocrates estiment que cela pénaliserait les pauvres et la classe moyenne active.

Quelques titres ont réagi positivement en bourse suite à un accord de principe entre Donald Trump et les leaders démocrates, comme les cimentiers Martin Marietta ou Vulcan. Les autres titres concernés par ce thème sont les aciéristes (US Steel, AK Steel, Nucor, ArcelorMittal) et l’ingénierie (Jacobs Engineering, Aecom).

Les producteurs d’acier feraient partie des grands gagnants d’un gigantesque plan de dépenses en infrastructure. Mais dans l’immédiat, les valeurs nous paraissent intéressantes, car les prix de l’acier sont en train de remonter. Aux Etats-Unis, US Steel et AK Steel ont publié de bons résultats, supérieurs aux attentes.

Prix mondial de l'acier

Les prix remontent grâce à un environnemnet économique plus favorable que prévu. La demande mondiale d’acier progresse, alors que la Chine reste dans un processus de diminution des capacités de production pour réduire la pollution. La Chine est le swing factor, comme l’est l’Arabie saoudite pour le pétrole. En 2017, les exportations chinoises d’acier avaient reculé de 30%. Un accord commercial entre les Etats-Unis et la Chine serait positif pour les prix de l’acier.

Prix de l'acier Chine (rouge) - US (bleu) - Europe (vert)

Sur les trois premiers mois 2019, la production mondiale d’acier a progressé de 4.5% gâce à une forte demande en Asie (production +7%). La demande globale avait augmenté de 2.1% en 2018 et de 1.3% sur les quatre premiers mois 2019. Pour 2019 et 2020, l’association Worldsteel prévoit une hausse de la demande entre 1% et 2%. Les Etats-Unis sont la région la plus porteuse parmi les pays développés.

Crude steel production - Les cours des actions des producteurs d'acier fluctuent avec le prix de l'acier )jusqu'à fin de 2018)

  • Difficile de jouer l’infrastructure US tant qu’on n’a pas plus de visibilité sur le financement
  • Opportunité sur l’acier, segment qui fait partie de notre thématique « Reflation » et potentiel d’une surprise positive avec un accord commercial Etats-Unis-Chine
  • Valorisations : Arcelormittal €22, Nucor $65

 

 

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